Archives d’Auteur : Patrick Barriere

Microsoft en pole position pour le rachat de Discord

Selon les dernières informations, Microsoft tiendrait la corde pour racheter l’entreprise américaine Discord, pour la somme rondelette de 10 milliards de dollars. D’autres acteurs semblent aussi intéressés par Discord, dont Epic Games ou Amazon.

Créée en 2015, Discord permet à ses utilisateurs de se retrouver dans des salons, au sein de serveurs, pour échanger (chat texte ou vocal, images, écoute de musique partagée …) avec leurs communautés invitées sur ces espaces. Si le public des joueurs (pour permettre des échanges en parallèle des parties engagées) était au départ privilégié, les 12 derniers mois ont boosté la pénétration de Discord dans de nombreux autres secteurs dont celui de l’éducation. De nombreux enseignants s’en sont emparés pour organiser leur classe virtuelle depuis le début de la pandémie de COVID-19. Discord compterait aujourd’hui près de 7 millions de serveurs, 300 millions de comptes créés et plus de 140 millions d’utilisateurs par mois.

Que recherche Microsoft dans cette acquisition, pour la somme de 10 milliards (alors que le CA estimé sur 2020 serait de l’ordre de 130 millions de dollars) ? Une technologie ? Une image auprès d’un public jeune ? Une solution pour des secteurs spécifiques (gamers, éducation) qui viendrait compléter son offre actuelle (Xbox, Minecraft par ex) ? Une solution de réseau social grand public (après son « échec » avec TikTok) ? L’interrogation reste pour le moment sans réponse ferme.

Microsoft avait acquis Skype en 2011 pour le montant de 8,5 milliards de $, une solution de communication à succès et qui était déjà à l’époque, avant l’arrivée de Discord, la place d’échanges entre gamers. Dix ans plus tard, Skype a largement perdu de son lustre, d’une part à cause de la montée en puissance de solutions de messagerie instantanée plus « modernes » telles WhatsApp, Facebook Messenger ou plus récemment TikTok ou Clubhouse (ou encore plus récemment Rec Room, la nouvelle licorne de Seattle), et d’autre part parce que les utilisateurs qui appréciaient Skype, ont moins apprécié la prise de contrôle par Microsoft et la perte d’indépendance de Skype. Que se passerait-il si Microsoft parvenait à acquérir Discord ? Les utilisateurs actuels ne seraient ils pas tentés d’aller voir ailleurs ? Par ailleurs, en termes de technologies de communication « modernes », Microsoft dispose déjà de plusieurs cordes à son arc : Skype Entreprise (fin de vie), Teams, Skype. Comment viendrait s’insérer Discord dans ce portefeuille déjà bien (trop?) rempli ?

Pour en savoir plus, il faudra attendre le dénouement de l’affaire, savoir si Discord est effectivement en vente, et quel sera l’acheteur définitif. La réponse sous peu.

Liens raccourcis avec Microsoft Forms

Microsoft déploie actuellement la capacité de réduire les URL des questionnaires créés avec Microsoft Forms.

Pour obtenir un lien court (par ex : forms.office.com/r/AVDVnve86) au lieu du lien généré par défaut (par ex : forms.office.com/Pages/ResponsePage.aspx?id=Fv2-JxVqmky8RlgMmxOltgApo4HmjlNnB-hjiWfkRpUMldPWFdQNDdWkZINTIwNjUyMDJaTzhPUCQlQCN0PWcu), il suffit de cliquer sur la case Réduire l’URL dans les paramètres du formulaire créé.

Pas de révolution avec cette capacité, mais le lien court offre une simplicité de partage évidente 🙂 . Avis aux afficionados de Forms, d’autant plus que cette (micro) application ne bénéficie que rarement de l’attention des développeurs Microsoft, et que sa roadmap n’affiche que de rares évolutions….

Edition 2021 du Quadrant MAgique de Gartner sur les services IA hébergés

Gartner vient de publier son Magic Quadrant sur les « Cloud AI Developer Services ». Sous ce terme, Gartner rassemble les services proposés dans le cloud ou dans des containers, sous forme d’API, de SDK ou d’applications, pour tirer parti de modèles d’Intelligence Artificielle sans nécessairement disposer de l’expertise pointue de data scientists. Parmi ces services, on trouve du traitement du langage naturel, de l’image et de la vidéo, grâce à des modèles de Machine Learning. Le caractère « prêt à l’emploi » de ces services ouvrent aux entreprises qui ne disposent pas des compétences de base pointues en matière d’IA la possibilité de pouvoir développer des solutions sur ces bases.

Dans le carré des leaders on retrouve, sans surprise, Microsoft, Google, IBM et AWS. Ces 4 acteurs sont aujourd’hui à la pointe en matière de plateforme cloud publique et d’IA, offrant des gammes de services adaptées à tous les niveaux de compétences ML. IBM, Microsoft et AWS sont avant tout des acteurs du monde de l’entreprise, et ils capitalisent sur leurs positions sur ce marché pour pousser les investissements en matière d’IA. Google a fait depuis plusieurs années une priorité du marché des entreprises avec le développement de Google Cloud Platform, mais reste un challenger vis à vis des 3 autres. Pour autant dans le domaine de l’IA Google fait clairement parti des leaders, ayant massivement investi depuis plus de 20 ans sur ce domaine, s’appuyant largement sur l’Open Source, et avec des références de pointues en la matière telles que TensorFlow (framework de ML) ou BERT (algorithme de traitement du langage naturel).

A noter que ce Magic Quadrant reflète les positions de fournisseurs de solutions IA dans le cloud public, il n’intègre pas d’autres acteurs spécialisés dans l’IA (ex : OpenAI).

Suivi des modifications avec Excel pour le web

Microsoft a présenté une fonctionnalité qui intéressera sûrement tous ceux qui travaillent sur des fichiers Excel partagés, et attendaient depuis très longtemps un moyen efficace de suivre les modifications apportées. Nommée « Show Change« , la nouvelle fonction permettra de rendre apparent toutes les modifications apportées à un tableau Excel, commentaires, formats, contenus, calcul …au cours des 60 derniers jours, et quelques soit l’appareil sur lequel ces modifications auront été apportées (desktop, smartphone, tablettes, web).

Cette fonctionnalité sera accessible au travers du ruban Révision, ou via un clic droit sur un groupe de cellules. Pour être utilisable, les fichiers Excel doivent être stockés sur OneDrive ou SharePoint, ce qui n’a rien de surprenant pour des fichiers partagées dans le monde Microsoft 🙂

Show Change sera déployé pour les insiders d’Excel pour le web (Targeted Release).

Microsoft Teams : indiquer ses heures d' »absence » du bureau

Avec la généralisation du recours au télétravail, la frontière entre temps de travail et temps personnel est de plus en plus floue. Le recours à des outils comme Teams, qui fonctionne sur nos desktops, smartphones et tablettes, donc en permanence sur un appareil à portée de main, tend à faire disparaître cette frontière encore plus.

Pour aider à lui redonner un peu de consistance, la roadmap Microsoft 365 indique qu’une fonctionnalité devrait être déployée en mars, qui permettra à chaque utilisateur de définir ses heures de « présence » au bureau. En dehors de ces heures, son indicateur de disponibilité sera automatiquement mis à jour en « Absent du bureau ». De plus le calendrier Outlook et le message automatique d’absence de bureau seront également mis à jour, permettant l’envoi automatique de messages d’absence (si activé).

La fonctionnalité devrait être accessible sur les version préliminaires publiques de Teams web et desktop courant mars 2021, à partir de la photo de l’utilisateur en haut à droite de la fenêtre Teams et l’option Schedule Out of Office (traduction en français à venir).

Changement de cadence des mises à jour Chromium : Microsoft s’adapte

Google a annoncé le 4 mars dernier, que désormais le rythme de sortie des mises à jour de la souche open source Chromium du navigateur Internet aurait lieu toutes les 4 semaines et plus toutes les 6 semaines, et ce à partir de Chrome 94 au troisième trimestre 2021.

Huit jours plus tard, Microsoft a donc annoncé sa stratégie pour s’adapter à ce nouveau rythme pour les mises à jour de sa propre déclinaison : Chromium Edge. Dans un billet du blog Microsoft Edge, l’équipe écrit donc tout le bien qu’elle pense de ce passage de 6 à 4 semaines entre 2 mises à jour, pour accélérer la cadence d’innovation et « pour aider à fournir cette innovation à nos clients encore plus rapidement ».

Microsoft mentionne néanmoins les clients entreprises, confrontés à des environnements complexes et pour lesquels ce nouveau rythme pourrait nuire à la qualité des tests et planification nécessaires pour de telles mises à jour. Microsoft annonce donc qu’à partir de la sortie d’Edge 94 (soit le 23 septembre 2021 pour l’option Stable, voir ici le calendrier de sortie de Microsoft Edge), une nouvelle option de déploiement d’Edge, nommé Extended Stable, sera proposée en plus des options actuellement offertes (Canary, Dev, Beta et Stable), alignée avec un rythme de 8 semaines entre 2 mises à jour Chromium Edge. Pour les entreprises qui choisiront cette option, Microsoft offrira des mises à jour intermédiaires, avec les correctifs de sécurité les plus importants. Les entreprises ne faisant pas ce choix recevront les mises à jour toutes les 4 semaines.

Disponibilité de l’application Whiteboard pour Teams

Microsoft a annoncé la semaine dernière la preview de l’app Whiteboard pour Android et la disponibilité de Whiteboard pour Teams.

Source : Microsoft

Il est donc possible d’associer un tableau blanc à un canal ou une équipe Teams pour permettre aux participants de contribuer très simplement en mode libre sur ce tableau blanc, à partir de différents appareils (PC, Mac, tablettes et smartphones, avec ou sans stylet). Une fois le tableau crée, il est possible d’y accéder depuis les environnements Teams ou depuis les applis Whiteboard de ces différents appareils.

Selon la roadmap Microsoft 365, d’autres fonctions additionnelles devraient arriver sous peu dans Whiteboard, telles que de nouveaux types d’infos ajoutables sur un tableau blanc, comme des diagrammes ou des formes (feature ID 66757), ou l’ouverture vers des utilisateurs externes à des tableaux blancs dans des réunions Teams (feature ID 66759).

Progression du multicloud et resserement en tête de classement

source : Flexera.com

Flexera, entreprise américaine spécialisée dans les logiciels de gestion IT, vient de publier les résultats de son enquête annuel dans un rapport intitulé « 2021 State of the Cloud« , qui fourmille de données sur l’état d’adoption du cloud, public et privé, dans les entreprises. L’édition 2021 permet de mesurer l’impact du COVID-19, et sans surprise celui-ci a favorisé le recours croissant au cloud, avec plus de worloads et de données basculés dans un cloud :

source : Flexera.com

Le rapport mesure également l’adoption du cloud public par plateforme, et permet de voir que si AWS conserve toujours sa position de leader, la compétition derrière se resserre avec Microsoft Azure qui talonne de plus en plus AWS et Google Cloud Platform qui se rapproche du duo de tête :

Source : Flexera.com

Cette enquête a été réalisée en octobre et novembre 2020 auprès de 750 professionnels IT :

  • 50% appartenant à des entreprises de plus de 5000 p, 35% entre 1 et 5000 et 15% moins de 1000
  • 65% en Amérique du Nord, 21% en Europe et 12% en Asie-Pacifique
  • 48% dans des rôles IT/Op, 33% Architectes cloud, 11% Dev et 8% Business.

Microsoft Teams : bientôt la possibilité de limiter le débit lors d’appels vidéos

Depuis 12 mois, l’explosion du travail à distance a boosté les usages de la vidéo, mais a également montré que ces usages nécessitent une bande passante plus importante, et que les impacts se font sentir aussi bien du côté des utilisateurs, que de la connexion au réseau des entreprises. Et c’est bien là que le bât blesse, nous ne sommes pas tous égaux devant la qualité de notre accès Internet.

Dans sa roadmap Microsoft 365, Microsoft présente la prochaine arrivée d’un nouveau mode « données faibles » qui permettra aux utilisateurs de limiter la quantité de données utilisées lors des appels vidéo Teams et d’établir différents paramètres en fonction de la disponibilité du réseau.

Cette fonctionnalité devrait être déployée dans le courant du mois de mars 2021. Elle fait partie des 174 fonctions actuellement en cours de développement pour Teams, selon la roadmap Microsoft 365 !

2021 : La fête aux Big Tech ?

Nous en parlions ici, l’administration du Président Biden vient de s’adjoindre les services d’un conseiller spécial pour la technologie et la politique de la concurrence, conseiller connu pour ses positions anti géants de la technologie. Mais il semblerait que cette même administration soit également en train de pousser pour qu’une jeune juriste de 32 ans, Lina Khan, soit nommée à la Federal Trade Commission (FTC), service fédéral qui va jouer un rôle crucial dans les prochains mois pour définir et orchestrer la gouvernance de la nouvelle administration américaine sur les questions de protection de la concurrence et des consommateurs.

Malgré sa jeunesse, Lina Khan n’est pas une inconnue dans le domaine des lois antitrust. Elle s’est fait connaître, encore étudiante à l’université de droit de Yale, en faisant paraitre en 2017 un article intitulé Amazon’s Antitrust Paradox, qui eut un retentissement important. Elle défendait le point de vue selon lequel les pratiques de la législation anti trust américaine basées essentiellement sur les prix, c’est à dire s’assurer qu’un acteur ne soit pas en mesure d’augmenter indûment ses tarifs au seul fait qu’il contrôle un marché, n’étaient pas adaptés au contexte actuel, en particulier pour les plateformes en ligne. Pour Lina Khan, ce n’est pas seulement le contrôle des prix par un acteur qui témoigne d’un monopole, mais plus largement les dommages qu’il peut provoquer à ses clients ou ses compétiteurs pour acquérir ou conserver son monopole. Selon L.Khan, 2 éléments spécifiques au contexte des grands acteurs du numérique expliquent la nécessité de changer le point de vue :

  • Le marché dans lequel évolue ces acteurs préfère la croissance aux profits, créant ainsi un contexte favorable à des pratiques de prix prédateurs pour éliminer toute forme de concurrence. Les services ainsi tarifés servent alors de prix d’appel et entrainent les consommateurs vers d’autres services, sans ou avec moins de concurrence, sur lesquels la tarification est cette fois-ci très rémunératrice.
  • Les positions acquises sur le marché rendent incontournables ces grandes plateformes, même pour leurs concurrents. Il ne leur reste plus qu’à capitaliser sur la grande intégration de leurs différentes activités pour partager des informations acquises sur un client de leurs services, pour les affaiblir en tant que concurrent potentiel ou avéré sur un autre.

Si l’auteur prenait le cas d’Amazon pour illustrer son propos, elle précisait toutefois dans son article que toutes les plateformes en ligne dominantes étaient concernées. Facebook va certainement sentir la menace puisque la FTC est à la tête de l’action entamée conjointement fin 2020 avec plus de 40 états américains pour pratiques anti-concurrentielles de l’entreprise de Menlo Park. L’arrivée (non encore avérée) de Lina Khan ne vas pas simplifier le problème de Facebook…

On savait que Jeff Bezos n’était pas l’ami de D.Trump, mais est-il / restera t’il celui de J.Biden ?

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