Nouvel Outlook : modernisation indispensable ou casse-tête pour les DSI ?

Microsoft continue d’appuyer sur l’accélérateur pour imposer son « nouveau Outlook » à l’ensemble de ses clients. Après une phase de déploiement progressif sur Microsoft 365 et l’introduction d’un bouton de bascule (histoire d’éviter la mutinerie des irréductibles), l’éditeur revient à la charge avec un discours officiel : c’est le moment de franchir le pas.

Ce nouvel Outlook, qui se veut plus agile, plus sécurisé et plus homogène entre terminaux, s’accompagne de fonctionnalités modernisées. Les utilisateurs peuvent désormais épingler leurs courriels critiques, trier et rechercher des participants de réunion plus facilement, ou encore personnaliser l’interface avec de nouveaux thèmes et dossiers colorés. Les environnements professionnels apprécieront également la gestion des boîtes partagées comme comptes natifs, l’appui de Copilot pour prioriser la messagerie et générer des brouillons plus « corporate », sans oublier un mode de création de newsletters formatées clé en main.

Côté collaboration, Microsoft pousse l’idée d’une expérience cohérente et « fluide » : RSVP hybrides, suivi des présences plus lisible et surtout intégration renforcée avec Windows et l’écosystème maison. Les pièces jointes peuvent être ouvertes dans l’application par défaut, déposées directement sur le bureau, envoyées dans OneNote ou partagées instantanément dans Teams.

Sur le papier, la promesse est séduisante : une messagerie unifiée, simplifiée, parfaitement ancrée dans la suite collaborative de Redmond. Mais dans la réalité, l’enthousiasme est loin d’être généralisé. Les administrateurs systèmes et responsables IT, souvent en première ligne de la gestion des migrations, n’hésitent pas à qualifier la nouvelle application de « hot garbage » – une critique assez explicite sur la stabilité et l’ergonomie de l’outil.

Microsoft tente de calmer les inquiétudes en rappelant que la bascule reste progressive : un simple bouton « Try the new Outlook » permet de tester l’expérience avant de l’adopter. Reste que cette stratégie de persuasion par itérations successives ressemble à une opération marketing plus qu’à une réelle écoute des retours utilisateurs. Les DSI devront donc arbitrer entre les promesses de performance et d’intégration et les risques d’instabilité ou de rejet par leurs collaborateurs.

En somme, le nouveau Outlook illustre bien la stratégie actuelle de Microsoft : pousser fort, écouter un peu, corriger ensuite. Aux entreprises de décider si elles veulent jouer les pionnières… ou attendre que la poussière retombe.

Nous ferons un point sur cela en comparant les avantages et les inconvénients de ce Nouvel Outlook lors du prochain Briefing Calipia.

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