Unification de Microsoft Planner : simplification logicielle ou complexité budgétaire ?

Microsoft Planner : Le grand ravalement de façade suffira-t-il à masquer la tuyauterie ?

Microsoft vient de donner un coup de pinceau (et de code) à Planner. Pour les DSI, c’est le signal d’une énième « unification » de la gestion de tâches. Mais derrière les annonces marketing de Redmond, que se cache-t-il réellement sous le capot ?

L’illusion de la simplicité : Une fusion à trois têtes La stratégie de Microsoft est claire : fusionner Planner, To Do et Project pour le Web en une seule interface. Sur le papier, c’est le rêve : une console unique pour tout piloter. En pratique, on se retrouve face à un monstre de Frankenstein fonctionnel. Microsoft tente de nous faire croire qu’un simple utilisateur de « To Do » pourra glisser sans friction vers la gestion de portefeuilles de projets complexes. C’est oublier un peu vite que la gestion de projet est un métier, pas seulement une interface.

Techniquement, quoi de neuf ? La mise à jour introduit enfin le « Task Chat » via Teams, permettant de mentionner (@) des collègues directement dans les tâches. C’est révolutionnaire… pour 2015. On notera également l’arrivée de la vue « Objectifs » (Goals), qui tente de donner un sens stratégique à l’empilement de Post-it numériques. Le point le plus critique reste l’intégration de Copilot. L’IA promet de générer des plans de projet à partir de simples prompts. Si l’idée de laisser un algorithme définir votre roadmap peut prêter à sourire, l’aspect technique est intéressant : l’IA s’appuie sur le Graph Microsoft pour lier les données transverses. Mais attention à la cohérence de la donnée source ; si votre AD est un champ de bataille, votre plan de projet Copilot ressemblera à une œuvre abstraite.

Le casse-tête du licensing C’est ici que l’humour de Microsoft devient grinçant. Pour accéder aux fonctionnalités réellement « Premium » (comme la gestion des dépendances ou les diagrammes de Gantt avancés), il faudra passer par les plans Planner Plan 1, 3 ou 5. On passe d’un outil « gratuit » inclus dans Office 365 à un centre de coûts non négligeable. Pour un DSI, c’est une complexité de gestion de licences supplémentaire dont on se serait bien passé.

Verdict Planner devient graphiquement séduisant et plus cohérent. Mais pour les organisations ayant besoin d’une rigueur méthodologique, l’outil reste un « Project Lite » qui ne dit pas son nom. C’est parfait pour la collaboration agile et légère, mais peut-être un peu court pour construire une centrale nucléaire (ou simplement migrer votre infrastructure Exchange).

Nous reviendrons sur tout ceci lors du prochain Briefing en juin avec une session dédiée à ces outils, leurs usages et leurs licencing… 🙂

Quelques références techniques pour approfondir le sujet

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