Archives d’Auteur : Patrick Barriere

Départ du CEO et fondateur de Slack

Stewart Butterfield, le créateur de Slack et encore CEO jusqu’en janvier, vient donc d’annoncer son départ de l’entreprise, moins de 2 ans après l’annonce du rachat par Salesforce. Depuis l’intégration officielle de Slack dans Salesforce, il y a un an, la première avait conservé son indépendance et son organisation au sein du géant du CRM. Stewart Butterfield a lancé le développement de la solution Slack il y a 10 ans, après avoir s’être au préalable « fait la main » en confondant des solutions comme Glitch ou Flickr.

Dans le message envoyé par S.Butterfield en interne pour annoncer son départ, il indique que 2 autres dirigeants historiques de Slack, proches de lui quittent également l’entreprise (Jonathan Prince, SVP en charge du marketing et de la communication depuis 2019, et Tamar Yehoshua la Chief Product Officer depuis janvier 2019). Hasard du calendrier, en tout cas c’est ce qu’affirme S.Butterfield dans son message, son départ n’a rien à voir avec celui de Bret Taylor le co-CEO de Salesforce. Tous 2 avaient été des acteurs essentiels lors des négos sur le rachat de Slack.

Ce départ qui en soi n’est pas forcément étonnant, et plutôt dans la logique des choses, est plus problématique dans le contexte plus général du leadership chez Salesforce. Après l’annonce du départ de Bret Taylor, il y a quelques jours Mark Nelson , le CEO de Tableau, autre entreprise acquise par Salesforce en 2019, vient d’annoncer son départ moins d’un an et demi après sa prise du job. Toujours chez Tableau, les CMO (Chief Markeing Officer) et CDO (Chief Data Officer) ont quitté l’entreprise au cours de l’année passée. Tout ceci au milieu d’une attention soutenue des investisseurs qui souhaiteraient que Salesforce améliore sa rentabilité qui est très loin de celle de ses concurrents, Microsoft et autres.

Nous pourrions de nouveau entendre parler de Slack dans les semaines à venir, avec une possible enquête ouverte par la Commission Européenne suite à la plainte de Slack en 2020 pour pratiques non concurrentielles de Microsoft concernant l’intégration de Teams sans surcoût. Slack demande que Teams soit extrait de Microsoft 365 et proposé en solution indépendante avec un tarif équitable (pour ses concurrents). A suivre donc !

Souveraineté numérique et santé

Un retour sur une annonce faite en juillet dernier : le Health Data Hub, GIP français chargé de mettre en place la plateforme pour héberger les données du système de santé français, a été retenu par la Commission Européenne pour mener le consortium qui doit proposer un pilote pour l’Espace européen des Données de Santé.

Créé par la Loi du 24 juillet 2019 relative à l’organisation et la transformation du système de santé, notre structure est un groupement d’intérêt public (GIP) qui associe 56 parties prenantes, en grande majorité issues de la puissance publique (CNAM, CNRS, Haute Autorité de santé, France Assos Santé,  liste complète). Nous mettons en œuvre les grandes orientations stratégiques relatives au Système National des Données de Santé (SNDS) fixées par l’Etat et notamment le ministère des Solidarités et de la Santé. Notre financement est majoritairement public.

source : http://www.health-data-hub.fr

Ce choix résonne particulièrement si on se souvient de la tempête provoquée en France par la décision du GIP de retenir la plateforme Microsoft Azure pour héberger la plateforme Health Data Hub. A l’époque une alliance un peu improbable de certains GAFAMs (on a beau appartenir à ce club très fermé, on en n’est pas néanmoins de concurrents qui font feu de tout bois ), des acteurs du cloud français (OVH en particulier) et des associations (Anticor par exemple), pour critiquer ce choix. Les critiques, multiples, portaient sur l’absence d’une réelle étude pour étudier les solutions alternatives, en particulier françaises, et sur la question plus large de la protection de nos précieuses données de santé, hébergées dans un cloud soumis au Cloud Act américain, et au non respect par Microsoft du SecNumCLoud (certification ANSSI). Le Conseil d’Etat, saisit par des associations et des syndicats, sur la possible suspension de la plateforme Health Data Hub (sur Microsoft Azure), avait statué en 2020, concluant à l’absence de raisons de suspendre la plateforme en urgence. Le gouvernement avait malgré tout mis au ralenti les projets autour du Health Dta Hub, en particulier concernant le transfert sur la plateforme des données issues de l’ancien système français (le SNDS,  Système national des données de santé).

Si le choix du consortium conduit par Health Data Hub ne signifie pas le choix d’Azure, il remet néanmoins en selle au niveau européen un acteur, un peu essoufflé par les combats menés en France.

Mais bon, parmi les autres candidats pour l’Espace européen des Données de Santé, il y avait, m’a t’on dit , un groupement qui proposait un hébergement en France, sous contrôle 100% français, par des experts du milieu de la santé français, basé au sein du Centre Hospitalier de Massy…. Non c’est une blague 🙂

Des nouvelles pour la suite de Skype Enterprise Server ?

Et bien non !

Il n’aura échappé à personne que Microsoft met l’emphase depuis plusieurs années sur les services en ligne Microsoft 365. Pour autant, certains clients continuent à préférer pour diverses raisons les versions on premise des serveurs correspondant (Exchange Server, SharePoint Server, Skype Entreprise Server et Project Server). Pour répondre à cette demande, il y a bientôt 2 ans, lors d’Ignite, Microsoft annonçait donc les futures versions de ses logiciels serveur, sous forme de souscriptions uniquement, sans référence de versions, souscriptions accessibles via la SA des licences concernées (licences serveurs et CAL).

Où en est-on aujourd’hui ?

  • SharePoint Server et Project Server Subscription Editions sont disponibles depuis le courant de l’année 2021
  • En juin dernier, Microsoft annonçait le report à mi 2025 de la prochaine version d’Exchange Server
  • mi aout 2022, Microsoft a communiqué via son blog Skype Enterprise, pour dire qu’il n’y a avait rien à dire pour le moment à ce sujet. Plus précisément (et en citant le message de Microsoft)  » Nous continuons à évaluer les besoins des clients pour cette opportunité et restons engagés à prendre en charge Skype for Business Server au-delà du 14 octobre 2025, mais nous n’avons pas de détails supplémentaires à partager actuellement. »

Donc pour tous ceux qui se poseraient des questions quant à l’avenir de Skype Entreprise, toujours rien de précis donc.
Les dates butées de support du produit sont actuellement :

source : Microsoft

Quid après le 14 octobre 2025 ? Il va encore falloir attendre. D’ici là microsoft recommande aux entreprises concernées de migrer vers Skype Enterprise 2019,

Evolutions des règles de Licensing Microsoft vers des clouds concurrents

Nous en parlions ici même en mai dernier, Microsoft pré-annonçait des évolutions concernant les modalités de licensing de ses logiciels dans des clouds non Microsoft. Cette communication faisait suite à des restrictions apportées par l’entreprise aux possibilités offertes à ses clients d’utiliser leurs licences Microsoft dans des clouds autres que Microsoft, lesquelles avaient à leur tour suscité des réactions négatives des clients, concurrents, ainsi qu’une annonce d’enquête par la Commission Européenne… Microsoft avait dû réagir, et c’était Brad Smith, President et Vice Charirman qui s’y était collé, dans un long message qui n’en disait pas beaucoup sur le détail des changements à venir, en particulier sur la question des clouds Google, Amazon et Alibaba.

Microsoft vient d’officialiser les changements proposés via un post de Nicole Dezen, la Chief Partner Officer et Corporate VP de l’entreprise. Parmi les annonces faites par N.Dezen on peut citer :

  • un nouveau bénéfice (de la SA et des licences de souscription), le Flexible Virtualization benefit, qui va permettre à un client d’utiliser ses licences Windows Server pour outsourcer dans un cloud non Microsoft ses workloads, en mode mutualisé ou dédié.
  • un nouveau mode de licensing Windows Server par coeur virtuel et ne nécessitant donc plus de couvrir tous les coeurs physiques du serveur.
  • Tout utilisateur disposant d’une licence Microsoft 365 F3, Microsoft 365 E3 ou Microsoft 365 E5 pourra virtualiser Windows 10 ou Windows 11 sur ses propres serveurs ou sur les serveurs de ses sous-traitants (à l’exception des fournisseurs répertoriés), que le dispositif principal de l’utilisateur dispose ou non d’un système d’exploitation qualifiant (QOS)** – par exemple, Windows 11 Pro – et sans avoir besoin de licences supplémentaires. Plus besoin d’Add-On VDA donc.

Attention toutefois, ces ouvertures ne sont pas possibles pour ceux que Microsoft classent en « Listed Providers », c’est à dire AWS, Google, Alibaba et Microsoft. Pour ceux ci les règles existantes continuent de s’appliquer : pas possible de faire du BYOL, les licences doivent être obtenues de l’hébergeur, renchérissant ainsi d’autant le cout de l’externalisation pour un client qui possédait par ailleurs des licences Microsoft qu’il aurait pu utiliser. Si paradoxalement Microsoft figure en tant que Listed Provider, l’entreprise s’est réservé un échappatoire avec l’Azure Hybrid Benefit (pour Windows Server et SQL Server) qui offre la mobilité aux licences de ses produits (SA ou souscriptions). Bref, ces modifications risquent de ne pas suffire à éteindre la contestation et les enquêtes lancées à Bruxelles….

Microsoft achète Miburo pour muscler ses capacités de lutte contre les cyberattaques venant de puissances étrangères

source : miburo.com

Après le rachat annoncé de Mandiant par Google, Microsoft investit également sur une entreprise spécialisée du secteur : Miburo. L’entreprise basée à New-York est specialisée dans  » l’analyse et de recherche sur les cybermenaces, spécialisée dans la détection et la réponse aux opérations de puissances étrangères ». En ces périodes de réactivation de conflits, la lutte contre les cyber menaces issues de puissances étrangères est devenue une priorité. Miburo indique sur son site web être capable d’identifier et d’attribuer des menaces en 16 langues.

Le communiqué de Microsoft ne présente pas d’infos plus précises (montant du rachat, calendrier de réalisation …), mais précise que Miburo va rejoindre le groupe Microsoft Customer Security & Trust, et complètera son offre actuelle de surveillance et d’analyse des menaces (Threat Analysis).

Microsoft Teams : l’IA au secours des problèmes audio

source : Microsoft

Microsoft s’est attelé depuis plusieurs années à l’amélioration du signal audio dans ses solutions de visioconférence, investissant dans des solutions de traitement du signal assez classique, mais aussi dans l’utilisation de l’IA. Malgré tout, si nous constatons tous les jours les améliorations de qualité, restent encore des problèmes d’écho ou de bruits parasites dans certains cas. C’est pour apporter une réponse à ces cas persistant que Microsoft vient d’annoncer une série d’améliorations en particulier concernant la suppression de l’écho, de la réverbération et un meilleur support d’une audio « full duplex ». Aujourd’hui, les échanges audio ne permettent pas vraiment à une personne d’interrompre celle qui est en train de parler, on doit écouter ou parler… Avec les modifications annoncées, Microsoft promet une expérience utilisateur plus proche de la réalité des échanges en face à face, avec une capacité d’interruption sans nuire à la qualité de l’échange.

Ces capacités sont en cours de déploiement sur Windows et MacOS. Pour les plateformes mobiles c’est, selon Microsoft, pour « bientôt ».

Restructuration de l’équipe Metavers de Microsoft

Alex Kipman, acteur historique chez Microsoft (entreprise qu’il a rejoint en 2001) autour des techno telles que Kinect, Hololens et patron de l’équipe Metavers de l’entreprise (Hololens, Mesh …) va quitter l’entreprise. Ce départ se situe à la fois dans le contexte des incertitudes autour d’Hololens, en particulier liées aux difficultés rencontrées sur le marché de La Défense américaine(voir ici et ), ainsi que suite à des rumeurs concernant de nombreuses plaintes de comportements inappropriés d’Alex Kipman vis à vis de collaboratrices Microsoft.

Le départ d’Alex Kipman engendrerait une réorganisation de son équipe, avec un partage en 2 :

  • Le groupe « Mixed Reality Hardware » de Microsoft rejoindrait l’organisation « Windows & Devices ».
  • Le groupe « Présence et collaboration en réalité mixte » serait intégré à l’organisation Microsoft Teams.

Si cette nouvelle organisation se confirme, elle mettra fin à un chapitre d’intégration logiciel + matériel pour les solutions Metavers de Microsoft, et elle consacrera le retour à une organisation plus classique chez Microsoft, avec les 2 piliers Windows et Teams qui se partageront la dépouille. Concernant Teams, ce ne sera qu’une demie-surprise après les précédentes annonces d’intégration de Teams et Mesh.

Prochaine version d’Exchange Server : pas avant 2025

Lors d’Ignite en septembre 2020, Microsoft annonçait les prochaines versions de ses logiciels serveurs on premise (SharePoint, Skype Enterprise, Exchange, Project) pour la second de moitié de 2021, sous forme de licences en souscriptions uniquement. Si l’année 2021 a bien vu arriver Project Server et SharePoint Server (sous les noms : SharePoint Server et Project Server Subscription Editions), rien concernant Exchange et Skype Entreprise, soulevant ainsi des questions sur l’évolution de la roadmap sur ces 2 solutions qui équipent encore de nombreuses entreprises.
Microsoft vient de préciser son calendrier pour Exchanger Server, à l’occasion d’un post sur son blog. On apprend ainsi que la prochaine version d’Exchange Server est maintenant positionnée pour le second semestre 2025, et devrait répondre aux mêmes modèles que ceux des dernières versions de Project Server et SharePoint Server :

 » La prochaine version nécessitera des licences Server et CAL et ne sera accessible qu’aux clients disposant d’une Software Assurance, à l’instar des éditions SharePoint Server et Project Server Subscription. Nous fournirons plus de détails sur la dénomination, les fonctionnalités, les exigences et les prix au cours du premier semestre 2024 « .

source : Microsoft

Pour palier ce décalage Microsoft indique que la version 2019 bénéficiera d’un support étendu jusqu’au 14 octobre 2025. Pour les versions antérieures pas de changement, la fin du support étendu d’Exchange Server 2013 est au 11 avril 2023, et celle d’Exchange Server 2016 est aussi au 14 octobre 2025. La recommandation de Microsoft est pour tous les clients qui utilisent des versions antérieures à 2019 de migrer vers Microsoft Exchange 2019.

Microsoft justifie ce décalage dans le temps, par les nouvelles menaces de sécurité qui sont apparus sur les serveurs Exchange on prem avec des attaques sur ces serveurs venant en particulier « d’acteurs sponsorisés par les états », et qui ont nécessité de consacrer plus de ressources à la lutte contre ces menaces, au détriment du développement de la nouvelle version.

Google fusionne Meet et Duo

Depuis de nombreuses années, Google se débat pour disposer (et communiquer sur) une offre de solutions de communication homogène, simple et compétitive. Le résultat visible de cette volonté est une offre pléthorique, avec beaucoup de recouvrement, et des solutions qui arrivent, qui disparaissent, fusionnent… sans beaucoup de clarté !

Dernier épisode en date, l’annonce de la « fusion » entre leurs 2 offres actuelles de visio/chat vidéo, Google Meet et Google Duo. Selon le message publié par Google le 1er juin 2022 pour annoncer cette évolution, le processus de fusion en question reste lui-même un modèle de brouillard :

  1. dans un premier temps les fonctionnalités de Google Meet vont être ajoutées à Google Duo, et les utilisateurs de la première solution vont être migré vers Duo
  2. dans un second temps, Google Duo sera renommé Google Meet, qui deviendra alors la seule solution de visio de Google, pour tout appareil (mobile ou pas) et tous usages (perso ou pro).

Pas de deadline fixée pour la fin de cette évolution.

Microsoft Entra : une nouvelle suite de gestion des identités et des accès

Dans le cadre d’un vaste mouvement de repackaging de ses solutions (voir les épisodes précédents : Microsoft Defender, Microsoft Purview, Microsoft Priva), Microsoft vient de présenter une nouvelle suite qui regroupe différents services déjà disponibles : Microsoft Entra.

La nouvelle offre est destinée à contrôler et gérer les identités et les accès, on premise et dans le cloud (les clouds en fait puisque la solution fonctionnera avec des environnements multi-clouds : Azure, AWS, GCP) et sur tous les appareils utilisés, Microsoft et non Microsoft.

Microsoft Entra rassemble des services comme Azure AD, une composante CIEM (Cloud Infrastructure Entitlements Management) de gestion et d’automatisation des droits utilisateurs en environnement multi cloud. Cette composante CIEM est issue directement du rachat de l’entreprise CloudKnox Security en juillet 2021.

Microsoft Entra est disponible maintenant, avec un modèle de licence qui reste calé sur les souscriptions des services composant le package (par ex : Azure AD en souscription par utilisateur par mois).

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