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Pour quelles raisons passe-t-on d’Android à iOS et réciproquement ?

Les parts de marchés d’Apple avec l’iPhone sont globalement stables depuis quelques années (20% vs 80% pour Android environ au niveau mondial, même s’il y a parfois de fortes disparités entre pays). Pourtant il y a d’importants mouvements d’utilisateurs entre les plateformes.

Tim Cook (le PDG d’Apple) présente souvent ces «switchers» comme un moteur de la croissance de l’iPhone. Une enquête de PCMag réalisée auprès de  2 500 consommateurs américains examine de plus près les principales raisons pour lesquelles les utilisateurs de smartphones se déplacent entre iPhone et Android.

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Sur les 2500 personnes interrogées on apprend ainsi que 29% d’entre eux avaient changé de système d’exploitation mobile. 11% sont passés d’iOS à Android.

Sans surprise le prix est la raison majeure du changement : 29% des personnes qui sont passées d’iOS à Android ont déclaré l’avoir fait en raison de «meilleurs prix», ils ne sont que 11% à avoir eu le même raisonnement pour leur passage à iOS depuis Android.

Coté offre logicielles, 6% des utilisateurs qui sont passés d’iOS à Android ont déclaré l’avoir fait en raison du fait que plus d’applications étaient disponibles sur le store de Google (contre 4% pour ceux ayant fait le chemin inverse).

Sans surprise non plus, 47% des personnes passant d’Android à iOS ont déclaré qu’elles le faisaient grâce du fait d’une «meilleure expérience utilisateur» (30% ont quitté iOS et ont migré vers Android pour la même raison).

Il serait amusant de mener une telle étude dans les entreprises, là ou iOS est plus présent qu’Android dès lors que le choix est celui de l’entreprise et pas des utilisateurs. Les arguments « Sécurité », « Contrôle », « versions d’OS » seraient sans aucun doute prépondérants, en plus du prix bien sur. On comprend mieux aussi pourquoi Google insiste sur ces points pour Android 9 et son programme Android Entreprise.

Petite mise au point sur les « GAFA »

Il y a 3 ans, dans cette même Lettre Calipia, nous vous proposions un article résumant une étude très complète de la société Fabernovel sur un phénomène alors assez nouveau : Les GAFA. Cette étude, intitulée GAFAnomics[1] décryptait les facteurs de performances des GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon). Outre le bouleversement des usages, cette étude mettait en avant la rupture insufflée par ces géants du numérique concernant les règles établies de la stratégie business (concepts de marché, concurrence, positionnement, etc.).

Et si le ton de notre propos était à l’époque pour le moins positif, nous mettions cependant en garde contre les travers possibles liés à la monétarisation des données personnelles et à une certaine décontraction affichée face au concept de redistribution par l’impôt. Les résultats financiers de ces quatre entreprises étaient cependant ébouriffants et elles étaient en quelques années devenues quasi monopolistiques dans des pans entiers de l’industrie du numérique avec des stratégies innovantes. Ce qui suscitait une certaine admiration de la part des commentateurs et responsables à tel point que le terme de GAFA est quasiment devenu un mot-valise pour illustrer la réussite foudroyante des acteurs de la scène digitale.

Après trois années il nous a cependant paru intéressant de vous proposer ce nouvel article, dans lequel nous allons mettre en avant un certain nombre de dérives qui ont considérablement écorné l’image positive qu’avaient à l’époque ces sociétés.

Pour reprendre la formule d’Éric Scherer, directeur de la prospective de France Télévision dans meta-media[2] voici le déroulé de la situation :

  1. En galopins, au début, ils amusaient ;
  2. En barbares, ensuite, ils étonnaient ;
  3. En monstres, aujourd’hui, ils effraient.

De qui parle t’on en fait ?

Il est rare, en France, qu’une journée ne se passe sans que le terme GAFA (le plus souvent « Les GAFA ») ne soit employé. On le trouve dans la presse web et papier, à la radio, à la télé, mais aussi dans la bouche de candidats à la présidentielle, sous la plume d’économistes ou dans les rapports des associations et organismes qui s’intéressent à la vie du numérique.

Mais dire « Les GAFA », c’est faire un rassemblement qui n’a, au fond, pas beaucoup de sens. Ces sociétés ne sont pas une entité homogène avec une stratégie commune de domination mondiale, mais bel et bien des concurrents avec chacune ses particularités.

  • Apple est loin d’être né du Web et encore aujourd’hui, l’entreprise de Cupertino est plus connue pour son matériel que pour ses logiciels ou son importance dans le cloud (bien qu’elle soit réelle).
  • Google est une agence de publicité, un moteur de recherche, un créateur de robot, un fournisseur d’accès à Internet, un fonds d’investissement, un chercheur en santé et en intelligence artificielle… et Google ne s’appelle plus Google, mais Alphabet.
  • Amazon est un e-commerçant. Tout ce que fait Amazon n’a qu’un but : vendre toujours plus de choses sur Amazon. Kindle, 1-Click, Dash, Alexa, Premium, Prime Now et autres services se regroupent autour de l’activité principale du géant de Seattle : c’est une boutique qui veut vendre des choses matérielles ou immatérielles. Une grosse boutique internationale, mais une boutique quand même.
  • Facebook, enfin, est un réseau social, une régie publicitaire, une plateforme de contenu, un kiosque pour les médias (voire un média), un autre réseau social (Instagram) ou un explorateur de tendances technologiques. C’est, dans un sens, celui qui s’approche le plus de Google / Alphabet.

Donc « Les GAFA » est une expression qui est certes populaire et sans beaucoup de sens, mais qui est surtout devenu symbolique du fait que le fonctionnement de l’économie digitale favorise les économies d’échelles et la domination très forte de quelques acteurs ayant eu des succès très rapides dans des domaines tels que la recherche, les réseaux sociaux, la publicité, le e-commerce, la diffusion de contenu, les nouveaux matériels, etc. Et ce avec des stratégies commerciales agressives, avec une exploitation éhontée des données personnelles collectées et avec une certaine dextérité pour contourner les lois fiscales des pays dans lesquels ils opèrent.

Et a ce titre il serait intéressant d’intégrer dans la liste originale des acteurs traditionnels tels que Microsoft (on parle de plus en plus de GAFAM), mais aussi la société IBM si on anticipe un peu la future importance des acteurs de « l’Intelligence Artificielle » (encore une notion qui mériterait quelques développements).

Pour rester dans le domaine des sociétés américaines, Netflix, Airbnb, Tesla, Uber (« Les NATU ») sont aussi dans le profil. Les chinois quant à eux ne sont pas en reste avec Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi (« Les BATX ») auxquels on peut ajouter Huawei. Et on peut enfin ajouter la japonaise Softbank, le coréen Samsung, et les russes Yandex et Vkontakte pour compléter la liste des monstres du numérique.

Et autant dire que le terrain de jeu de ces GAFA, NATU, BATX, c’est une Union Européenne qui est dépourvue de stratégie et est devenue un nain de l‘industrie numérique. Avec des conséquences sociétales qui sont assez considérables et surtout non maitrisées par les gouvernements qui semblent pour le moins dépassés par la situation et la puissance financière de ces acteurs du numérique que par facilité nous qualifierons de GAFA.

Des chiffres qui donnent le tournis

Avec plus de 540.000 employés Amazon a désormais la taille d’un petit pays ! En trois mois fin 2017 elle a ajouté 160.000 personnes à ses effectifs et doublé de taille en un peu plus d’un an. Au rythme de +30% par an, elle emploiera plus d’un million de personnes d’ici trois ans.

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Le groupe vend plus de 350 millions de produits différents en concurrence directe avec plus de 130 grandes firmes. Aux Etats-Unis, Amazon est devenu non seulement le principal magasin en ligne, mais aussi un intermédiaire crucial de la culture et du divertissement (livres, vidéos, …), de l’alimentation (Whole Foods) et depuis peu un majordome domestique, via ses nouvelles bornes intelligentes (Echo, Alexa…).

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Navigateurs en entreprise : Google en passe de gagner son pari

Cela fait des années maintenant que la plupart des entreprises se demandent par quoi elles vont bien remplacer Internet Explorer. Sans surprise compte tenu de ses parts de marchés dans le grand public, Google Chrome est un excellent candidat.

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Le navigateur de Google détient entre 40 et 60% des parts de marché toutes plateformes confondues selon les différents instituts (source Wikipédia). Très loin donc devant Internet Explorer et Edge situés de 4,7 à 8,5 % à eux deux.
Seulement voilà, le géant californien n’a pas forcément bonne presse en matière de vie privée. L’effort que font les entreprises pour anonymiser les navigations de leurs utilisateurs risque d’en partir. C’est pourquoi à minima elles sont nombreuses à bloquer l’authentification possible de leurs utilisateurs sur les plateformes de Google. Ces derniers perdent donc des fonctionnalités (comme bien sûr la synchronisation des favoris) mais gagnent ainsi (un peu) en confidentialité.
Mais le grand responsable de ce succès de Google est avant tout… Microsoft. L’entreprise de Redmond a laisser doucement disparaitre son navigateur, tout d’abord en s’endormant sur ses lauriers quand ce dernier trônait à 90% de parts de marchés, pour oublier de le rendre plus performant et surtout moins omnipotent et enfin l’abandonner au profit d’une solution n’existant dans un premier temps que sur un nouvel OS : Windows 10. Stratégie ô combien risquée lorsque très majoritairement les entreprises sont encore sous Windows 7.
L’absence de l’éditeur sur les périphériques mobiles (ou son arrivé trop tardive avec Edge pour iOS et Android) a achevé ses ambitions.  C’est maintenant un Chrome (qui au passage gagne lui aussi en embonpoint) qui se voit prendre la place d’Internet Explorer sans que visiblement beaucoup de considèrent réellement le successeur désigné de Microsoft : Edge.
Cette étape gagnante pour Google est elle annonciatrice d’autres victoires ? On pense en particulier aux Chromebooks demain et aux services SaaS de la firme… A suivre

Le mirage des applications universelles ?

Si l’on en croit les derniers bruits, Apple pourrait à son tour annoncer la possibilité de développer des applications « universelles ». Le constructeur rejoindrait ainsi Microsoft dans sa volonté de mettre en œuvre une solution sur le papier de développement d’applications fonctionnant à la fois sur iPhone, iPad et MacOS.

Le projet, dont le nom de code serait s’il on en croit le site 9to5Mac et Bloomberg, «Marzipan», devrait être annoncé à la WWDC 2018 en juin prochain et nécessiterai bien entendu les nouvelles versions de MacOS et d’iOS. L’application universelle s’adapterait ainsi à l’appareil sur lequel elle est installée, pour peu que le développeur ait fait le travail d’optimisation, en particulier l’interface Homme Machine, qui bien entendu est très différente d’une machine à une autre, entre une interface tactile d’un iPad ou d’un iPhone et l’écran du Mac, entre les capteurs présents et exploités sur un iPhone et leur absence sur Mac, et sans parler des différentes résolutions d’écran… C’est bien là que le bât blesse…

Mais revenons sur les Applications Universelles de Microsoft et sur quelques définitions et objectifs.

Qu’est qu’une application universelle Windows ?

Une application Windows universelle est formellement une application Windows qui repose sur la plateforme Windows universelle (UWP), introduite pour la première fois avec Windows 8 avec comme idée de base que les utilisateurs souhaitent que leurs expériences soient les plus cohérentes possibles sur tous leurs appareils tout en utilisant l’appareil le plus adapté ou le plus productif pour la tâche qu’ils ont à effectuer.

Mais attention la promesse originelle de Microsoft impliquait que tous ces utilisateurs utilisent des plateformes Windows : Windows 8 ou 10 sur PC ou tablettes d’une part et Windows Phone 8 ou 10 sur leur smartphone. Donc autant dire que l’approche a pris du plomb dans l’aile avec l’abandon de Windows Phone… Reste les tablettes Windows et les PC (qui de toute façon fonctionnait déjà exactement sous le même système d’exploitation…

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Quels impacts de la transformation numérique sur le travail ?

Le sujet était abordé lors des dernières élections présidentielles. Nous le savons tous, le numérique est une véritable « révolution”, et comme chaque révolution industrielle elle entraine des changements profonds dans les entreprises publiques ou privées. Ces transformations entraînant une mutation tout aussi profonde sur les métiers.

Le candidat socialiste lors des dernières élections présidentielles le disait, citant des études américaines : près de 50% des emplois en occident pourraient être détruit avec la révolution numérique ou à minima impactés très fortement. Si toutes les études ne sont pas aussi alarmistes, elles soulignent toutes, que la mutation sera profonde et que les transformations sur les métiers seront irréversibles, s’amplifiant au fur et à mesure des progrès de l’Intelligence Artificielle.

L’avènement de la robotique

La robotisation est apparue au départ pour les tâches répétitives (avec comme exemple souvent cité : l’automobile), mais aujourd’hui les robots dépassent de plus en plus ce type de tache pour gagner en autonomie et surtout en versatilité. Ainsi, l’OCDE affirme que 10% des emplois en France vont disparaître d’ici 2025 à cause des robots.

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Dans ce cadre, il est évident que les robots ont déjà remplacé la main d’œuvre humaine dans de nombreux métiers contribuant ainsi à réduire les coûts des « humains-producteurs » en utilisant des machines, mais aussi à en banaliser les fonctions. Cette banalisation entrainant un déplacement de la valeur du fabriquant des produits vers celui qui fabrique les robots ! Les métiers associés à la conception de ces derniers évoluent ainsi dans le même sens. Donc les gains de productivité permis par les robots profitent certes à l’entreprise les utilisant mais beaucoup plus à l’entreprise construisant ces mêmes robots !

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Résultats Microsoft du 3ème trimestre

Satya BerlinMicrosoft publiait hier ses résultats pour son 3ème trimestre de l’année fiscale 2017.

En résumé : les résultats sont plutôt bons pour le business Cloud (SaaS avec Office 365 et Dynamics 365, mais aussi IaaS et PaaS avec Azure). Ils sont sans surprise beaucoup moins bons coté matériel (Surface). Au global le CA de l’entreprise pour ce trimestre était de 23,5 Milliards de $ (en croissance de 7% à taux de change constant) pour un bénéfice avant impôts de 7,1 Milliards de $ (en croissance de 5% à taux de change constant).

Si l’on zoom coté technologies :

  1. Le cloud se porte très bien :
    • Office 365 est en croissance de 45%
    • Dynamics 365 en croissance de 85 %
    • Azure en croissance de 93 %
  2. Windows se porte plutôt bien mais sans excès :
    • +5% pour les ventes en OEM
    • +6% pour les ventes de licences (donc les mises à jours)
  3. Le matériel est en panne :
    • Baisse dé 26% sur les ventes de Surface (la gamme des Surface Pro accuse son âge, on attend avec impatience un renouvellement avec les nouveaux processeurs Kaby Lake d’Intel et le lancement du CloudBook pour relancer cela)

Retrouvez toutes les infos sur le site investisseur de Microsoft

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