COPILOT() dans Excel : Microsoft réplique à Google Sheets

En juin dernier, Google avait surpris son monde en introduisant la fonction AI() dans Sheets. Une simple formule qui, au lieu de nécessiter des syntaxes cabalistiques, acceptait un prompt en langage naturel pour générer directement du contenu ou classifier des données. Une avancée élégante, mais surtout une porte ouverte à des usages jusque-là réservés à des outils spécialisés : analyse de sentiment, synthèse de feedbacks, génération de listes ou encore mise en forme automatisée.

Microsoft ne pouvait évidemment pas rester les bras croisés. Voici donc COPILOT(), une nouvelle fonction en cours de test dans Excel, et qui, il faut le reconnaître, ressemble étrangement à ce qu’a fait Google. Le principe : écrire une formule du type :

=COPILOT(« Tri ce tableau », A2:E23)

et laisser Excel gérer le reste. Là où Microsoft ajoute une petite subtilité, c’est dans l’intégration au moteur de calcul natif d’Excel. Concrètement, cela signifie que si vos données changent, pas besoin de relancer manuellement la formule : COPILOT() s’ajuste en temps réel, comme n’importe quelle autre fonction classique.

Autre point intéressant pour les architectes SI et responsables data : cette fonction peut se combiner avec les classiques IFSWITCH ou encore LAMBDA, ouvrant des scénarios hybrides entre logique traditionnelle et génération intelligente. De quoi imaginer des chaînes de traitement où l’IA vient compléter des règles métiers établies, sans les remplacer.

Côté cas d’usage, rien de révolutionnaire par rapport à Sheets : analyse de sentiment, résumé de retours utilisateurs, génération de listes ou classification de contenus. L’innovation réside moins dans la fonction elle-même que dans son intégration fluide à l’écosystème Excel, déjà omniprésent dans la plupart des entreprises.

Bien entendu, nous sommes encore au stade préliminaire. Microsoft annonce plusieurs limitations :

  • Pas encore de support direct pour les données en ligne ou les documents internes (il faudra patienter).
  • Un quota de 100 appels toutes les 10 minutes, plafonné à 300 appels par heure. Autant dire que vos macros frénétiques risquent de trouver la limite assez vite.
  • Une marge de progression prévue sur la prise en charge de grands tableaux, l’amélioration des modèles de langage et l’accompagnement utilisateur.

La fonction est pour l’instant réservée aux Beta Channel Insiders disposant d’une licence Microsoft 365 Copilot, sous Windows (version 2509, build 19212.20000) et Mac (version 16.101, build 25081334) ou ultérieur.

En résumé : Google a tiré le premier, mais Microsoft contre-attaque en misant sur l’intégration profonde dans Excel, ce qui pourrait séduire les DSI déjà engagés dans l’écosystème Microsoft. La vraie question sera de voir si cette IA intégrée devient un accélérateur réel des processus métier… ou si elle finit comme beaucoup d’add-ons, utilisée deux fois avant d’être oubliée.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.