WindowSill : quand un ingénieur Microsoft corrige les lacunes de Windows 11 :)

La barre des tâches de Windows 11 a beau se parer d’un design minimaliste, elle souffre d’un vide fonctionnel criant. Sur un grand écran, ce vide devient presque une provocation : deux immensités sombres encadrant vos quelques icônes épinglées. Microsoft assume ce choix d’épure, arguant de la simplicité et de la lisibilité. Mais à force de vouloir faire “zen”, l’éditeur oublie parfois que la productivité, elle, ne tolère pas les cases vides.

C’est dans cet interstice qu’apparaît WindowSill, une application développée par Étienne Baudoux, ingénieur chez Microsoft (et français). Non, il ne s’agit pas d’un projet officiel, mais plutôt d’une réponse artisanale à une frustration largement partagée. L’idée ? Transformer la barre des tâches en une sorte de TouchBar revisitée pour Windows 11.

Une barre de tâches augmentée

Contrairement à Windows, qui refuse obstinément toute personnalisation avancée de sa barre (même pas possible de la déplacer ailleurs que dans son carcan actuel), WindowSill se montre souple. Le panneau peut être positionné au-dessus, en bas ou sur les côtés de l’écran. Il s’étend, se réduit, s’adapte au contexte et surtout, il devient une boîte à outils universelle.

Par défaut, l’application embarque plusieurs modules, chacun pensé pour éliminer des frictions quotidiennes :

  • Contrôles multimédias : lecture, pause, avance rapide – compatibles avec Spotify, Netflix, Apple Music, YouTube et consorts. Idéal pour ne pas jongler entre fenêtres.
  • Historique du presse-papiers : directement exploitable depuis le panneau, avec un rappel malin d’activer la fonction native de Windows.
  • Rappels rapides : une petite note temporelle pour ne pas oublier d’envoyer un mail ou sortir la poubelle. Rien de révolutionnaire, mais diablement pratique.
  • Assistance texte par IA : réécriture, résumé, traduction, changement de ton. L’application se connecte à divers modèles (OpenAI, Gemini, Llama, Claude…) via vos propres clés API ou via un abonnement intégré. Les plus pressés apprécieront la fonction “analyser et comprendre” appliquée à n’importe quel texte à l’écran.
  • Contrôles de réunion : couper le micro, quitter un appel Teams, Zoom ou Discord en un clic. WhatsApp suivra prochainement.
  • Outils d’images et d’URL : compression, conversion de formats, génération de QR codes ou raccourcissement de liens.
  • Fonctions de navigateur : pour l’instant limitées au zoom, mais la porte est ouverte à d’autres raccourcis.

L’ensemble est pilotable via raccourcis clavier (Win + Ctrl + Numéro), et les modules inutiles peuvent être désactivés pour ne garder que l’essentiel.

L’apport et les limites

Au-delà des fonctionnalités, WindowSill introduit une vraie logique de modularité. Tout comme une plateforme open source, elle s’ouvre aux contributions tierces : d’autres développeurs peuvent publier leurs propres extensions. C’est une différence majeure par rapport aux gadgets rigides intégrés par Microsoft (rappelez-vous les “gadgets Vista” ou les widgets actuels…).

Bien sûr, tout n’est pas parfait. Les animations, par exemple, sont jugées envahissantes par certains utilisateurs. Elles perturbent la concentration quand les modules s’activent ou se réorganisent. Heureusement, il existe un contournement : désactiver les animations Windows dans les paramètres d’accessibilité, ce qui redonne un peu de sobriété à l’ensemble.

Modèle économique

WindowSill est disponible gratuitement sur le Microsoft Store, pour Windows 10 et 11. Mais certaines briques avancées sont payantes :

  • 29,99 $ en achat unique pour activer les fonctions IA locales et les prompts personnalisés.
  • 4,99 $ par mois si vous préférez accéder à tout sans gérer vos propres clés API.
  • Une période d’essai gratuite d’une semaine permet de se faire une idée avant de sortir la carte bancaire.

Conclusion

WindowSill illustre une vérité dérangeante pour Microsoft : il faut parfois l’initiative d’un ingénieur isolé pour corriger ce que la maison mère refuse d’adresser. La barre des tâches aurait pu être un hub de productivité intelligent, mais c’est un outil tiers qui s’en charge.

Alors, gadget ou futur indispensable ? Tout dépendra de votre tolérance aux abonnements et de votre envie d’optimiser chaque pixel d’écran. Mais une chose est sûre : WindowSill rappelle que sous le vernis minimaliste de Windows 11, l’écosystème d’applications tierces reste plus vivant que jamais.

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