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Reconnaissance faciale : interdire ou règlementer ?

Capture d’écran 2019-09-26 à 10.45.30La question fait rage aux USA depuis plusieurs mois, avec des organisations et associations qui militent auprès des autorités pour interdire l’usage des technologies de reconnaissance faciale par les gouvernements, technologies jugées non fiables, avec des biais dans leurs résultats et donc constituant des menaces pour les libertés des citoyens.

On a vu également des salariés de grands groupes technologiques se mobiliser contre les projets d’usages des solutions de leurs entreprises dans des projets militaires ou de surveillance (qu’il s’agisse de Google, Amazon ou, dans une moindre mesure, de Microsoft). Sur le sujet spécifique de la reconnaissance faciale, la techno d’Amazon avait été mise en cause en 2018, pour avoir confondu 28 membres du Congrès américains avec des personnes arrêtées pour divers crimes et délits. Le problème était que les personnes d’origine afro-américaine ou latino étaient sur-représentées parmi ces 28 parlementaires. De même les évènements en cours actuellement à Hong-Kong démontrent les usages qui peuvent être faits de telles technologies par des régimes autoritaires.

Certains états ou villes américains ont pris des décisions conservatoires empêchant l’utilisation de solutions de reconnaissance faciale, parmi lesquels l’Ohio, la Californie, San Francisco (pour des usages plus larges que ceux de Californie) …

Dans le même temps, les industriels tentent de s’organiser pour porter leur message auprès de ces même autorités, pour éviter l’interdiction, mais promouvoir le contrôle. Les éléments mis en avant portent aussi bien sur la compétitivité de l’industrie américaine dans ce domaine que sur les bénéfices apportés par ces solutions de reconnaissance faciale.  Le sujet ne va certainement pas disparaître dans le climat de défiance vis à vis des sociétés technologiques aux US (et ailleurs …) et dans le contexte des élections prochaines élections américaines de 2020, avec un candidat démocrate (Bernie Sanders) qui a indiqué qu’il interdirait l’usage de ces solutions si il était élu, mais tous les autres plutôt sur une tendance de règlementation. Quant aux élus républicains ils semblent aussi en phase avec la majorité des démocrates, sensibles à la menace de telles technologies mal-employées et donc plutôt favorable à une réglementation de leur utilisation.

Bientôt un bot Microsoft pour aider à planifier des meetings ?

Selon la (souvent) bien informée Mary Jo Foley, Microsoft serait proche de pouvoir proposer un bot (AI-powered :)) pour nous aider à planifier nos meetings. Il est vrai que l’organisation de réunions relève parfois du chemin de croix (et encore un chemin à parcourir plusieurs fois pour trouver le créneau qui satisfera tout le monde). Alors à l’époque de l’IA et de la montée en puissance de Microsoft Teams, la possible intervention d’un bot, comprenant le langage naturel parlé, doté de capacités pour gérer le temps et coordonner divers participants et ressources nécessaires, serait tout à fait bienvenue.

Microsoft Research s’est penché depuis 2015 sur la question du développement d’un assistant de planification de réunion. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis 2015, et en particulier Microsoft a misé gros (très gros) sur Teams, qui devient le point de passage obligé pour organiser des réunions.  A ce propos, MJ Foley note que la roadmap de Microsoft 365 mentionne une nouvelle application Calendrier pour Teams, qui pourrait être déployée à partir d’Octobre 2019. Nous verrons à ce moment, si les rumeurs de chatbot font surface pour de bon.

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Un nouveau programme Microsoft pour promouvoir les usages de l’IA

Microsoft avait lancé le programme « AI for Earth » en 2017, un programme de 50 millions de dollars qui fournissait des outils et des services Cloud sur Azure à destination de  startups travaillant pour la protection de la planète. En mai 2018, Microsoft à complété le programme avec l’initiative «AI for good» ciblant en plus l’accessibilité puis un peu plus tard l’action humanitaire, programme cette fois d’un montant de 125 millions de dollars, sous forme d’un engagement quinquennal auprès principalement de startups là encore.

Microsoft a annoncé au moins d’août un nouveau programme ciblant cette fois le patrimoine culturel : « AI for Cultural Heritage »

Brad SmithBrad Smith, le président de Microsoft en charge entre autre du juridique précise : «Notre nouveau programme utilisera l’intelligence artificielle pour collaborer avec des organisations à but non lucratif, des universités et des gouvernements du monde entier afin de préserver les langues que nous parlons, les lieux où nous vivons et les artefacts que nous chérissons», et de poursuivre : «Alors que nous en avons appris davantage sur les dimensions du patrimoine culturel, nous avons conclu que la préservation de ce patrimoine n’est pas uniquement agréable à faire, il est parfois indispensable au bien-être des sociétés du monde.  »

Mont saint MichelMicrosoft a annoncé qu’il travaillerait en collaboration avec des organisations telles que la Fondation Nobel, avec laquelle elle s’est récemment associée pour créer un site permettant à l’intelligence artificielle d’intégrer les biographies de femmes pionnières dans le domaine de la science. La société a déclaré qu’elle soutiendrait également des expériences de réalité mixte, comme celle du Musée des Plans-Reliefs à Paris, qui invite les visiteurs à regarder et explorer une maquette numérique de l’historique Mont-Saint-Michel.

Autre exemple, la société a récemment conclu un partenariat avec MIT et le Metropolitan Museum of Art sur Gen Studio, un outil qui tentent de distinguer les échantillons générés des échantillons réels.

Microsoft n’est pas la seule société investir de l’argent pour les startup qui s’attaquent aux grand problèmes du monde avec l’IA. En mai, Google avait octroyé 25 millions de dollars en subventions pour son programme AI for Social Good, qui fournit des prévisions sur les inondations aux communautés indiennes et étudie les moyens de reconnaître plus de personnes avec un handicap vocal, notamment à New York.

Ce type d’initiatives ne sont bien sûr pas que philanthropiques ! L’objectif est bien entendu de promouvoir l’Intelligence Artificielle (fortement consommatrice de ressources dans le Cloud de ces acteurs) et de donner de cette dernière une bonne image, ce qui n’est pas forcément gagnée tant elle déclenche aussi de l’anxiété en particulier sur l’évolution des métiers qu’elle va engendrée, des employés de caisse aux… radiologues !

Le kit de développement « Vision AI » de Microsoft est disponible

Il y a plus d’un an, lors de la conférence développeurs Build à Seattle en 2018, Microsoft avait annoncé un partenariat avec Qualcomm afin de développer un kit de développement pour les applications AI de vision par ordinateur en utilisant bien sur les services cognitifs d’Azure. Ce kit de développement est disponible et construit sur la plate-forme Vision Intelligence de Qualcomm, conçue pour exécuter les modèles d’intelligence artificielle localement et s’intégrer aux plates-formes de cloud Azure ML et Azure IoT Edge de Microsoft.

Vision AI AzureLe kit de développement Vision AI (qui est fabriqué par eInfochips) est désormais  disponible auprès du distributeur Arrow Electronics au prix de 249 $. Le kit de développement contient du code et des exemples à utiliser via Visual Studio avec des modules Python, les configurations de déploiement Azure IoT prédéfinies et une extension du Kit de développement Vision AI pour Visual Studio (disponible également sur Github). Le kit est fournis de base avec module reconnaissant déjà par défaut  183 objets différents, bien entendu ce nombre augmentera avec l’application que vous pouvez développer…

Anne Yang, la chef de projet en charge de cet équipement chez Microsoft, donne quelques exemples d’usages :

  • Vérifier par exemple que chaque personne sur un chantier de construction porte bien son casque, par exemple.
  • Détecter si des articles sont en rupture de stock sur une étagère de magasin.
  • etc.

Concrètement, ce matériel tourne sous une distribution spécifique de Linux : « Yocto Linux » , il est doté d’un Qualcomm Snapdragon 603, associé à 4 Go de mémoire et à 64 Go de stockage intégré. Le capteur photo est de 8 mégapixels et est capable d’enregistrer en 4K, il est équipé aussi de quatre microphones pour la capture audio et les commandes vocales.

Le moteur SNPE (Snapdragon Neural Processing Engine) de la plate-forme Vision Intelligence 300 de Qualcomm permet l’exécution sur la machine des services Azure conteneurisés , faisant du kit ce équipement la première plate-forme «entièrement prise en charge de bout en bout par Azure« , selon à Yang.

Mais si l’on veut être complet sur le sujet, on peut aussi voir ce kit comme une réponse de Microsoft au Kit DeepLens d’Amazon qui lui fonctionne, sans surprise , avec les services AI de vision d’AWS. Côté Google, il ont récemment mis au point la carte Coral Dev, un kit matériel répondant aux mêmes besoins et livré avec une caméra USB.

Assistants vocaux : Amazon Alexa toujours en tête des usages dans un marché qui commence à émerger

Les assistants vocaux font souvent la une de la presse pour les problèmes de confidentialité. Les craintes sont réelles, mais les usages progressent néanmoins à commencer par la plateforme d’Amazon qui continue de faire la course en tête.

la technologie vocale et le marché en général ont beaucoup évolué. Il y a deux ans, il y avait déjà 15 000 «compétences» Alexa ou différentes applications et capacités vocales Alexa. Aujourd’hui, il y en a plus de 90 000... Et Amazon a ajouté encore plus de capacités à Alexa, en affrontant principalement Google alors que Microsoft a quasiment jeté l’éponge (en tout cas coté grand public), que Siri peine à devenir pertinent et que les autres n’ont pas la taille critique. Le succès d’Amazon repose sur le modèle partenaire de son assistant vocal avec la très large diffusion de son SDK. Alexa a ainsi été intégrée à 150 périphériques différents fabriqués par des tiers. Le nombre total d’appareils Alexa vendus vient de passer selon l’éditeur à plus de 100 millions…

Le marché devrait atteindre  31 milliards de dollars d’ici 2025 selon Amazon, on comprend mieux pourquoi les entreprises telles que Google investissent massivement pour combler leur retard (très réel encore au États Unis).

Paul Bernard AmazonIl y 3 ans Amazon avait lancé son programme « Alexa Accelerator » destiné aux jeunes entreprises qui teste des modèles et des business autour des technologies vocales. « Au démarrage, Amazon ne savait pas vraiment quel type de startups il attirerait lorsque la société a lancé son accélérateur en 2017 » a déclaré Paul Bernard, directeur du développement mondial d’Amazon Alexa et d’Alexa Fund, la branche de capital-risque d’Amazon (avec un budget de 200 millions de dollars destinée aux startups). C’est aujourd’hui un succès qui permet à la technologies d’être utilisée dans très nombreux scénarios.

J’ai testé Amazon Go… et c’est assez bluffant !

Amazon GoDe passage à Chicago au début juillet, je suis allé faire un tour dans une des boutiques sans caisse mis en place par Amazon, curieux de tester « l’expérience utilisateur », comme ont dit. Vous l’avez sans doute vu comme moi, ces boutiques sans caisse appelées « Amazon Go » proposent de suivre les mouvements des clients  (via des caméras et une IA) dans le magasin pour ensuite automatiquement générer le ticket de caisse correspondant à leurs achats.

Comment cela fonctionne ? C’est très simple en fait :

  1. Dans un premier temps vous devez installer sur votre smartphone une application « Amazon Go », vous connecter à votre compte Amazon (avec bien entendu vos moyens de paiement indiqués). L’application pour générera un code 2D qui sera à présenter pour accéder à la boutique.
  2. A l’entrée de la boutique, vous présenter le code (si vous êtes plusieurs, c’est aussi possible en passant le code aux autres personnes, qui achèteront donc aussi avec vos moyens financiers référencés). Le portillon s’ouvre et vous entrez dans la boutique. A partir de ce moment, vous êtes filmé et une IA analyse votre comportement.
  3. Vous mettez dans votre sac ou panier les produits que vous désirez, reposez ceux que vous ne désirez finalement pas prendre. l’IA analyse tout ceci et identifie donc ce qui sera réellement acheté au final. Attention il est précisé que vous ne pouvez pas donner l’article saisi à une autre personne, car le système s’emmêle les pinceaux actuellement… Pas question d’aider un plus petit à prendre un produit en hauteur actuellement, se sera pour plus tard (ou peut-être pas, il y a peut-être une taille limite pour entrer dans la boutique :))
  4. Vous sortez librement du magasin et recevrez quelques instants plus tard votre note dans votre application, le paiement sera effectué automatiquement…

Assez bluffant dans la pratique. Cela fonctionne très bien, plus d’attente en caisse (ni de caissière d’un autre coté 😦 … les seuls employés croisés dans les rayons sont ceux qui alimentent les étagères.

Microsoft – OpenAI : annonce d’un partenariat à 1 milliard de dollars

Sam Altman, CEO d’OpenAI, et Satya Nadella, CEO de Microsoft

Microsoft et OpenAI viennent d’annoncer un partenariat large, technologie et commercial, avec un investissement du premier dans le second d’un milliard de dollars. OpenAI est une structure à but non lucratif d’une centaine de chercheurs (créée en 2015 par Elon Musk, qui a depuis quitté la structure) basée à San Francisco et dont la mission est de promouvoir une Artificial General Intelligence (AGI) pour le bénéfice de tous. Selon la définition d’OpenAI, l’AGI correspond à « des systèmes hautement autonomes qui surpassent les êtres humains sur le plus grand nombre de tâches et à des conditions économiquement intéressantes ».

Selon les termes de l’accord présenté dans le communiqué de Microsoft, le partenariat porte sur 3 axes principaux :

  • Microsoft et OpenAI co-développeront de nouvelles technologies AI dans Azure
  • OpenAI portera ses services actuels sur Microsoft Azure, qui sera donc la plateforme (exclusive) utilisée par OpenAI pour développer de nouveaux services dans le cadre de sa mission de l’AGI pour le bénéfice de tous. OpenAI avait en 2016 annoncé le choix d’Azure comme sa plateforme cloud principale. L’annonce du 22 juillet 2019 marque le virage de principale à exclusive.
  • Microsoft deviendra le partenaire préféré d’OpenAI pour commercialiser ses nouvelles technos.

Cet accord vise à la fois à marquer l’engagement de Microsoft pour le développement de technologies d’Intelligence Articielle responsables et pour le bénéfices de tous, mais elle permet également à Microsoft de brûler la politesse à AWS qui soutenait également OpenAi depuis sa création.

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