Les brevets Nortel (suite)
Nous en parlions dans ce blog la semaine dernière, une bonne partie du portefeuille riche de brevets de feu Nortel a été acquis la semaine dernière par un groupement de sociétés (RIM, Sony, Ericsson, EMC, Apple et Microsoft), qui pourrait se surnommer TSG (Tout Sauf Google). Ce dernier point n’a, semble t’il, pas échappé à la sagacité des autorités anti trust américaines, qui ont décidé d’y regarder de plus près, pour voir si Google n’aurait pas été victime de pratiques anti concurrentielles pour l’empêcher d’accéder aussi à ces brevets, et ainsi fragiliser ses positions autour d’Android.
Les brevets logiciels et leur système d’attribution aux US animent depuis plusieurs années de grands débats, puisqu’ils sont considérés par certains comme des outils pour verrouiller des marchés et bloquer la compétition. Il s’agit en tout cas, au minimum, de moyens d’échanges dans les batailles que se livrent les grands du monde high tech, où l’argent et les brevets sont souvent les clés de la victoire. Les brevets donnent parfois lieu à une valorisation inattendue : celle par exemple de Microsoft vis-à-vis des constructeurs de SmartPhone sur Android (exemple : HTC ou Samsung). Google s’est longtemps et volontairement tenu à l’écart du système, le combattant quand même parfois (en joignant ses forces et ses arguments à ceux de RedHat), avec comme conséquence une position faible, ou perçue comme telle par de nombreux analystes, en particulier autour d’Android. Néanmoins cette position en retrait ne suffit plus à maintenir le rapport de force, et Google se lance elle aussi dans l’acquisition et la production de brevets.