Archives de Catégorie: IA

Une solution Microsoft contre le harcèlement et les injures sur le net ?

Microsoft vient de déposer un brevet pour lutter contre le harcèlement et plus généralement les insultes sur le net. L’éditeur prévoit dans son brevet récemment déposé un «bouclier de toxicité» personnalisé qui permettrait de surveiller les communications et de censurer les données en fonction des préférences de l’utilisateur. Les choses ne sont pas simples car la définition de ce que l’on peut considérer comme «agressif» varie d’une personne à l’autre. Par exemple, un juron qui peut offenser quelqu’un, peut ne pas être interprété de la même manière par un autre utilisateur.

Capture d’écran 2019-02-21 à 10.29.23L’objet est de traiter toutes formes de communications : vocales ou textuelles, telles que celles de sessions de jeu en ligne, ou même des affichages dans des flux vidéo. Le système pourrait également être implémenté pour fonctionner dans le cadre de conférences Web en ligne ou de sessions VR / AR. Cela permettrait essentiellement aux utilisateurs de communiquer efficacement avec plusieurs autres personnes sans qu’une personne en particulier ne soit heurtée par des propos inadaptés…

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OpenAI : les possibilités et les implications de la génération de textes par l’IA

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La société OpenAI, créée par Elon Musk en 2015 pour travailler sur le concept d’une IA « sûre », sous contrôle et au bénéfice des humains, a publié la semaine dernière sur son blog un article qui présente leur état d’avancement concernant un modèle pour prédire du texte à partir de texte existant. A noter qu’Elon Musk a quitté le board d’OpenAI il y a tout juste un an afin de limiter les risques de conflit d’intérêt, l’IA constituant un enjeu majeur pour les véhicules autonomes, dont Tesla est la figure de proue aujourd’hui.

Concrètement, OpenAI travaille sur un modèle, GPT-2, et l’entraine pour pouvoir prédire le mot suivant à partir des mots précédents dans un texte. Les possibilités d’un tel modèle sont, par exemple de générer un texte cohérent, ou de répondre à des questions, à partir d’une phrase qui lui est fourni, en se basant sur un dataset de 8 millions de pages Web. La force de GPT-2 est de travailler à partir d’informations qui ne sont pas spécifiques à un domaine, en tirant partie de techniques d’apprentissage non supervisé avec de gros volumes de données non étiquetées.

Dans son billet de blog, OpenAI donne des exemples de traitement (voir ici le premier exemple, c’est une histoire de licornes qui parlent anglais :)), et c’est vraiment bluffant. En partant d’un texte de 2 phrases d’une quarantaine de mots, GPT-2 est capable de produire une histoire de près de 400 mots, précise et cohérente.

Fidèle à sa mission (« Discovering and enacting the path to safe artificial general intelligence« ), OpenAI explique aussi dans ce billet que compte tenu des risques d’exploitation « maligne » d’un tel système, pour produire des fake news, ils ont décidé de ne pas publier l’intégralité de leur modèle, mais uniquement un sous ensemble de GPT-2, sans le dataset. le code d’entrainement ou les paramètres du modèle.

 

Facebook rachète la société GrokStyle spécialisée dans la recherche visuelle.

Intro-Image-cGrokStyle est une entreprise qui a conçu un moteur de recherche visuel (via de l’intelligence artificielle) pour permettre aux utilisateurs de trouver des produits à partir de leur photo.

La porte-parole de Facebook, Vanessa Chan, a confirmé confirmé que l’entreprise a été racheté par Facebook sans révéler le prix de l’acquisition et les objectifs visés. Elle a simplement déclaré : «Nous sommes ravis d’accueillir GrokStyle chez Facebook. Leur équipe et leur technologie contribueront à nos capacités d’intelligence artificielle.  »

Cet achat vise à accroitre les capacités d’IA de Facebook dans le secteur de la reconnaissances visuelles, secteur très prometteur ou l’autre géant Google investi également énormément. On pense en particulier à la création, intégrée à Instagram, Whatsapp, etc de fonctions telles que les proposent Google avec la technologie Google Lens. Ces technologies étant de formidable pourvoyeur d’images de toutes sortes… Sans doute un petit peu plus encore, d’intimité capturée par le géant…

IBM Watson available anywhere !

Capture d’écran 2019-02-13 à 09.56.13.pngIBM vient d’annoncer lors de la conférence Think 2019 que les services de Watson ne seront dorénavant plus liés exclusivement au cloud d’IBM. Dans un mouvement d’ouverture, les clients pourront installer les services Watson (en commençant d’abord par le Watson Assistant pour développer des interfaces conversationnelles, et Watson OpenScale pour gérer le cycle de vie des projets IA au sein des entreprises) dans un cloud privé, un cloud public (non IBM) ou un cloud hybride.

 

Au travers de cette annonce, dont le motif officiel est de rapprocher l’IA des données de l’entreprise, IBM reconnait la nécessité de s’ouvrir aux plateformes de ses concurrents, en particulier Microsoft et AWS. Dans le monde des services cloud aux entreprises, ces 2 acteurs restent en tête de la course, AWS encore largement devant, Microsoft second à une bonne longueur. Les suivants (Google et IBM) n’ont toujours pas trouvé le moyen de revenir sur ce duo de tête, voire même leur retard se creusent encore un plus (voir le départ de Diane Green de Google par exemple).

Pour IBM, l’informatique quantique (en vedette lors du dernier CES) et  l’Intelligence Artificielle constituent aujourd’hui quasiment les seuls domaines technologiques ou « la Compagnie » est encore présente. Pour le reste de son business IBM s’est transformé au cours des 20 dernières années en société de services. L’ouverture de Watson,  sa plateforme IA, sera peut être une voie pour lui permettre de maintenir cette présence. Ou pas !

Amazon (aussi) investit dans la conduite autonome

Capture d’écran 2019-02-08 à 09.58.07.pngLa start-up américaine Aurora a indiqué dans un communiqué hier qu’Amazon faisait partie de son dernier round d’investisseurs (Aurora vient de lever 530 millions de dollars).
Moins connue du grand public que Tesla ou Google/Waymo, Aurora est cependant un candidat challenger sérieux dans la course engagée pour produire une solution de conduite autonome « industrielle ». Les 3 fondateurs ont auparavant travaillé à des niveaux de responsabilité importants chez Tesla, Google, Uber, ou l’université de Carnegie Mellon très réputée dans le domaine de la robotique.  Aurora a signé dans les derniers mois plusieurs accords de collaboration avec des constructeurs automobiles « classiques » comme VW, Hyundai, Toyota mais aussi le chinois Byton qui travaille depuis maintenant plus d’un an sur une voiture électrique et autonome., annoncée au CES 2018.

Amazon s’intéresse depuis quelques temps déjà aux solutions de robots électriques et autonomes capables d’assurer des livraisons ou d’effectuer des tâches au sein de ses entrepôts, mais avec Aurora Amazon élargit son champs d’intérêt vers des véhicules qui pourront utiliser le réseau routier classique, camions ou voitures.  De plus Aurora est un acteur encore aujourd’hui indépendant disposant d’une expertise reconnue dans le domaine. Une bonne pioche donc pour la société de Jeff Bezos :).

Supercalculateur et Deep Learning

Capture d’écran 2019-02-05 à 11.48.45.pngIBM Summit, le super calculateur le plus puissant du monde (titre conquis le printemps dernier) est situé au sein du laboratoire américain Oak Ridge National Lab, qui dépend du ministère de l’énergie US. Cette machine est conçue à base de GPU Nvidia, et pas qu’un peu puisqu’elle en compte 27 000 (Plus quelques 9000 CPU IBM)… Une telle puissance de calcul ne pouvait bien entendu pas laisser indifférent les experts en Deep Learning. Un projet a donc démarré pour traiter d’un sujet qui mobilise beaucoup d’énergie aujourd’hui : le changement climatique.  Le domaine de la météo est historiquement un des grands utilisateurs de super calculateurs et de grande puissance de calcul, notamment avec les machines Cray. Sur ces super calculateurs, les chercheurs font tourner des systèmes de calcul qui nécessitent pour étudier les impacts du changement climatique, de disposer de prédictions sur un siècle. La quantité d’information générée est donc gigantesque, et son analyse n peut se faire avec les moyens classiques. C’est là que l’IA entre en jeu.

On retrouve bien entendu des équipes d’IBM et Nvidia associées au projet. Des équipes de Google contribuent également, pour adapter la bibliothèque logicielle Tensor Flow (environnement open source développé de Machine Learning par Google) à la machine Summit. Google dispose dans ses propres datacenters de puissance de calcul considérable sur lequel Tensor Flow s’exprime déjà. La différence c’est qu’ici il ne s’agit pas réseaux d’ordinateurs collaborant entre eux pour résoudre un problème, mais bien d’une seule et même machine. Summit met à disposition une puissance « centrale » considérable. Google estime ainsi qu’une configuration rassemblant 1000 TPU (Tensor Processing Unit) le composant matériel le plus récent conçu et utilisé par la société de Mountain View pour entrainer ses modèles Deep Learning, permet de délivrer 100 pétaflops, soit 1/10 de ce dont permet de disposer Summit !

On connaissait depuis l’été dernier (et la confirmation de Summit comme super calculateur le plus puissant du monde) les capacités des architectures massivement parallèles à base de GPU à fournir des puissances de calcul énormes. On savait que ces architectures à base de GPU étaient aussi des outils très largement utilisés pour les solutions des Deep Learning. Avec le projet mentionné plus haut, on sait maintenant que des supercalculateurs à base de GPU peuvent booster de façon considérable les moyens à disposition des problématiques les plus consommatrices.

Microsoft n’est pas contre vendre les technologies de reconnaissance faciale aux gouvernements, avec quelques réserves…

reconnaissance facialeIl y a un mois une coalition de groupes d’activistes avait envoyé des lettres à Microsoft, Amazon et Google, leur demandant de ne pas vendre leurs technologies de reconnaissance faciale aux gouvernements. Ceci pour plusieurs raisons :

  • Cette technologie, selon ces groupes, mettrait à mal la sécurité des personnes et plus généralement la confiance du public.
  • Certains gouvernements pourraient utiliser cette technologie pour cibler les immigrants et les personnes de couleur.

Business Insider nous apprend que Brad Smith (patron des affaires juridique et Président de Microsoft), a répondu qu’il serait « cruel » de ne pas donner (ou plutôt vendre) ces technologies aux états en citant des exemples bénéfiques de leurs usages :

  • Le National Human Genome Research Institute, qui utilise la reconnaissance faciale pour améliorer le diagnostic du syndrome de Di George qui affecte les Africains, les Asiatiques et les Latino-Américains.
  • La technologie avait été utilisée en Inde pour retrouver 5 000 enfants disparus.

Il précise ainsi : « Qu’une interdiction générale de tous les usages du gouvernement va manifestement trop loin et risque d’avoir un effet humanitaire cruel.  » mais ajoute « qu’il était préoccupé par son utilisation dans des pays qui ne respectent pas les droits de l’homme »…

On se souvient il y a quelques temps la polémique sur les technologies de reconnaissance faciale qui posaient problème pour reconnaitre les personnes de couleur et les asiatiques. Microsoft avec ses services Azure Cognitives API dit avoir fait de très gros progrès.

On voit mal comment empêcher les gouvernements, même pas très scrupuleux sur les droits de l’homme acquérir de telles technologies… On voit bien comment ces mêmes acteurs se plient aux demandes de la Chine ou de la Russie par exemple pour continuer à faire du business sur place…

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