Quand l’IA transforme la recherche en circuit fermé…

Petite réflexion sur l’évolution de Gemini face au moteur de recherche traditionnel de Google. Si Google pouvait (légitimement à mon avis) avoir peur des IA génératives comme un outil pouvant à terme leur fermer le robinet de la pub et de la « pompe à clic » hautement rémunératrice, ils ont avec Gemini réussi à transformer l’essai voir demain une partie de le Business Model, mais cela ne se fera pas sans casse…

Le « contrat social » qui liait Google aux éditeurs de contenus depuis trente ans vient d’être unilatéralement déchiré. Le constat est sans appel : l’introduction massive des AI Overviews (AIO) ne constitue pas une simple mise à jour algorithmique, mais une mutation anthropophage du moteur de recherche. Et cela Google l’a bien compris pour ceux qui en doutaient encore…

Le principe est d’une efficacité redoutable et d’un cynisme achevé. Google ingère les données produites par des tiers, les mouline via Gemini, et propose une synthèse exhaustive directement sur sa page de résultats. Résultat ? Une chute brutale du taux de clic (CTR). Selon des données récentes, le premier résultat organique, qui pouvait espérer environ 7 % de CTR, s’effondre à 1,6 % lorsqu’une réponse IA trône en haut de page. Les sites d’information gratuite s’en sont aperçu et certains n’hésitent pas à s’en plaindre comme récemment le Daily Mail, qui affirme que « la saignée est systémique ».

D’un point de vue technique, nous assistons à la consécration du « Zero-Click ». Google ne se contente plus d’être un indexeur ; il devient le point final de la navigation. Le trafic « haute intention » que Google prétend envoyer vers les sources n’est, dans les faits, qu’une miette statistique. Les sources sont citées, certes, mais reléguées dans une interface où le taux de clic peine à franchir la barre du 1 %.

Le paradoxe est savoureux : l’IA a besoin de contenu humain pour apprendre et synthétiser, mais en siphonnant l’audience de ces créateurs, elle détruit leur modèle économique. À terme, nous risquons une consanguinité numérique où l’IA finira par résumer des contenus eux-mêmes générés par IA. Une boucle de rétroaction qui promet une dégradation qualitative sans précédent de l’information disponible.

Conclusion prévisible : la visibilité ne se gagne plus par la pertinence, mais par la capacité à survivre dans un écosystème où le diffuseur est aussi votre principal concurrent. Il est temps de repenser l’acquisition d’audience hors des griffes de Mountain View, sous peine de voir vos plateformes devenir des archives invisibles d’un Web qui n’existe plus que pour nourrir une machine.

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