OneDrive et les agents IA : le nouveau « Far West » de la donnée non structurée ?

Nous vous en parlions une fois de plus hier, Microsoft a officialisé la disponibilité générale des agents IA directement intégrés à OneDrive Entreprise (la version Sharpoint donc). Sur le papier, la promesse est séduisante pour tout utilisateur noyé sous les gigaoctets : transformer une sélection de documents en un assistant capable de synthétiser des réunions, de traquer des échéances ou d’identifier des porteurs de projets sans ouvrir le moindre fichier.

D’un point de vue technique, l’implémentation est intrigante. Ces agents sont stockés sous une nouvelle extension, le fichier .agent. Ce choix de design vise à les traiter comme n’importe quel autre objet du système de fichiers : ils sont indexables, partageables et soumis (théoriquement) aux mêmes politiques de gouvernance que vos documents Word ou Excel. L’utilisateur sélectionne jusqu’à 20 fichiers, et l’agent génère un index local pour répondre aux requêtes en langage naturel.

Cependant, pour un DSI , cette « démocratisation » soulève des questions de fond. Microsoft met en avant la facilité de création (« quelques clics suffisent »), mais cette simplicité est souvent l’ennemie de la rigueur architecturale. On se retrouve avec une prolifération potentielle de micro-modèles de connaissances (les fichiers .agent) éparpillés dans l’arborescence, créant une fragmentation de la « vérité » informationnelle.

De plus, le partage de ces agents à des tiers repose sur une vérification dynamique des droits d’accès aux fichiers sources. Si la sécurité par conception est louable, elle ajoute une couche de complexité lors des audits de permissions. Enfin, l’exigence d’une licence Microsoft 365 Copilot rappelle que cette agilité a un coût non négligeable, transformant OneDrive en un centre de profit plutôt qu’en un simple espace de stockage.

En résumé, si l’outil offre un gain de productivité immédiat pour le « knowledge worker », il impose aux équipes IT un nouveau défi de gouvernance : surveiller ces « coéquipiers virtuels » qui, sous leurs airs d’assistants zélés, pourraient bien devenir les nouveaux silos d’informations de l’entreprise. C’est sans aucun doute un des sujets que nous aborderons (avec des démos) lors du prochain Briefing Calipia en juin.

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