La fin du mail ?
Thierry Breton, le PDG d’Atos Origin, a récemment fixé un objectif ambitieux à ses troupes : plus d’email en interne d’ici 3 ans ! Pour le patron du groupe français, d’autres solutions existent, plus adaptées à des pratiques collaboratives, en particulier les réseaux sociaux. Dès à présent, l’utilisation de la solution de communication instantanée de Microsoft (Lync Server, anciennement Office Communication Server) a permis de réduire le volume des mails de 10 à 20%.
Ce cap fixé par Thierry Breton reste encore très rare dans les entreprises, et il sera intéressant dans les mois à venir de surveiller le paysage pour voir si cette tendance s’étend. Il s’agit en effet, ni plus ni moins que d’une véritable révolution des usages. Les changements nécessaires vont se heurter à des années de pratiques bien établies de bas en haut de l’organisation. Sans parler des échanges avec l’extérieur, qui pour l’instant ne sont pas concernés par le cap fixé par T.Breton.
Néanmoins, d’autres éléments éclairent cette discussion. Ainsi la société Co
mScore vient de publier les résultats de son enquête annuelle sur l’état du paysage numérique aux USA, en 2010 (The 2010 US Digital Year in Review). Parmi les différents enseignements, une baisse du temps consacré à la messagerie électronique au profit des réseaux sociaux, Facebook en tête.
Ainsi comme le montre le graphique ci contre, la baisse est quasi générale, hormis les populations de 55 ans et plus, pouvant même atteindre 59% pour les 12-17 ans. Tous ceux parmi nos lecteurs qui ont des ados à la maison ont déjà mesuré cette baisse, au profit de Facebook.
Le rapport Comscore indique que les réseaux sociaux comptent aujourd’hui pour près de 15% du temps passé en ligne par un américain moyen (toute population confondue au delà de 15 ans).
Si le challenge de Thierry Breton semble ambitieux aujourd’hui, compte tenu des profils de collaborateurs dans l’entreprise, qu’en sera t’il d’ici 3/5 ans avec l’arrivée de cette jeune génération qui a manifestement déjà entamé le mouvement ? Ces éléments renforcent la nécessité d’une réflexion menée par les responsables des systèmes d’information, sur l’introduction des réseaux sociaux dans les organisations. Sans anticipation, le risque est grand, soit de voir s’établir une (nouvelle) fracture numérique entre les organisations qui pourront franchir ce pas et les autres, ou bien de voir les pratiques et les solutions grand public phagocyter les organisations, qui devront alors subir le mouvement.