Microsoft 365 Copilot Wave 3, l’offensive « Agentique »
Alors que nous commencions à peine à dompter les hallucinations de la première vague d’IA générative, Microsoft nous propulse déjà dans sa « Wave 3 ». Pour les DSI, le mot d’ordre change : on ne parle plus d’assistance au prompt, mais de capacité agentique.
Le principe est simple, du moins sur le papier : transformer Copilot d’un simple chatbot en un agent capable d’exécuter des flux de travail multi-étapes. Dans Excel, l’IA ne se contente plus de suggérer une formule ; elle passe en « Agent Mode » pour planifier et exécuter des analyses de données complexes, créer des feuilles de calcul et modéliser des scénarios de manière itérative. C’est l’analyste stagiaire que vous n’avez jamais eu, mais avec une puissance de calcul infinie et, espérons-le, un meilleur respect des formats de cellules…
Côté Word, l’évolution vers une rédaction assistée par agents permet désormais de générer des documents complets en interrogeant l’IA sur la structure et le ton, tout en puisant dans le contexte métier via Work IQ. Ce dernier point est crucial pour les architectes système : c’est la couche d’intelligence contextuelle qui agrège les données de l’organisation.
Mais la véritable « perle » technique de cette annonce réside dans l’ouverture du modèle. Microsoft, dans un élan de pragmatisme (ou de réalisme face à la concurrence), intègre désormais Claude d’Anthropic aux côtés des modèles d’OpenAI via le programme Frontier. Cela signifie une plus grande diversité de raisonnement, mais aussi une complexité accrue dans la gouvernance.
Enfin, l’arrivée de Agent 365 se présente comme le « control plane » indispensable. Si l’on laisse des agents agir en notre nom (répondre à des invitations Outlook, modifier des fichiers), il faut impérativement une tour de contrôle pour observer, sécuriser et gouverner ces entités numériques. Car, ne nous leurrons pas, un agent mal configuré peut faire autant de dégâts qu’une macro Excel des années 2000 lancée sur un serveur de production:)
En résumé, la Wave 3 est une promesse d’automatisation profonde. Reste à savoir si la couche de confiance (Trust) promise par Microsoft saura contenir l’enthousiasme parfois débordant de ces nouveaux « collègues » numériques.