Google Meet & Microsoft Teams : La fin de la guerre froide (ou presque)

Après des années à se regarder en chiens de faïence depuis leurs silos respectifs, Google et Microsoft ont fini par signer un pacte de non-agression technique. La nouvelle est tombée : Google Meet permet désormais de rejoindre des appels Microsoft Teams. Une annonce qui ravira les utilisateurs finaux, mais qui devrait faire sourciller tout architecte système digne de ce nom.

Le « miracle » technique (avec beaucoup de petits caractères)

Sur le papier, c’est idyllique : plus besoin de jongler entre deux ordinateurs pour passer d’un Google à un Teams. Mais attention, ne jetez pas tout de suite vos passerelles Pexip aux orties. Cette interopérabilité native — ou « Direct Guest Join » pour les intimes — est une créature capricieuse.

Côté pile, le support est limité au matériel Google Meet basé sur ChromeOS. Côté face, pour que Teams accepte de recevoir des invités Meet, il vous faudra des systèmes Teams Rooms sous Windows. Vous travaillez sur Android ? Repassez plus tard. L’ironie est savoureuse : on nous vend de l’ouverture, mais uniquement si vous avez coché les bonnes cases dans la matrice de compatibilité hardware de Redmond et Mountain View.

Une expérience utilisateur en mode dégradé

Le vrai sujet est celui de la parité fonctionnelle. En rejoignant un appel Teams via une interface Meet, ne vous attendez pas à des miracles. On parle ici du « plus petit dénominateur commun ». La vidéo plafonne souvent au 720p, et les fonctionnalités avancées — comme le partage de contenu complexe ou les sondages interactifs — ont tendance à s’évaporer dans la passerelle.

C’est un peu comme essayer de faire passer un convoi exceptionnel dans un tunnel de métro : ça passe, mais on y laisse souvent les rétroviseurs. Les administrateurs devront aussi s’assurer que leurs politiques de tenant ne bloquent pas ces connexions tierces, ajoutant une couche de complexité à une gestion de flotte déjà bien assez lourde.

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