Archives d’Auteur : Patrick Barriere

TikTok : Oracle retenu comme partenaire technologique

Exit Microsoft donc ! C’est de Redmond qu’est venue l’information selon laquelle ByteDance refusait de vendre ses assets américains à Microsoft. Dans le même temps, le Wall Street Journal indique qu’Oracle est choisi comme partenaire technologique, sans évoquer le rachat strict. Pas de confirmation d’Oracle ou ByteDance sur l’identité du repreneur. La société chinoise a par ailleurs indiqué hier via un canal de presse chinois que l’algorithme de TikTok ne ferait pas partie de la vente.

La reprise du business US de TikTok s’inscrivant dans un contexte politique trumpien très marqué, la sortie de Microsoft n’est peut être pas un mal pour l’entreprise. Le fondateur de Microsoft, Bill Gates, qualifiait même ce rachat de « calice empoisonné ».

Le locataire de la Maison Blanche ne sera certainement pas fâché de voir qu’un de ses bons amis et soutien officiel, Larry Ellison, prend la tête de la course à la reprise de l’entreprise chinoise. Le patron d’Oracle a à plusieurs occasions exprimé le plus grand bien de Trump, en particulier dans la lutte contre le Covid. Il est également un donateur important pour la campagne de son ami. Ainsi en février dernier, Ellison a organisé une collecte de fonds pour la campagne de Trump où les supporters pouvaient payer 100 000 dollars pour une sortie de golf et une séance photo avec le président… Entre milliardaires amateurs de golf, de bateaux et autres résidences de luxe, aussi éloignés l’un que l’autre de la notion de bien commun, il faut bien se soutenir.

Panique dans la silicon valley : les cours de bourse s’effondrent !

Le début du mois de septembre 2020 n’est pas bon pour la Bourse américaine, en particulier pour le Nasdaq qui vient d’essuyer en quelques jours une perte de 10%, un « signal inquiétant » pour reprendre l’expression du journal Le Monde dans un article publié ce jour.

J’ai voulu mesurer le niveau d’inquiétude réel qui doit habiter nos amis des Gafam, auxquels j’ai ajouté Zoom et Tesla, le premier car il a beaucoup gagné en visibilité depuis le début du COVID et le second parce qu’avec ses ordinateurs sur roues, il se situe aux avants postes de tendances porteuses (mobilité, IA, Cloud …). Et j’ai été relever les valeurs de leurs actions entre mars 2020 et aujourd’hui. Et les résultats sont clairs, les GAFAM doivent avoir très peur 🙂

Source : Yahoo Finance, compilée par nos soins

Même en tenant compte de la chute des 3 derniers jours, les progressions des cours des actions de tous sont spectaculaires en moins de 6 mois !! Progression de 50% pour Microsoft et Alphabet, quasi doublement d’Apple, Amazon et Facebook. Quant à Zoom et Tesla , c’est l’explosion.

Le Pentagon confirme son choix Microsoft pour le contrat JEDI

source : Wikimedia Commons

Bientôt un an que le Pentagon a annoncé avoir concédé l’ensemble du méga contrat cloud JEDI à Microsoft, et c’est officiel depuis vendredi 4 septembre (2020), c’est bien Microsoft qui a gagné ! C’est en tout cas ce qu’a ré affirmé le Ministère de la Défense américain, après plusieurs mois d’examen attentif par l’organisation des conditions d’attribution initiale à Microsoft, examen motivé par une action en justice entamée par Amazon qui conteste ce choix. Cette période a été mise à profit par le Pentagon pour demander aux 2 prétendants de préciser des éléments de leurs réponses, voire même de les complèter.

Cette communication vient clore un épisode de la contestation d’AWS (l’entité d’Amazon directement concernée par cette affaire) mais ne va certainement pas en régler le fond. L’entreprise a d’ailleurs publié un communiqué dans ce sens intitulé « Pourquoi nous continuerons à protester contre cette attribution de contrat politiquement corrompue« , indiquant également que sa dernière proposition était inférieure de plusieurs dizaines de millions de dollars à celle de Microsoft (pour un deal qui pèse globalement 10 milliards de dollars). La justice américaine va donc reprendre l’examen du dossier d’AWS sur le fond, et la tension n’est pas prête de retomber.

L’informatique quantique au secours de la lutte contre le réchauffement climatique ?

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source Microsoft Research

Je ne sais pas pour vous, mais pour ce qui me concerne, les cours de chimie sont déjà loin (très loin), et lorsque j’ai à plusieurs reprises entendu mentionner le processus de capture du dioxyde de carbone comme un cas d’usage de l’informatique quantique, je n’ai jamais compris quel était le rapport….

Microsoft Research propose sur son blog un article qui aide à mieux comprendre la chose 🙂 . L’auteur, Matthias Troyer, « Distinguished Scientist », y explique comment l’informatique quantique peut contribuer à la recherche d’un catalyseur du CO2.

Selon le Journal de la Société Chimique de France : « le terme de « catalyseur » a intégré le langage commun, où il désigne un individu, un événement ou une action déterminante, orientant les énergies vers un but qui n’aurait pas pu être atteint en son absence. Cette acception capture assez bien l’intuition scientifique de base : dès la fin du XVIIIe siècle, on connaît des situations où une faible quantité de substance « étrangère » à la réaction chimique lui permet pourtant de se faire mieux, plus rapidement, dans des conditions où autrement elle resterait « bloquée ». Aujourd’hui, on apprend aux étudiants que le catalyseur agit sans modifier la thermodynamique de réaction : il en accélère par contre la cinétique en offrant un chemin réactionnel privilégié, caractérisé par une énergie d’activation plus faible. »

Concernant la catalyse du CO2, il s’agit donc d’une opération qui en présence du catalyseur, va permettre d’opérer/accélérer une interaction entre CO2 et un autre composé chimique (ici l’hydrogène), transformant ainsi le CO2 en sous-produits chimiques (Methanol et H2O dans le cadre du projet décrit par Microsoft Research). La catalyse en général, du CO2 en particulier, n’est pas une idée nouvelle, par contre la possibilité de trouver de nouveaux catalyseurs, plus efficaces, utilisables en grand volume, à des couts raisonnables et qui puissent être utilisés partout, constituerait une avancée intéressante pour tenter de faire baisser le niveau de CO2 émis sur terre. Mais toute recherche pour identifier des catalyseurs (donc des composés chimiques) avec ces caractéristiques, nécessite de tester des milliers de combinaisons moléculaires, et imposerait de disposer pour ces simulations des capacités de calcul que les ordinateurs actuels n’offrent pas, même les plus puissants… Et voilà où l’informatique quantique peut apporter des gains en termes de performance exponentiels !

Dans le billet de blog de Microsoft Research, M.Troyer évoque le travail effectué pour développer un algorithme de simulation et d’analyse d’un processus de catalyse avec du Ruthenium en tant que catalyseur. Les recherches en termes d’informatique quantique progressent aujourd’hui de façon très significative, et ainsi M.Troyer indique que par rapport à des travaux proches qu’il a réalisé il y a 3 ans, l’algorithme développé aujourd’hui est 10 000 fois plus rapide, et nécessite 10 fois moins de ressources de calcul. Pour autant, énormément de choses restent à faire dans le domaine des ordinateurs quantiques pour disposer d’outils de simulation réellement opérationnels :

En fonction des hypothèses faites sur les futurs ordinateurs quantiques, nous estimons qu’il peut falloir entre un peu plus d’une journée et plusieurs années pour effectuer ces calculs (M.Troyer)

Pour en savoir plus, voir ici sur le blog de Microsoft Research.

Où sont les licornes, décacornes ….?

Pour tous ceux qui s’intéressent à la faune, en tout cas celle de la famille des licornes (pour rappel, les start-ups dont l’évaluation dépasse le milliard de dollars), la cabinet d’analyse CB Insights a effectué un travail (de fourmi 🙂 ) pour compliler une liste de toutes les licornes. Selon CB Insight le monde compte aujourd’hui 488 licornes réparties sur tous les continents, avec sans grande surprise les USA et la Chine qui se taillent la part du lion en termes de nombre de licornes présentes sur leur sol.

De même en termes de valorisation, 9 des 10 premiers sont américains et chinois, avec sur les 2 premières marches du podium 2 chinois (ByteDance valorisée 140 milliards de dollars !!) et Didi Chuxing (domaine de l’automobile et des transports, valorisée 56 milliards). L’américain SpaceX occupe la troisième place sur le podium avec une valorisation estimée à 46 milliards de dollars.

Enfin, toujours sur la base des chiffres compilés par CB Insights, les domaines d’activités de ces licornes sont assez largement répartis :

Si vous voulez « jouer » avec la liste des start-ups compilés par CB Insight, vous pouvez la télécharger ici :

CB-Insights_Global-Unicorn-Club_2019

Première preview publique de Microsoft Defender Application Guard for Office

Microsoft vient d’annoncer la première preview publique de Defender Application Guard for Office, une capacité qui va permettre lors de l’ouverture de documents Office provenant de sources non sûres, d’utiliser de manière automatique (sans demander à l’utilisateur qui vient de double-cliquer sur une pièce jointe reçu par mail d’un correspondant extérieur à son entreprise) un « bac à sable » dédié à cette opération. Quand cette capacité est activée, un splash screen spécifique s’affiche à l’ouverture qui mentionne l’utilisation d’Application Guard. De même l’icône Word dans la barre des tâches est équipée d’un pictogramme de bouclier. L’utilisateur peut alors lire, modifier, enregistrer le document.

Application Guard for Office est un mode restreint qui isole les documents non fiables de l’accès aux ressources d’entreprise, à l’intranet, à l’identité de l’utilisateur et aux fichiers arbitraires présents sur l’ordinateur. Par conséquent, si un utilisateur tente d’accéder à une fonctionnalité qui dépend d’un tel accès, par exemple, l’insertion d’une image d’un fichier local sur le disque, il échouera. Pour permettre à un document non fiable d’accéder à des ressources fiables, les utilisateurs doivent supprimer la protection Application Guard du document. (source : https://docs.microsoft.com/en-us/microsoft-365/security/office-365-security/install-app-guard?view=o365-worldwide)

Si cette fonctionnalité vous semble intéressante, préparez vous à casser votre tirelire. En effet, Defender Application Guard for Office ne sera disponible qu’au travers des abonnements Microsoft 365 E5.

JEDI : la décision sur le mega contrat cloud du pentagon encore repoussée

Le feuilleton JEDI n’est toujours pas terminé. Après la décision du DoD en octobre 2019 de retenir l’offre de Microsoft (et uniquement celle de Microsoft, pas de partage) puis la contestation en justice par Amazon du choix de Microsoft, le Pentagon avait demandé à la justice un délai de 120 jours pour revoir les conditions d’attribution de ce mega contrat cloud pour le ministère de la défense américain. Ce délai est arrivé à échéance le 17 aout, et le Pentagon a demandé 30 jours supplémentaires pour produire ses conclusions et revoir ou pas les conditions d’attribution de tout ou partie du contrat JEDI.

La décision revue du Pentagon ne devrait donc pas être connue avant la mi septembre, le délai de grâce supplémentaire devant permettre de revoir avec les parties (Amazon et Microsoft) leurs réponses respectives, à ces dernières de les modifier éventuellement. Bref, une grosse cuisine dont le résultat va tomber à peu de temps des élections américaines, et qui compte tenu de l’ambiance autour de JEDI (Amazon accuse D.Trump d’avoir poussé au choix Microsoft, pour régler un différent personnel entre lui et J.Bezos) devrait résonner encore longtemps dans les prétoires américains.

Windows 10X pas avant le printemps 2021 ?

Capture d’écran 2020-07-20 à 18.32.31.pngNous en parlions en avril dernier, Windows 10X devrait d’abord voir le jour sur des appareils mono ecran.  Selon un nouveau billet de Mary Jo Foley, les sources de cette dernière mentionnent maintenant le printemps 2021 pour une première release de Windows 10X, sur des appareils à un seul écran, plutôt destinés aux ‘ »firstline workers » les utilisateurs en entreprise qui sont face aux clients (commerciaux, support, SAV…). Selon MJ Foley, il faudra attendre le printemps 2022 pour voir Windows 10X embarqué sur les premiers appareils à double-écrans.

Le support des applis win32 à l’intérieur de containers ne seraient pas non plus supporté pour la première release, il faudrait là aussi attendre 2022 au plus tôt.  Si les récentes déclarations d’Apple concernant son choix d’architecture ARM n’ont certainement de relations directes avec ces éléments, il reste que Microsoft est vraisemblablement en train de revoir toutes ses priorités de développement autour de Windows, histoire de ne pas se retrouver dépourvue…. Par ailleurs, toujours selon MJ Foley, Microsoft resterait engagée dans une réflexion concernant une offre de type PC as a service, avec une solution nommée Cloud PC (un pied de nez à Sun et son Network PC :)). Aucun écho de Microsoft à ce propos, mais quand on connait la tenacité de l’entreprise sur certains sujets, on peut croire à cette rumeur.

Zoom for Home : premier hardware signé Zoom

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La société de San Jose vient d’annoncer le lancement d’un produit hardware, le premier pour l’entreprise : Zoom for Home. Dans la foulée de l’envolée des usages du travail à distance en général, et des services Zoom en particulier, l’entreprise a donc décidé de mettre sur la marché un grand écran tactile sou sa propre marque, Zoom for Home – DTEN ME, créé en partenariat avec la société DTEN (partenaire historique de Zoom).

Zoom espère avec cet appareil continuer à surfer sur le travail à distance qui, selon une étude IBM à laquelle fait référence Zoom, devrait continuer à se maintenir puisque 81% des répondants souhaitent pouvoir continuer à télétravailler après la fin de la crise du COVID, au moins une partie du temps.

D’un point de vue matériel, Zoom for Home intégrera :

  • un écran 27 pouces, tactile
  • 3 caméras grand angle
  • 8 micros

Dans un premier temps, l’écran ne sera commercialisé qu’au USA, pour un prix de 599 $, et une disponibilité dès aout 2020.

Les patrons de la tech US à la fête en 2019

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Forbes vient de publier le classement des rémunérations des patrons américains pour 2019, avec à sa tête Elon Musk le patron de Tesla qui au titre de Tesla s’est assuré la première place sur le podium avec près de 600 (six cents) millions de dollars de rémunération. Cette somme colossale est la conséquence directe d’un plan de stock options « à cliquets », basé sur des indicateurs de progression de Tesla (CA et performances de l’action), qui ont donc permis à E.Musk d’atteindre le premier seuil visé et donc de déclencher le premier versement du plan de stock options. Ce sont un peu plus de 20 millions d’actions Tesla qui lui ont été alloué en 2018, à un prix fixé d’avance, 350.02 $, qu’Elon Musk peut le moment venu (si les conditions sont atteintes) décider d’acquérir ou de réaliser la plus value par rapport au cours du moment – au 13 juillet, l’action Tesla se situe aux alentours de 1700 $ . Si la somme peut paraitre quasi indécente (surtout en cette période de licenciements massifs aux USA), sur le principe on doit constater le rôle de locomotive (électrique bien sûr :)) d’Elon Musk pour atteindre les objectifs fixés, aussi bien concernant les choix stratégiques, techniques, opérationnels ou de communication.

Les GAFAM sont plutôt bien représentés dans ce Top10, avec Apple, Google et Microsoft. En seconde place, derrière E.Musk,  Tim Cook, patron d’Apple, fait pâle figure avec « seulement » 133 millions de dollars ! Cette rémunération est directement alignée avec la performance de l’action Apple, puisque elle essentiellement composée d’un plan d’actions accordé à T.Cook en 2011. Ce dernier caracole donc à plus de 54% devant S.Pichai (patron d’Alphabet, holding de Google) et à plus 73% devant S.Nadella de Microsoft, merci aux actions Alphabet et Microsoft. Ce que les marchés ont sûrement particulièrement apprécié en T.Cook, c’est son respect des règles fiscales internationales qui lui aura permis de bénéficier des meilleurs schémas pour diminuer autant que possible l’impôt sur les bénéfices de son entreprise.  ggggrrrr….

Plus surprenant, la position de Robert Swan, CEO d’Intel, qui approche les 100 millions de dollars de rémunération, cumulant des plans d’attribution d’actions et de stock options. L’année 2019 pour Intel s’est soldée par un CA certes record de 72 milliards de dollars, mais en croissance de seulement 2% par rapport à l’année précédente. De plus les perspectives pour la suite, ne sont pas du meilleur cru, et le dernier virage d’Apple vers ARM, ne va certainement pas arranger les choses. Mais bon, y a pas de mal à se faire plaisir !  En tout cas une chose est sûre, au vue des performances boursières, les marchés financiers sont tout à fait favorables aux « optimisations fiscales » réalisées par ces grands groupes et leurs patrons. Et la décision de la Cour Européenne de Justice de Luxembourg, hier 15 juillet, ne va certainement pas les faire changer d’avis 😦

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