Archives de Catégorie: Billet d’humeur

[Humeur] Huawei n’est-il pas un allié objectif de Donald Trump ?

C’est sans doute ce que l’on pourrait se dire suite à la présentation de leur nouvelle tablette : la MatePad Pro qui a indéniablement le look de l’iPad Pro.

matepad pro

Après le Matebook qui ressemblait au Macbook, le constructeur chinois continue sans vergogne à copier le constructeur américain Apple. Et finalement cela apporte de l’eau au moulin de Donald Trump dans son combat contre le pillage de propriété intellectuelle de la Chine. Difficile même pour ses opposants les plus farouches de le contredire là dessus.

La prochaine campagne américaine risque bien de se jouer aussi sur le terrain technologique. Trump mettra en avant sa protection des entreprises technologiques américaines (même si tous les leaders de ces entreprises se sont largement opposés à ce président) alors qu’en face Elisabeth Warren proposera de démanteler les GAFA. Même si cette dernière est sans doute une des rares politiques à avoir bien compris les enjeux et les dangers des GAFA, son positionnement risque d’être assez mal compris de l’électorat américains face au discours simpliste du locataire actuel de la Maison Blanche…

Non, Facebook ne vend pas les données personnelles de ses utilisateurs à des publicitaires !

C’est en tout cas ce qu’a dit Yann Le Cun (Directeur Scientifique de la recherche en IA chez Facebook) lors d’une émission sur France 5 vendredi dernier, à laquelle il était invité à l’occasion de la sortie de son livre « Quand la machine apprend ».

Y.Le Cun a aussi précisé que « le choix de la publicité qu’on montre au gens se fait en interne. Un publicitaire dit je voudrais montrer une publicité à des gens de tel âge, qui vivent dans telle région, qui ont telles et telles caractéristiques, et en interne Facebook choisit les personnes les plus susceptibles d’être intéressées par cette publicité. Il faut comprendre que le but de montrer des pubs au gens, c’est de leur en montrer le moins possible, car plus on leur en montre moins ils viennent sur le site« .

Ouf nous voilà rassurés ! Cela nous garantit que nos données ne tomberont pas entre les mains de n’importe quelle entreprise dont l’objectif serait de réaliser des dizaines de milliards de dollars de profit à partir de nos données personnelles. Enfin presque, car nos données personnelles sont seulement vendues à Facebook, qui s’occupe de tout !

Les annonces Apple du 10/09/2019

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Ci dessus, en quelques mots et chiffres clés, le résumé des annonces Apple d’hier soir …

Apple a sorti une nouvelle fois le grand jeu pour présenter ses nouveautés du cru 2019, dont la nouvelle version de son produit phare, l’iPhone 11. Et une nouvelle fois les attentes ont été déçues :(. Apple a beau émailler son discours de mots tels que « innovation », « ‘amazing », « pro », ou de chiffres sur les trillions de transistors, les milliers de « nits » ou les milliards d’opérations par seconde, le Steve Jobs Theater de Cupertino a beau réagir par des salves d’applaudissement et des cris à chacun de ces mots, les produits présentés ne sont que de légères évolutions des versions antérieures.  Qu’il s’agisse de l’AppleWatch, qui n’a de nouveau que l’éclairage permanent de l’écran (Apple a enfin réussi à mettre une batterie permettant ceci), ou la famille iPhone (11 ou Pro, successeurs des XR et XS), dont la grande nouveauté est le troisième appareil photo sur les modèles Pro, les avancées restent maigres.

Pourtant des attentes existaient, pas forcément révolutionnaires d’ailleurs, comme le remplacement du port Lightning par un USB C, le support du stylet sur les iPhones (grand écran et stylet auraient permis de se passer de l’iPad ?), ou la recharge inversée. Bilan, rien ! C’est malheureusement devenu une habitude pour Apple ces dernières années, qui a vu en même temps s’éroder ses positions sur le marché et dont l’image d’innovateur a disparu, au profit de celle de gestionnaire de ses marges, toujours très confortables.  Autre chose qui ne change pas dans le paysage, le niveau de prix des produits de la marque à la pomme, toujours exorbitant. Le nouvel iPhone 11 Pro Max se vendra de 1259 à 1659 €, le petit modèle s’échangeant quant à lui entre 1159 et 1559 €.  C’est vrai que quand on a, comme Apple, réussi à construire une écosystème très riche, avec un niveau d’intégration très poussé entre iPhone, iPad, Mac, Apple TV, AppleWatch, et tous les services associés (Apple Music, iCloud, iMessages, AirDrop, AirPlay…), et dont il devient très difficile de s’extraire quand on les a adopté, la tentation est grande pour l’éditeur de compter sur l’attachement de ses clients à cet écosystème (certains diront enfermement) pour maintenir des marges très élevées et n’apporter des innovations qu’au compte-goutte.

Bref, déçu, déçu ….

Toujours plus d’ennuis pour Huawei, une bonne nouvelle pour l’Europe ?

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Malgré le délai de grâce de 90 jours convenu pour permettre aux acteurs de s’adapter, de plus en plus de sociétés annoncent un arrêt de leurs relations avec le constructeur chinois, suite à la prise de position de Donald Trump. On assiste ainsi à un effet domino qui touche de nombreux pans de l’activité de Huawei :

  • Les composants électroniques, avec ARM, Intel  ou Panasonic qui ne livreront plus leurs puces, essentielles pour la production d’appareils du constructeur chinois.
  • Les équipements pour les réseaux 5G : les USA, la Grande Bretagne, l’Australie ou la Nouvelle Zélande ont annoncé qu’ils interdisaient l’utilisation des solutions du chinois pour mettre en place leurs réseaux 5G.
  • Les logiciels pour équiper les appareils Huawei, avec bien sûr Google qui va empêcher Huawei d’utiliser Android, mais aussi Microsoft pour Windows.
  • Les opérateurs télécom, tels Vodafone ou EE en Grande Bretagne, ou NTT Docomo et SoftBank au Japon, qui n’associeront pas les smartphones Huawei à leurs plans de lancement 5G.

La principale raison évoquée par le président Trump pour motiver cette exclusion de Huawei concerne un éventuel espionnage réalisé par le géant chinois pour le compte de son gouvernement, une pratique dont bien entendu les USA ne sont pas du tout adeptes pour leur part … La décision de l’administration américaine et ses conséquences pour le constructeur chinois, n’en constitue pas moins qu’un nouvel exemple de ce que les USA peuvent faire contre ceux qui menacent leurs intérêts stratégiques, et ce, bien avant que Trump accède au pouvoir. Certaines entreprises européennes, en particulier dans le secteur de la finance s’en souviennent certainement, comme par exemple BNP Paribas qui a dû payer une amende record de 9 milliards de dollars en 2014 pour avoir violer un embargo américain, ou la Société Générale avec plus de 1,3 milliards de dollars pour la même raison.  Alors que dans le même temps, les menaces d’amendes de l’Union Européenne pour tenter de faire cesser l’injustice fiscale dont bénéficient les multinationales américaines (mais pas qu’elles), ou renforcer le respect des règles européennes de protection des données personnelles, suscitent des menaces à peine voilées de cette même administration américaine.

Si aujourd’hui la Chine fait les frais des mesures de rétorsion décidées unilatéralement par les USA, l’Europe n’a certainement aucun motif de réjouissance à tirer à terme de cette situation. Outre le fait que l’UE, les états ou les sociétés européennes se trouvent dans ce conflit pris en le marteau et l’enclume, l’épreuve de force engagée devrait nous enseigner le besoin d’unité côté européen. A ne pas oublier à la veille des élections européennes.

Intelligence Artificielle : un thème grand public :)

L’IA est décemment un thème grand public. Pour plusieurs raisons. La technologie connait depuis 3 ans des avancées spectaculaires c’est vrai, mais cela réveille également tout un tas de fantasmes et réflexions sur l’avenir de l’humain, voir de l’humanité.

Amusant de voir les grands acteurs du numériques communiquer sur le sujet, non pas seulement à destination des professionnels mais aussi à des heures de grande écoute à la télévision.

Ainsi comment échapper au spot publicitaire de Microsoft qui fait aussi le buzz sur le net, non pas pour son contenu mais pour la qualité de son doublage 🙂 Délirant lorsque l’on sait combien coute des passages TV aux heures de grandes écoutes de laisser un tel doublage réalisé avec un tel amateurisme. Les commentaires sont amusants « Grand prix du Doublage 2018 », « L’IA n’est pas au service du doublage chez Microsoft », …

Alors que l’éditeur lance une deuxième version de son spot (dont la qualité est identique à la première) on se demande si ce n’est pas l’effet comique qui est recherché ! Et dans ce cas le but est atteint.

Mais pour avoir été « aux affaires » chez Microsoft France sur ces domaines, la vérité est sans doute que la totalité du spot a été piloté depuis les USA mais que maintenant la filiale française n’a plus vraiment son mot à dire sur le résultat… et c’est bien dommage vu la qualité !

Si vous n’avez pas eu la joie de votre ce spot le voici :

Apple : Tim Cook vante les mérites de la RGPD à Bruxelles, mais est plus amnésique sur les pratiques d’Apple en Chine :)

Capture d_écran 2018-10-25 à 08.22.37Tim Cook, le PDG D’Apple était à Bruxelles pour dire tout le bien qu’il pense de la RGPD et de la confidentialité des données au sens large. Le modèle européen devrait être selon lui  être mis en place également aux Etats Unis pour éviter des dérives d’un certains nombres d’acteurs… Suivez son regard.

Sur le fond, Tim Cook a sans aucun doute raison et les sociétés qui exploitent les données personnelles devraient sans doute respecter plus de règles comme par exemple d’indiquer clairement ceci par des messages explicites lors de la souscription à leur services, indiquer par exemple comme première phrase : « Ici les services ne se payent pas en Euros mais avec l’exploitation de vos données personnelles« , ensuite à vous de juger.

Mais Tim Cook, qui n’hésite pas à se servir de cet argument pour lutter contre Google, Facebook et autres, reste beaucoup plus silencieux sur les pratiques d’Apple en Chine. C’est ce que fait remarquer à juste titre l’ancien chef de la sécurité de Facebook Alex Stamos qui vient de quitter il y quelques mois la société.

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GAFA : L’Allemagne pourrait torpiller une initiative « intéressante » de l’UE sur la taxation des profits des géants de l’Internet

GAFA logoL’Allemagne avait accueilli avec réserve la proposition de la Commission européenne de fixer à 3% le taux de la taxe transitoire sur le chiffre d’affaires imposée aux géants d’internet, que sont les GAFA, GAFAM (avec Microsoft), les BATX (en Asie) ou les NATU, en attendant une réforme fiscale en profondeur.

Cette mesure pourtant assez prudente, voire timorée compte tenu du fait que ces entreprises ne payent en Europe que des impôts basés sur 8,5% à 10,1% de leurs profits, alors qu’il oscille entre 20,9% et 23,2% pour les sociétés qui déclarent tous leurs bénéfices en Europe (en fait 33% pour une PME Française, mais bon…). Et même si cet exercice dit d’optimisation fiscale n’est pas utilisé que par que les géants d’Internet, l’initiative de l’UE de juste participation géographique à l’impôt peut paraitre une bonne première étape, d’autant que cette simple première étape, qui si elle est mise en œuvre (pas avant 2019 en tout état de cause) pourrait rapporter environ cinq milliards d’euros.

Mais le ministère allemand des finances songerait selon le journal allemand Bild, qui a pu consulter un document confidentiel à annuler son plan sur la fiscalité des grands acteurs du numérique. Ce document du ministère des Finances mentionne que la « diabolisation » des grandes entreprises numériques « n’est pas productive ».

L’analyse de l’agence de presse Reuter est intéressante, montrant certaines contradictions politiques probables d’un ministre des finances (Olaf Scholz), membre du parti social-démocrate (SPD), et donc de la coalition de la chancelière Angela Merkel, qui avait fait de la taxation des “Gafa” l’un de ses thèmes de campagne lors des élections de l’année dernière.

Donc entre l’Irlande qui est assez logiquement contre cette proposition et l’Allemagne qui tergiverse, assez logiquement il est peu probable que l’UE ne se tranche avant des années sur ce problème des relations entre les instances gouvernementales et les géants d’internet que nous avions évoqué lors du billet PETITE MISE AU POINT SUR LES « GAFA ».

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