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Bard, le concurrent à ChatGPT de Google pas sera disponible dans l’UE en raison de problèmes potentiels liés au RGPD…

Décidément la réponse de Google à OpenAI et à Microsoft n’est pas simple à mettre en place. Après une présentation (en France) précipité et chaotique. Puis des annonces de la semaine dernière qui indique que le produit ne sera dans un premier temps que disponible en Anglais, en Coréen et Japonais… (il n’y a pas de traduction automatique chez Google ? Les équipes de Google Translate sont en vacances ?)

On apprend que Google a déployé Bard dans plus de 180 pays à travers le monde, mais a oublié une région géopolitique : l’Union européenne (UE).

Sans reconnaître clairement son absence de l’UE, Google affirme qu’il « s’étendra à d’autres pays et territoires d’une manière compatible avec les réglementations locales » sur la même page d’assistance. ll est facile d’associer cette décision aux réglementations strictes concernant la vie privée des utilisateurs dans l’UE, en particulier le Règlement général sur la protection des données ou RGPD. Google veut être prudent au lieu de s’exposer à une nouvelle pénalité de plusieurs millions de dollars dans la région. Outre les pays de l’UE, Google fera également patienter les utilisateurs du Canada avant qu’ils ne puissent essayer Bard. En revanche ce ne sera pas le cas visiblement de l’Angleterre qui dispose de sa propre version du GDPR qui a été créée après le Brexit, ou encore de la Californie (cela aurait tout de même été très surprenant) qui dispose de son propre ensemble de lois sur la protection de la vie privée dans le cadre du California Consumer Privacy Act (CCPA).

Outre la protection de la vie privée, les outils d’IA générative comme ChatGPT et Bard ont également suscité des inquiétudes concernant la réutilisation non autorisée de la propriété intellectuelle. En réponse, l’UE a commencé à travailler sur de nouvelles règles pour pénaliser les violations du droit d’auteur dues à l’utilisation de l’IA, comme le soulignait Reuters.

Nous reviendrons sur ces éléments lors d’une session consacrée aux IA génératives et leurs applications en entreprise, au Briefing Calipia de juin. Inscrivez-vous !

Les principales annonces (selon nous) de Google d’hier soir…

Hier avait lieu à Mountain View (au siège de Google) la session d’ouverture de la Google IO, l’occasion pour l’entreprise d’annoncer pas mal de choses très interessantes comme des mises à jour majeures de sa gamme Pixel (Smartphone et Tablette) et les dernières avancées en matière d’IA. Voici selon nous, les informations les plus importantes qui sont ressorties de la keynote.

On commence par les mobiles

L’entreprise a lancé trois nouveaux produits : le Pixel Fold, la Pixel Tablet et le Pixel 7A. Le Pixel Fold marque la première entrée de Google sur la scène des appareils pliables, avec un écran extérieur OLED de 5,8 pouces qui se déploie pour révéler un écran plus grand de 7,6 pouces (OLED avec un taux de rafraîchissement de 120 Hz) pas d’emballement, très bizarrement, Il ne sera vendu en France… mais en Allemagne (1900 €) et chez les anglais…

Annoncée déjà il y a presque un an, la nouvelle tablette Pixel de 11 pouces, fonctionne à la fois comme une tablette classique et comme un écran intelligent grâce à la station d’accueil magnétique incluse qui fait également office de haut-parleur, pas bête. L’appareil est équipé de la puce Tensor G2 de Google le tout à moins de 700 €, le prix est sans doute pas mauvais du tout sur ce segment. Cela signifie-t-il le retour de versions plus adaptées d’Android dans le monde des tablettes ? Pas si sur, alors que le marché n’est pas au mieux en ce moment. A suivre mais disons que le combat interne chez Google entre des tablettes sous Android ou des convertibles sous Chrome OS avait jusqu’à présent été gagné par le second…

Google a mis à jour sa gamme de milieu de gamme de la série A avec l’ajout du Pixel 7A. l’appareil est équipé aussi de la puce Tensor G2 , ainsi que d’un écran OLED 1080p de 6,1 pouces pouvant fonctionner jusqu’à 90 Hz. La version de base du téléphone coûte 500 €. Un tarif assez agressif donc, qui comme d’habitude devrait largement baisser avec es promos d’ici 2 à 3 mois.

Le coeur du réacteur nucléaire de Google : la Recherche

Il fallait que Google réagisse rapidement aux avancées de Microsoft / OpenAI. Les premiers éléments de réponses avait été jugés décevant par les analystes. Le géant de la recherche a tenté ici de montrer qu’il en avait largement sous le pied.

On commence par la version actualisée du grand modèle linguistique (LLM) de Google appelé PaLM 2, que Google a annoncée lors de la conférence I/O. Le nouveau modèle alimente déjà 25 services Google, dont le chatbot Bard, et apporte des améliorations en matière de raisonnement, y compris de codage et bien sur la traduction. À propos de Bard, Google a annoncé que son chatbot alimenté par l’IA était désormais accessible à tous, que vous ayez été ou non sur la liste d’attente. L’entreprise ajoute également une série de nouvelles fonctionnalités, telles que la prise en charge des langues japonaise et coréenne , mais toujours pas le français !

Google Search bénéficie d’une mise à jour majeure sous la forme d’une fonctionnalité appelée « AI snapshots« . Ceci permet de voir des réponses alimentées par l’IA tout en haut des résultats de recherche pour certaines requêtes, ce qui peut fournir plus de contexte à votre recherche. Vous pouvez ensuite préciser les informations contenues dans l’instantané en posant des questions complémentaires (en mode conversationnel donc), l’idée ici est d’avoir quelque chose de plus intégré que ce qui se fait avec Bing de Microsoft… mais aussi plus intégré avec la publicité !

Google à aussi présenté une nouvelle recherche visuelle (qui existe déjà depuis de nombreuses années mais ici à plus performante, permettant justement de vérifier quand l’image est apparue sur le net et si elle a été générée par une… IA. Google prévoit d’ajouter d’autres fonctionnalités à l’avenir, notamment la génération d’images par IA qui utilise le générateur d’images par IA d’Adobe (Firefly), ainsi que des intégrations avec des services tiers tels qu’OpenTable. Là encore on l’imagine avec des liens de partenariats (rémunéré).

De l’IA pour Android

Google a annoncé qu’il mettait également en place de nouvelles fonctionnalités basées sur l’IA pour Android dont la fonction « Magic Compose », intégrée à l’application Messages qui permettra de répondre à des textes en utilisant des réponses suggérées par l’IA. Comme c’est le cas pour gmail ou les suggestions dans Teams de Microsoft par exemple.

Plus futile, on disposer aussi d’une fonction qui permettra d’utiliser l’IA pour créer votre propre fond d’écran. Au lieu de choisir parmi un ensemble d’options prédéfinies, il sera possible décrire une image, que votre appareil génèrera ensuite à l’aide du modèle génératif d’images de Google. Google lancera le mois prochain une fonctionnalité exclusive aux Pixel qui vous permettra de personnaliser l’appareil avec un nouveau « fond d’écran cinématique » qui ajoutera de la profondeur à l’une de vos photos existantes comme ce que l’on retrouve sur les iPhones depuis iOS16.

Wear OS 4 pointe le bout de son nez

Google se prépare déjà à Wear OS 4. Google a annoncé que la mise à jour de l’OS offrira une meilleure autonomie de la batterie, un moyen pour les utilisateurs de sauvegarder et de restaurer leurs montres, ainsi que de nouvelles fonctions d’accessibilité. Il sera aussi possible de contrôler les médias et de voir des aperçus animés des notifications de l’appareil photo, à partir de votre montre. Wear OS 4 sera disponible dans le courant de l’année sans plus de précision.

Google Photos innove encore

Google Photos se dote d’une toute nouvelle fonction d’édition pilotée par l’IA qui permet d’apporter des modifications importantes à une photo, comme l’amélioration du ciel, le déplacement d’une personne ou d’un objet à l’intérieur de la photo (bluffant sur la démo), ou la suppression de personnes (un peu comme dans la dernière version de Photoshop). Elle sera disponible pour les utilisateurs de Pixel dans le courant de l’année. On voit de plus en plus des fonctions réservés dans un premier temps (uniquement ?) aux utilisateurs des smartphones de l’entreprise…

En réponse aux « Copilot » de Microsoft

Google a également annoncé un nouveau nom pour la suite d’outils d’IA qu’elle apporte à Docs, Sheets, Slides, Meet et Gmail : se sera « Duet AI ». On retrouve ici des fonctions pour aider à composer un e-mail de réponse, de générer des images à partir d’un texte dans Slides, etc. En gros c’est la réponse du berger à la bergère (Microsoft) sur les nombreuses fonctions « Copilot » que ce dernier est en train d’introduire dans la suite M365. Elles ne sont pas disponibles aujourd’hui, il faut s’inscrire en liste d’attente…

Google a annoncé également son concurrent à GitHub Copilot : Studio Bot, un assistant construit sur les grands modèles de langage et spécialisé dans la création d’apps. Il viendra se placer directement dans la barre latérale de l’environnement Android Studio pour donner des conseils, mais aussi proposer du code. Pas beaucoup plus d’information pour l’instant et visiblement un outil pas encore finalisé comme peu l’être son concurrent de Microsoft qui est réellement bluffant, nous avons déjà eu l’occasion d’en parler.

Voici pour cette liste de nouveautés, marquantes à notre avis, liste non exhaustive. Nous aurons l’occasion de revenir sur tout ceci en comparant avec les fonctions que proposera également la concurrence (dont Microsoft) lors du prochain Briefing Calipia.

Google fusionne ses deux champions d’IA… dans l’espoir de contrer plus efficacement l’alliance Microsoft – OpenIA

C’est peu de dire que Google prend la menace OpenIA et l’alliance de ce dernier avec Microsoft au sérieux. Ceci pourrait à terme menacer la suprématie de son moteur de recherche et donc de ses revenus (qui sont essentiellement publicitaires, est-il besoin de le rappeler). Toucher au moteur publicitaire, c’est clairement « toucher au grisbi »! De plus, et nous l’avons vu récemment, Google se trouve de plus dans l’incapacité à enthousiasmer le monde avec ses produits d’IA il est loin le temps ou le monde s’enthousiasmait de DeepMind et ses exploits au jeu de Go…

Afin de concentrer ses effort, les deux grandes équipes d’IA d’Alphabet, la société indépendante DeepMind et la division d’IA « Google Brain », fusionnent pour former « Google DeepMind ». Google et DeepMind ont tous deux publié des articles de blog. Sundar Pichai, PDG de Google, explique que la fusion des deux unités « nous aidera à construire des systèmes plus performants, de manière plus sûre et plus responsable« .

Pour rappel, DeepMind n’était pas issu de Google à l’origine, c’était un laboratoire de recherche en IA britannique que Google a racheté en 2014. Depuis lors, il vit comme une société Alphabet indépendante, distincte de Google, avec son PDG Demis Hassabis. De son coté la division Google Brain était dirigée par Jeff Dean. Ce groupe a apporter des améliorations progressives aux produits Google existants. Ironie de l’histoire, l’équipe Brain a inventé et mis en libre accès l’architecture de réseau neuronal « Transformer » qui a conduit aux chatbots dont ChatGPT… (Le « GPT » dans « ChatGPT » signifie « Generative Pre-trained Transformer »), le produit qui fait trembler le géant de Mountain View…

Le dirigeant de DeepMind, Hassabis, sera désormais PDG du nouveau Google DeepMind, et Dean, le dirigeant de la division IA de Google, obtiendra le titre de « scientifique en chef » chez Google DeepMind. La cohabitation des deux hommes risque d’être néanmoins assez compliqué, un rapport de mars de The Information indique que, dans le sillage de l’alerte interne sur ChatGPT, l’équipe Google Brain et DeepMind ont été obligées de « mettre de côté les rancœurs » accumulées pendant « des années de rivalité intense » et de travailler ensemble. Le rapport indique que les deux groupes « ont rarement collaboré ou partagé du code informatique l’un avec l’autre », mais qu’ils construiraient désormais ensemble « Gemini », un projet récemment lancé qui représente une deuxième tentative de concurrencer ChatGPT, après Google Bard. The Information a décrit ce projet unique comme un « mariage forcé ».

Que retenir en synthèse de la conférence Microsoft « Futur of Work with AI » d’hier ?

Elle était attendue, nous vous en parlions hier sur le blog autour des avancées en matière d’IA dans Linkedin. Nous n’avons pas été déçu, tant ces nouveautés annoncées sont enthousiasmantes, avec peut-être néanmoins quelques bémols, nous y reviendrons.

Microsoft a donc annoncé sans surprise ses nouvelles fonctions d’intelligence artificielle pour les applications Microsoft 365, avec de nombreuses démonstrations assez bluffantes. Ses fonctions présentées logiquement sous l’appellation « Copilot » sont basées sur GPT-4 d’OpenAI, cette nouvelle capacité sera placé à côté des applications Microsoft 365 comme un assistant, apparaissant dans la barre latérale comme un chatbot qui permettra aux utilisateurs de l’appeler pour générer du texte dans les documents, créer des présentations PowerPoint basées sur des documents Word, aider dans l’animation d’une réunion Teams ou même aider à utiliser des fonctionnalités telles que les tableaux croisés dynamiques dans Excel. La promesse énoncée par Microsoft est ambitieuse : « offrir une nouvelle façon de travailler »… tout simplement.

Amusant, l’annonce de Microsoft intervient quelques jours seulement après que Google a annoncé des fonctionnalités d’IA similaires pour Google Workspace, notamment la génération de texte assistée par l’IA dans Gmail, Docs, etc. Cette annonce de Google n’a visiblement pas enthousiasmé les foules avec aucune démo probante et surtout très peu de détail sur les technologies utilisées. Où est passé Bart ?

Regardons concrètement ce que propose Microsoft :

Copilot avec Word

Il pourra être utilisé dans Word pour rédiger des documents à partir d’autres fichiers. Le texte généré par l’IA sera ensuite être librement édité et adapté. Copilot étant essentiellement un chatbot, vous pourrez même lui demander de créer une présentation PowerPoint de 10 diapositives à partir d’un document Word lui même généré à partir de données externes…

Une petite vidéo de résumé :

Copilot avec Excel

C’est encore plus impressionnant dans Excel. Les utilisateurs peuvent utiliser Copilot pour créer instantanément une analyse SWOT ou un tableau croisé dynamique à partir de données. Là encore en langage naturel.

La vidéo de résumé :

Copilot avec Teams

Avant la réunion, Copilot pourra fournir des informations sur une réunion Microsoft Teams à venir, préparer les gens avec des mises à jour sur les projets connexes, les changements tels que des embauches récentes, et même des mises à jour sur les collègues qui pourraient être rentrés de vacances.

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Google et Amazon : des progrès en Informatique Quantique

La correction des erreurs est l’un des principaux obstacles auxquels se heurtent les ordinateurs quantiques : Il est déjà nous le savons extrêmement complexe de construire des Qbits stables au delà des 100 ms de fonction, mais c’est encore plus complexe de s’assurer que le processus de calcul donne des résultats réellement fiables. Il n’y a pas si longtemps, Microsoft avait déclaré qu’il faudrait connecter environ 1 000 qbits pour produire un « qbit logique » fiable…

Dans un article de recherche publié la semaine dernière dans la prestigieuse revue Nature, les chercheurs de Google affirment avoir mis au point des procédures de correction d’erreurs quantiques pouvant utiliser 17 qubits pour corriger une erreur, ou 49 qbits pour corriger deux erreurs simultanées.

C’est Sundar Pichai, le PDG de Google et d’Alphabet, qui a pris la plume lui même dans déclare dans un billet de blog pour s’enthousiasmer sur cette réalisation qui est « un grand pas en avant ». Mais pour ramener le taux d’erreur à un niveau acceptable, il faudra faire encore beaucoup plus d’après Hartmut Neven (qui dirige le laboratoire d’intelligence artificielle quantique de Google.

Plus d’explications ici :

De son coté, en fin de semaine dernière Amazon Web Services à introduit une plateforme logicielle open-source appelée Palace (qui signifie Parallel, Large-Scale Computational Electromagnetics) qui peut effectuer des simulations en 3D de modèles électromagnétiques complexes et permettre la conception de matériel informatique quantique. Le code est disponible via GitHub et peut être utilisé conjointement avec AWS ParallelCluster.

AWS a utilisé Palace en interne pour le développement de son matériel quantique. L’outil logiciel simule les caractéristiques électromagnétiques des circuits, en particulier le type de circuits supraconducteurs utilisés dans les dispositifs quantiques. L’ajustement du modèle peut montrer aux développeurs de matériel comment optimiser leurs conceptions en termes de fiabilité et d’efficacité. Bien que Palace soit fait à la base pour l’informatique quantique, l’outil peut également être utilisé pour optimiser les dispositifs électromagnétiques classiques.

Ce sont sans doute ce qui peut apparaitre comme de petits pas qui construiront l’Informatique Quantique de demain… ou d’après demain.

ChatGPT ne remplacera pas le moteur de recherche… enfin pas tout de suite

A l’annonce du partenariat de Microsoft avec OpenAI et l’intégration de la technologie prometteuse ChatGPT dans Bing, les dirigeants de Google ont pris peur. Ils ont précipité des annonces pour présenter leurs technologies maison dont le concurrent directe à ChatGPT : « Bart » pour essayer de rassurer tout le monde, un peu je trouve, sur le ton de cette fameuse publicité (du siècle dernier !) :

« Reviens Léon j’ai les mêmes à la maison ».

On connait la suite, les démonstrations peu ambitieuses et globalement ratées, ont eu l’effet inverse en amplifiant les craintes pour le moteur de recherche et en questionnant la capacité d’exécution de Google sur ce secteur de l’IA qui concentre pourtant l’essentiel de sa R&D. Sans surprise, les actionnaires ont réagi négativement et le cours de l’action à suivi. Toucher au moteur de recherche, le coeur historique de l’activité de Google c’est un peu comme toucher à Windows pour Microsoft fin des années 90, le coeur du réacteur. Alors oui on comprend pourquoi la panique s’est emparée de la direction de la firme de Mountain View.

Et pourtant, si cela peu rassurer Google, nous sommes encore très loin, à mon avis, d’avoir chez Microsoft avec Bing+ChatGPT une véritable alternative capable de « disrupter » le marché de la recherche web, et ceci pour plusieurs raisons :

Si Yusuf Mehdi, le vice-président de Microsoft et directeur du marketing grand public, déclarait le mardi 7 février, en présentant les nouvelles versions du moteur de recherche Bing et du navigateur Edge dotées d’une intelligence artificielle : « Nous le considérons, humblement, comme la prochaine génération de recherche et de navigation « , des déclarations contradictoires sont rapidement arrivées coté développeurs chez Microsoft lui même. Dans un billet non signé mercredi soir, l’équipe Bing de Microsoft a déclaré que la technologie n’était « pas un remplacement ou un substitut du moteur de recherche, mais plutôt un outil permettant de mieux comprendre et de donner un sens au monde« . Petit recadrage des « promesses marketing » 🙂 Rien de très inhabituel cependant entre gens du marketing et développeurs…

Des journalistes du monde entier ayant eu accès à l’avant-première limitée ont pu tester les forces les faiblesses parfois très surprenantes du nouveau Bing, lorsque le chatbot IA a fait des déductions complexes , tout en faisant des erreurs de base et en niant parfois qu’il a tort !

Dans un article publié hier, Kevin Roose, le journaliste du New York Times a raconté sa rencontre avec le dédoublement de personnalité du nouveau Bing, qui, selon lui, l’a si profondément troublé qu’il n’a pas pu dormir par la suite… Rien que ça.

Microsoft a répondu dans la foulée à cet article en justifiant cette « dérive » :

« L’un des domaines dans lesquels nous découvrons un nouveau cas d’utilisation du chat est la façon dont les gens l’utilisent comme un outil de découverte plus générale du monde et de divertissement social. Il s’agit d’un excellent exemple où une nouvelle technologie trouve une adéquation produit-marché pour quelque chose que nous n’avions pas complètement envisagé.« 

Microsoft explique que les problèmes ont tendance à apparaître lors de longues sessions de chat de 15 questions ou plus, au cours desquelles « Bing peut devenir répétitif ou être incité à donner des réponses qui ne sont pas nécessairement utiles ou conformes au ton que nous avons conçu« … Il y a donc encore du progrès à faire pour ne pas reproduire les déboires que l’entreprise avait connu avec son IA Tay devenue raciste au bout de quelques séances de question.

La société a cité deux facteurs qui expliquent cette attitude :

  1. Les sessions de chat très longues peuvent embrouiller le modèle sur les questions auxquelles il répond et nous pensons donc que nous devrions peut-être ajouter un outil pour que vous puissiez plus facilement rafraîchir le contexte ou repartir de zéro.
  2. Le modèle essaie parfois de répondre ou de réfléchir sur le ton dans lequel on lui demande de fournir des réponses, ce qui peut conduire à un style que nous n’avions pas prévu.

Néanmoins le retour de tous ces tests externes est plutôt positif, d’après l’entreprise qui analysait le vote sur les réponses. 71 % des utilisateurs ont apprécié réponses du nouveau Bing.

A mon avis, si cette technologie n’est sans doute pas un remplacement ou ne constitue pas encore un substitut du moteur de recherche traditionnel, elle apportera une amélioration très intéressante. Il convient donc de ne pas « sur-vendre » ses capacités en attendant peut-être une intégration plus poussée… et plus de fiabilité.

Puisque c’est bientôt le Week End et pour ceux qui n’ont pas connu ces pubs :

Google réagit (difficilement) à la combinaison ChatGPT-Microsoft

Nous vous en parlions avant hier, Google a tenu hier depuis Paris (!) une conférence de presse très attendue qui, disons le tout de suite n’a pas convaincu les foules. Elle se voulait une riposte (un peu en mode panique) à ChatGPT et au partenariat Microsoft-OpenAI. Google a passé en revue une série de technologies annoncées précédemment lors des conférences développeurs Google I/O.

Prabhakar Raghavan, vice-président de Google, et Liz Reid, vice-présidente de Google Search, se sont relayés pour présenter une série de produits, dont la « recherche multiple », une fonction de Google Lens alimentée par l’IA, qui permet aux utilisateurs d’effectuer des recherches en prenant une photo et en décrivant ce qu’ils souhaitent trouver, une Vue immersive de Google Maps qui permet un survol en 3D des grandes villes, et une nouvelle version de Google Translate, ainsi qu’une série d’annonces mineures.

Mais ce que tout le monde attendait c’est Bart, la riposte à ChatGPT.

Et… on est globalement resté sur notre faim, preuve que cet événement presse était sans doute un peu précipité. Rien de dispo, et au lieu de cela s’est suivi une polémique sur les résultats produit (sur une page de démo) qui contenait une erreur concernant le télescope spatial James Webb et après que Reuters a rapporté l’erreur, le cours de l’action de Google a chuté de de 8 %... Une petite perte de 110 Milliards de $ de capitalisation boursière… Cela fait cher l’erreur. Plus sérieusement, cela à jeter un très sérieux doute sur la capacité d’exécution de Google.

Autre détail qui confirme la précipitation de l’organisation de cet évènement, au cours de sa présentation sur la fonction « multisearch », Liz Reid a présenté une démonstration en direct. Et après un grand silence, elle a révélé qu’elle avait perdu le téléphone de démo… et qu’elle allait passer à autre chose. Glups cela fait désordre tout de même…

A suivre donc et pendant ce temps Microsoft tente (non sans difficulté là encore) à mettre en oeuvre son programme beta de ChatGPT pour Bing. Alors cette IA sera-t-elle la technologie de rupture permettant de casser le « monopole de fait » de Google sur la recherche ? Suite au prochain épisode. Nous aurons sans doute aussi l’occasion de revenir sur ce sujet lors du prochain Briefing Calipia en juin (les dates sont dispos)

Pour revoir l’évènement c’est par ici :

Intégration de ChatGPT : des annonces Microsoft dès ce soir ?

Nous abordions hier sur le blog l’annonce de l’évènement Google pour contrer ChatGPT qui se déroulera demain. Aujourd’hui Microsoft compte bien griller la politesse à Google avec une annonce surprise qui devrait selon plusieurs sources aborder l’intégration de ChatGPT à Bing (dont quelques images ont fuîtes). On manière pour Microsoft de reprendre la main sur marché du moteur de recherche, verrouillé dans les faits par Google depuis maintenant une vingtaine d’années, avec des innovations de rupture.

Aujourd’hui, un certain nombre de médias, dont The Verge, ont reçu des invitations pour un événement presse surprise qui se tiendra le mardi 7 février à partir de 10 h à Seattle, 19h à Paris. L’événement se tiendra au siège de Microsoft à Redmond, dans l’État de Washington. Jusqu’à présent, rien ne permet de savoir si l’événement sera diffusé en direct.

Officiellement, Microsoft se contente de dire que l’événement permettra de « partager des progrès sur quelques projets passionnants ». Il est probable que l’un d’entre eux sera l’intégration de ChatGPT, le populaire chatbot IA, dans le moteur de recherche Bing de Microsoft. La semaine dernière, des captures d’écran montrant comment ChatGPT sera ajouté à la barre de recherche de Bing ont fuité sur Internet.

Nous savons déjà que Microsoft a conclu un accord pluriannuel avec OpenAI, la société mère de ChatGPT.Nous vous en parlions la semaine dernière, le chatbot a déjà été ajouté à la version Premium de Microsoft Teams. L’événement de presse d’aujourd’hui présentera probablement d’autres informations sur ChatGPT et la manière dont il sera utilisé dans d’autres produits et services Microsoft, on pense en particulier à l’intégration dans de nouveaux services Azure.

Réponse ce soir 🙂

Un Chat qui fait peur à Google…

La première fois que nous étions allés au siège social de Google à Mountain View, lors d’une des Learning expédition que nous organisons avec des clients, les équipes de Google étaient fière de nous présenter leur « cafétéria pour chien » avec toute sorte de croquettes, conçue pour que les employés puissent venir avec leur animal. A notre question : « et rien pour les chats ? » la réponse a été : « Google n’aime pas les chats »… A l’époque il n’était pas encore question de Chat GPT 🙂

A NOTER :

Notre Learning expédition dans l’état de Washington (Microsoft, Amazon,…) et la Silicon Valley (Google, Apple, Nvidia, VMware, Intel…) sera cette année du 9 au 14 octobre 2023. Le thème en sera Environnement de travail et IA. Si vous êtes intéressés, contactez nous : formation@calipia.com

Ce Chat GPT fait bel et bien peur à Google, selon The Verge, la direction de la firme aurait été prise de panique face à l’outil et les liens avec Microsoft et son intégration prévue dans Bing. De quoi menacer la suprématie du moteur de recherche par une rupture technologique.

Mercredi, Google organise ce qui peut être décrit que comme un événement « d’urgence ». L’événement tournera autour de «  l’utilisation de la puissance de l’IA pour réimaginer la façon dont les gens recherchent, explorent et interagissent avec l’information, rendant plus naturel et plus intuitif que jamais de trouver ce dont vous avez besoin  » – en d’autres termes, Google va allumer un contre feu. L’événement de 40 minutes sera, bien entendu, diffusé en direct sur YouTube le 8 février donc. « En direct de Paris ! »

La société mère de Google, Alphabet, a publié ses résultats la semaine dernièreère, et Sundar Pichai, son CEO , a promis que « très bientôt, les gens pourront interagir directement avec nos modèles de langage les plus récents et les plus puissants pour accompagner la recherche de manière expérimentale et innovante ». Au début de l’année, l’entreprise a, selon des indiscrétions d’Arstechnica, déclaré un « code rouge » à propos de ChatGPT et a même fait sortir les cofondateurs Larry Page et Sergey Brin de leur retraite pour les aider.

Google dispose de nombreuses technologies d’IA, mais la plupart ne sont pas accessibles au public. Il dispose d’un modèle de langage pour chatbot appelé « LaMDA » (Language Model for Dialogue Applications) et une IA de génération d’images appelée « Imagen ». Alors qu’OpenAI transforme des technologies similaires en produits publics tels que DALL-E et ChatGPT, qui impressionnent le monde entier et valent à l’entreprise une attention considérable, Google garde tout en interne et ne parle de ces projets que dans des articles de blog et des documents de recherche. Google à déjà expérimenté par le passé, une page de recherche alternative qui pourrait utiliser un format de questions-réponses, mais s’est aussi posé de nombreuses questions sur le business model de ceci et donc la façon de publier des publicités associées (qui aujourd’hui occupe parfois les 2/3 de la première page de recherche sur le moteur de Google…).

Alors que Google, annoncera sans guère de doute sa riposte Mercredi en reportant des labos les technologies LaMDA et les expérimentations réalisées, il n’est tout de même pas certains que s’il tente de cloner purement et simplement la techno de ChatGPT ceci soit une réussite. Par le passé, il a déjà tenté de répondre à une menace (exemple Facebook avec son réseau social et « Google + » : un bide) par un produit maison « copier coller » du concurrent sans vraiment de succès. Plus tard l’entreprise à pris peur avec Amazon-Prime qui menacerait son marché de la recherche (on recherche directement un produit sur Amazon) en créant Google-Shopping-Express. Pas une franche réussite non plus.

Finalement c’est dans le rachat de produits que Google excelle le plus : Youtube, Android,… Avec une vrai capacité à intégrer les nouvelles équipes et créer de la valeur pour l’ensemble. Google se sert de ces rachats externes, (comme tous les GAFAM) comme équipes de R&D externalisé en quelque sorte.

Attendons donc de voir les annonces Mercredi. Je ne doute pas que l’entreprise dispose de technologies internes proche de ChatGPT, mais comment compte-t-elle les mettre en oeuvre sans menacer le business Model et mode de fonctionnement du moteur actuel, c’est la vrai interrogation…

Synthèse des résultats des GAFAM au 4ème trimestre 2022

Hier soir, Google, Amazon et Apple annonçaient après Microsoft la semaine dernière et Facebook mercredi, leurs résultats pour le 4ème trimestre 2022. Sans surprise, ils sont en baisse, mais avec des différences de réactions, comme c’est toujours le cas, en fonction de ce qu’attendaient les analystes d’une part et les prévisions de ces sociétés pour leur trimestre à venir.

Voici donc en synthèse ces chiffres, avec un bénéfice en baisse pour tous, un CA qui stagne. A relativiser tout de même quand on voit le bénéfice cumulé du trimestre à … 73 Milliards de $ : pour 1 trimestre et pour 5 sociétés… Nous reviendrons dans le détail sur les faits marquants de chacune de ces sociétés dans d’autres posts.

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