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La protection de la vie privée : la menace réglementaire pour les géants du numérique

Apple était s’il on peut dire, précurseur dans ce domaine et pour cause, leur Business Model ne dépend pas de la collecte d’informations personnelles, même s’ils se montrent parfois assez laxistes dans le contrôle des applications réalisant cette tache sur leur store…

Depuis quelques semaines, c’est au tour de Facebook, Google et maintenant Amazon de se faire les champions de la protection de la vie privée. Autant le dire tout de suite, il y a pas mal de travail encore pour que cela soit crédible ! Car en dehors de ces déclarations , ils n’ont toujours pas réalisé même le plus petit des changements dans leur Business Model dépendant en très grande partie de la collecte d’informations…

Mais alors pourquoi de telles déclarations et pourquoi maintenant ? Pas plus tard que la semaine dernière c’est Amazon qui assurait que maintenant Alexa, son assistant vocal, ne conserverai plus les phrases énoncées par les utilisateurs sur simple demande… vocale. Ce qui est globalement plus pratique que d’aller sur l’application pour modifier ceci en se perdant dans les menus… Et globalement c’est une bonne nouvelle pour les personnes qui craignent qu’Alexa puisse partager par inadvertance leurs enregistrements vocaux avec d’autres personnes – comme cela s’est passé par le passé à plusieurs reprises.

La réponse à cette question se trouve, ce n’est pas une surprise, aux États Unis, ou pour être plus précis en Californie, la patrie de la technologie. En effet, l’état est en train de se doter d’une loi reprenant les grandes lignes du RGPD. Les géants de la technologie font donc face à des menaces de réglementation sur de nombreux fronts. Pour en revenir aux assistant vocaux, l’Assemblée de l’État de Californie a adopté la loi dite « anti-écoute ». Le projet de loi va maintenant être examiné par le Sénat de l’État de Californie. Les fabricants d’appareils d’écoute ambiante, tels que les enceintes intelligentes, devront systématiquement obtenir l’accord de leurs utilisateurs avant d’enregistrer leur voix et pourront demander l’effacement aussi simplement.

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Facebook à toujours autant de difficultés avec les « fake news »…

Une étude intitulée « Fakewatch » publiée par le mouvement Avaaz, qui surveille la liberté électorale et la désinformation, a révélé qu’ils avaient identifié 500 pages de groupes liées à des organisations d’extrême droite et anti-UE propageant une désinformation massive. Ils ont immédiatement partagés ces résultats avec Facebook et ceci a entraîné une fermeture des pages juste avant que les électeurs ne se rendent aux urnes.

Capture d’écran 2019-05-28 à 11.16.37Le problème c’est le temps pendant lequel ces pages sont restées visibles : ces 500 pages et groupes ont été suivis par 32 millions de personnes et ont eu plus de 67 millions d’«interactions» (commentaires, likes, partages) durant le trois derniers mois. Facebook dit qu’il s’attaque à de tels contenus, mais c’est souvent Avaaz qui rapporte les faits et les  incitent à l’action. En France, Avaaz a découvert dans un autre rapport que Facebook avait généré plus de 105 millions de vues sur de fausses informations sur le mouvement des Gillets jaunes.

A la décharge de Facebook, ces groupes ne sont pas si facile à identifier car souvent ils ont été conçus il y a plusieurs années sous de faux sujets et sont ensuite réactivés soudainement pour aider les contenus extrémistes à se diffuser. Mais Avaaz pense que la Facebook pourrait et devrait faire plus. Ils pointent du doigt que le changement de nom de page (interdit par les règles de Facebook) devrait être détecté automatiquement et que plutôt que de simplement forcer ces groupes à supprimer leurs faux contenus, Facebook devrait montrer les informations corrigées ou vérifiées à tous ceux qui ont vu le contenu malveillant d’origine.

Mais, la statistique la plus surprenante vient de Facebook elle-même. Dans son dernier rapport sur les normes communautaires, la société a révélé avoir supprimé 2,19 milliards de faux comptes au cours des trois premiers mois de 2019. Cela représente une le double par rapport au trois derniers mois de 2018 ! Au total c’est près de 3,4 milliards de faux comptes sur six mois à comparer aux 2,37 milliards d’utilisateurs actifs par mois…

Les utilisateurs de Facebook sur Android peuvent maintenant supprimer la collecte masquée de leur localisation…

logo facebookIl était temps. Si l’option est déjà dispo depuis longtemps sur iOS, l’application vient d’être mise à jour sur Android pour enfin supprimer cette collecte masquée alors même que l’application n’était pas utilisée…

L’affaire n’est pas nouvelle : début 2018, la pratique de collecte des données de localisation de Facebook violait déja les lois sur la protection de la vie privée en Allemagne en particulier, sans que le géant de Menlo Park ne réagisse. C’est maintenant le cas et à l’instar de ce qui avait été fait à la demande d’Apple cette fois il y a plus d’un an, Les utilisateurs d’Android peuvent contrôler la collecte de données de localisation de Facebook en arrière-plan (qui reste bien sur par défaut active…).

Facebook rachète la société GrokStyle spécialisée dans la recherche visuelle.

Intro-Image-cGrokStyle est une entreprise qui a conçu un moteur de recherche visuel (via de l’intelligence artificielle) pour permettre aux utilisateurs de trouver des produits à partir de leur photo.

La porte-parole de Facebook, Vanessa Chan, a confirmé confirmé que l’entreprise a été racheté par Facebook sans révéler le prix de l’acquisition et les objectifs visés. Elle a simplement déclaré : «Nous sommes ravis d’accueillir GrokStyle chez Facebook. Leur équipe et leur technologie contribueront à nos capacités d’intelligence artificielle.  »

Cet achat vise à accroitre les capacités d’IA de Facebook dans le secteur de la reconnaissances visuelles, secteur très prometteur ou l’autre géant Google investi également énormément. On pense en particulier à la création, intégrée à Instagram, Whatsapp, etc de fonctions telles que les proposent Google avec la technologie Google Lens. Ces technologies étant de formidable pourvoyeur d’images de toutes sortes… Sans doute un petit peu plus encore, d’intimité capturée par le géant…

Microsoft : « Moi aussi je suis un méchant ! »

mechant GAFAMLa communication sur les « GAFA » n’est pas très positive, c’est le moins que l’on puisse dire, en France et en Europe. C’est d’ailleurs principalement sur le vieux continent que ce terme est employé.

Les Gafa désignent, vous le savez, Google, Apple, Facebook et Amazon. Les articles traitant des GAFA sont rarement élogieux et associés le plus souvent à des termes négatifs comme « Optimisation Fiscale «,  « Pillage » etc.

Faites une petite recherche sur Google (!) et regardez les premiers liens proposés. Le premier est la définition suivant Wikipédia, mais pour les autres ont trouve :

  • Pourquoi les état-unis doivent réguler les GAFA (lesechos.fr)
  • Rien n’arrête les GFA (Slate.fr)
  • Démantelons les Gafa (l’Express)
  • Faut-il avoir peur des GAFA(FranceTV.fr)
  • Oubliez les GAFA(Capital.fr)
  • Etc.

Dans un tel contexte, même si elle n’en est pas à l’origine du terme, pourquoi une entreprise comme Microsoft (en France) s’acharne à parler dans ces communications de « GAFAM » ? Pourquoi veut-elle ajouter systématiquement son « M »  lorsque l’on parle des GAFA ?

C’est un peu comme si elle disait : «  Moi aussi je suis un méchant » ! « Rappelez-vous comme j’étais méchant il y a pas si longtemps quand j’étais en position dominante sur Windows, Internet Explorer, etc.« .  Cela pourrait paraître comme un peu risible ou carrément pathétique.

Mais surtout pourquoi vouloir associer son image – qu’elle a fait tant d’efforts pour améliorer – à cet acronyme si négatif ?

Bien sûr, c’est sans aucun doute liée à l’admiration que les GAFA génèrent, plus forte que leur détestation, dans la population française. Une fascination pour ces entreprises qui, en très peu de temps, ont conquis et changé le monde grâce à leurs innovations. Seule Apple, mais moribonde, existait au début des années 2000. Donc pour Microsoft, associer son nom à ces entreprises est clairement une source de fierté.

Mais le message est aussi et surtout à mon avis, destiné aux employés, de plus en plus attirés par la concurrence des Amazon, Google ou autre Facebook (il suffit de faire un tour sur Linkedin pour voir la transhumance des Microsoftees).

Ce serait un peu pour les dirigeants de Microsoft France comme le message de Panzani dans ses publicités du siècle dernier « Chéri revient j’ai les mêmes à la maison » !

Alors pourquoi tant que l’on y est, ne pas ajouter aussi un O pour Oracle et un I pour IBM ! Et parlons de (fait) GAFAMOI 🙂

Facebook vient de lancer son offre pour les entreprise : Workplace

A l’origine utilisée uniquement en interne chez Facebook, puis en beta depuis des années et réservé à quelques grandes entreprises (dont Danone, Booking,…), l’offre de réseau social dédié aux entreprises vient d’être officiellement lancée.

En résumé, on retrouve les fonctions essentielles de Facebook mais limité au cadre de l’entreprise, (et sans pub). C’est un peu comme si tout vos « amis » étaient « vos collègues » (du classique donc pour un RSE). L’entreprise compte sur la proximité de l’interface pour faciliter sa prise en main et garantir son succès. Coté tarif : le prix est très attractif : 3€ par mois et par utilisateur actif (pas d’activité = pas de facturation) et enfin la facturation ne commencera qu’en avril 2017.

Bien entendu pas mal de question se posent sur l’intégration à l’Active Directory, le coté hermétique (ou non) des deux offres de Facebook (public et Workspace)…

De ce coté de l’atlantique (nous sommes actuellement au pays des cow boys), les analystes le positionnent surtout en face de l’étoile montante et star actuelle du secteur : Slack.

Nous aurons l’occasion de voir tout ceci de très pres : nous sommes demain après midi chez Slack dans leur headquarter de San Francisco ou nous rencontreront l’équipe dirigeante, et le lendemain matin (jeudi) chez Facebook à Menlo Park pour une demi journée sur Workplace avec les concepteurs… De quoi poser toutes nos questions. Nous reviendrons bien entendu sur tout cela lors du prochain Briefing.

 

[Lettre Calipia] Medias Sociaux : l’industrie du logiciel d’entreprise aurait-elle un train de retard ?

Début avril, Facebook faisait – encore – l’actualité avec son annonce de « Facebook Home », surcouche d’Android en téléchargement sur Google Play aux USA (et le reste du monde dont la France depuis le 16 avril).Loco

Comme le dit l’éditeur sur une page dédiée de Google Play, Facebook Home est « l’expérience mobile qui place vos amis au cœur de votre téléphone »…et de mettre en avant les fonctions conversationnelles de ce véritable hub de communication (en liaison avec Facebook Messenger), présent même lorsque vous utilisez d’autres applications.

Cette annonce reflète les évolutions continues de ce réseau social, qui s’adapte aux changements des tendances utilisateurs, et à la très forte concurrence dans le domaine des médias sociaux et des solutions de communications instantanées type WhatsApp, Line, Kik, etc, fort heureusement pour l’éditeur de Palo Alto très fragmentées.

Hasard des calendriers, Gartner publiait le 2 avril une note intitulée « Gartner Says the Vast Majority of Social Collaboration Initiatives Fail Due to Lack of Purpose » indiquant que dans la sphère entreprise, alors même que 70% des organisations ont adopté des médias sociaux, seuls 10% des projets sont couronnés de succès (http://www.gartner.com/newsroom/id/2402115). En cause selon Gartner ? Essentiellement, le manque de rigueur dans la définition des buts et des moyens associés.

Quel rapport entre les deux nouvelles me direz-vous ?

Aucun, à priori, quoique, en cherchant bien…

Oserons-nous rappeler que l’industrie du logiciel d’entreprise n’a eu de cesse depuis plusieurs années de pousser les organisations à adopter les médias sociaux, arguant du fait que l’innovation des usages venant du grand public, il fallait coûte que coûte transposer ces usages dans l’entreprise, tout en se désengageant des vieilles modalités telles que la messagerie (fort heureusement, quelques rares acteurs, comme Calinda Software, ont un discours plus pondéré).

En disant cela, j’ai conscience d’être bien sûr très réducteur, et je suis le premier à reconnaître les atouts immenses des RSEs pour certaines problématiques, telles que la promotion et la capitalisation des savoirs et des expertises.

N’empêche que tout un chacun peut entendre parler de stratégie « Zero email » par ci, de stratégie Social Business par-là, de la part d’acteurs mettant les médias de communications unifiés au second plan des priorités (ex de Jive, ou encore IBM qui ne s’engage pas résolument dans la VoIP).

Comment expliquer cette course aux médias sociaux, parés de toutes les qualités par l’industrie du logiciel, intégrateurs inclus ?

En effet, même s’ils sont clairement porteurs de scénarios à forte valeur ajoutés, ces derniers n’expliquent pas à eux seuls la position souvent « dogmatique » des acteurs. La pression concurrentielle, la nécessité de trouver de nouvelles opportunités, de paraître plus innovant que le voisin, expliquent aussi ce joli consensus de l’industrie pour pousser les organisations dans la voie du progrès.

…et Gartner de nous rappeler que les pots cassés sont payés par les organisations elles-mêmes.

Les early adopters ont-ils payé les pots cassés ?

Le constat effectué par Gartner dans la note citée en introduction concerne de fait les entreprises qui se sont lancées les premières dans l’implémentation de medias sociaux, il y a suffisamment longtemps pour que l’on puisse en tirer des retours d’expériences.

L’analyste américain parle de buts et de moyens mal définis dans les projets.

Compte tenu de notre expérience propre, notre analyse est que dans un marché encore jeune (disons jusqu’à fin 2012), les éditeurs aussi bien que les intégrateurs ont appris dans le contexte des premières expériences, au détriment des organisations clientes.

  • Les éditeurs : des offres pas assez mûres fonctionnellement ont retardé ou handicapé les projets. Un produit comme SharePoint 2010 par exemple est clairement déficient sur les fonctionnalités communautaires (pas de fonction de valorisation des contributions, rien pour les Community Managers, etc), des flux d’activités relativement pauvres, pas de micro-blogging, ni de fonctions sociales transverses telles que #hashtag, @mention, ou encore de fonctions de Social Analytics. Des partenaires tels que NewsGator ou Calinda se sont alors engouffrés pour combler les manques ; 3 ans après, avec SharePoint 2013, Microsoft présente enfin une offre mûre sur le sujet, mais la majorité des organisations venant à peine de déployer du SharePoint 2010, leur prise de décision est quasiment kafkaïenne pour déployer un RSE : partir sur SharePoint 2010 avec une offre tierce ? Ou déploiement partiel/total de SharePoint 2013 ? Mais alors quelle pérennité alors pour les offre tierces ? Et Quid de Yammer, récemment acheté par Microsoft, que l’éditeur nous présente comme incontournable dans sa feuille de route sociale ? IBM n’est pas en reste, avec une offre réellement mûre depuis peu de temps seulement (IBM Connections 4.0). Nous pourrions aussi étudier le cas de Cisco, Jive, etc.
  • Les intégrateurs : encouragés par les propositions stratégiques des éditeurs, ils ont bâti leurs bonnes pratiques de cadrage/mesure d’opportunité/déploiement sur le terrain, les qualifiant en leur faisant subir l’épreuve du feu. Cela est très courant et efficace pour les projets IT classiques ; …or il se trouve que les projets RSE sont atypiques, car 80% du succès d’un tel projet repose sur des aspects non techniques allant jusqu’à la sociologie. Qui plus est, il s’agit de projets d’entreprise et non pas de projets IT, d’où un impératif de s’assurer de l’engagement de la DG, de la DRH en particulier ; en aval, il ne suffit pas de pousser l’outil entre les mains de l’utilisateur, mais bien de l’accompagner pour qu’il l’adopte de lui-même, et fasse siens les bénéfices attendus. Du fait de l’hétérogénéité des usages existants dans toute organisation, la tâche d’accompagnement est alors vraiment sensible, a fortiori si on part dans l’idée de « vendre » une rupture des usages (objectif « zéro-email »J).

Avec ces quelques années de recul, l’industrie IT peut ainsi donner le sentiment de courir après l’objectif de transposer de façon satisfaisante ces innovations grands publics dans la sphère entreprise ; consumérisation, quand tu nous tiens…

Un objectif et une démarche très louable, sauf quand le dogmatisme des stratégies nous rappelle cette fable de la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf : ayant manqué un tantinet de pragmatisme, la pauvre bête a eu une fin plutôt moche !

En pratique, la résilience de l’industrie IT est certainement meilleure que celle des grenouilles, si bien que le temps d’adaptation des offres et des discours n’aurait été un problème que pour les early adopters dont parle Gartner, si par malheur les usages grands publics (notre « bœuf » de référence pour ceux qui ont du mal à suivre mon parallèle) ne se mettaient à « shifter ».

Ce qui semble n’être pas le cas, comme nous allons le voir dans un instant.

Les usages grands publics évoluent

Revenons donc à nos médias sociaux grands publics, qui servent actuellement de baromètres à l’industrie IT entreprise.

Une première tendance se fait jour, qui influe grandement sur leur évolution fonctionnelle : l’explosion des mobiles, comme mode d’accès.

Une des dernières études Mediamétrie, de novembre 2012, a montré une croissance de 40% sur un an du nombre de smartphones en France : 24 millions de Smartphone sont utilisés en France, et 59% des personnes qui en sont équipé ont moins de 35 ans.

Quant à l’usage communiquant qu’en font leurs utilisateurs, les chiffres sont éloquents : Facebook est génère de loin le 2ème trafic, avec 14,47 millions de visiteurs uniques (derrière Google 15,9 millions de visiteurs uniques).

Les mobiles, et l’on doit rajouter ici les Tablettes, sont devenus le moyen d’accès privilégié à Facebook, Twitter, etc.

Le centre de gravité des usages se déplaçant du réseau social lui-même au mobile qui lui sert d’accès, de nouveaux usages apparaissent, liés notamment au facteur de forme :

On y a pris l’habitude de consommer des « applications », que l’on achète à faible prix, lorsqu’elles ne sont d’ailleurs pas gratuites, sur l’App Store.

Une myriade de concurrents aux médias sociaux « traditionnels » (Facebook, Twitter) ont émergé récemment; orientés communication temps-réel, leur succès est viral :  WhatsApp, Line, Kik, Viber, SnapChat, Libon, etc.

Même s’ils n’ont souvent rien à voir en termes de périmètre fonctionnel avec Facebook & co, ils les menacent néanmoins, car personne n’est plus versatile qu’un utilisateur de la génération y ou z J.

L’apparition de Facebook Home sonne à ce titre – aussi – comme une réponse à cette concurrence volatile et insidieuse.

Certains lecteurs attentifs me feront remarquer que même s’il met ainsi l’emphase sur ses fonctions de communication (notamment Facebook messenger) Facebook ne renie pour autant pas ses racines sociales au sens des groupes, des pages, etc. qui sont autant de fonctionnalités différenciatrices face à la nouvelle concurrence des apps cités précédemment.

Encore faudrait-il que ces fonctions de réseautages « traditionnelles » ne s’essoufflent pas, ce qui serait alors un autre signe fort que les usages changent vraiment dans la sphère des médias sociaux grand public.

Aïe, Aïe, des signes avant-coureurs d’une évolution des usages à ce niveau commencent là aussi à apparaitre ! …et comme à l’accoutumée dans l’histoire récente des « tendances », c’est du côté des populations les plus jeunes que cela se passe.

Une étude toute récente laisse à penser que les jeunes ados commencent à tourner le dos aux réseaux Sociaux.

Cette étude nous vient de l‘institut Piper Jaffray qui met à jour deux fois par an un baromètre « Taking Stock with Teens », s’intéressant à ce que pensent et font les adolescents ; il se trouve que dans son édition du printemps 2013, l’institut montre que les tendances d’usage des réseaux sociaux par les adolescents sont à la baisse d’une année sur l’autre, en particulier de Facebook (-9%).

Les raisons invoquées : une certaine lassitude quant à la notion de partage tout azimut, et au poids de l’ « empreinte » de notre passé sur le Web, mais aussi la surveillance potentielle des parents, etc,

Bref, ces jeunes ados, de plus en plus équipés comme il se doit de SmartPhones, commenceraient à abandonner ces médias sociaux au profit d’applications de …messagerie instantanée

Les ados vivent dans l’instant plus que dans le passé ou le futur, et prennent sans doute de plus en plus conscience, avec l’expérience de leurs ainés, que laisser un historique sur le Web représente plus d’embêtements que d’avantages… !

Explosion des mobiles, affaiblissement de l’intérêt des plus jeunes pour les fonctions historiques : Facebook est certainement tout à fait conscient de ces tendances, comme en témoigne ses efforts de développement actuel sur le « messaging » pour les mobiles : à ce titre signalons un excellent article actuellement sur www.theverge.com sur les travaux autour de Facebook Home.

Sans nul doute (c’est en tout cas notre opinion profonde que nous relayons régulièrement), les entreprises devraient écouter ces signes, potentiels préludes à des évolutions profondes des médias collaboratifs, et ne pas se précipiter dans une mise en œuvre « dogmatiques » de Réseaux Sociaux d’Entreprise, qui ne se prémuniraient pas d’un prochain shift des usages.

…et en ce sens, les prises de positions dogmatiques quant à la nécessité d’implémenter les RSEs en remplacement des anciens médias apparaissent être une fuite en avant dangereuse, aussi bien pour les éditeurs eux-mêmes (qui risquent de se décrédibiliser), que pour les organisations.

Comment ces différents acteurs réagiront-ils, si demain, il s’avère que de nouvelles pratiques collaboratives émergent, plébiscitées d’abord par la génération « z », bientôt actifs dans nos organisations ? Mettra-t-on au placard nos RSEs, tout comme l’email, le Groupware, les pratiques top-down du Knowledge Management ? Ou bien réalisera-t-on qu’il est plus sage d’urbaniser les différentes générations de pratiques collaboratives ?

D’ici à ce que la messagerie reviennent à la mode dans quelques années, ce serait effectivement très drôle !

Si vous êtes intéressés par ces problématiques, et désirez échanger sur le sujet avec d’autres entreprises, sachez que nous développerons cette thématique des Réseaux Sociaux d’Entreprise lors du prochain Briefing : inscrivez-vous vite !

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