Microsoft lance un outil de conversion de VM : VMware vers Hyper-V sans anesthésie (ou presque)

Alors que l’éditeur pousse sans relâche ses services cloud Azure et ses modèles de facturation à l’usage, il reconnaît que toutes les organisations ne sont pas prêtes (ou autorisées) à confier leurs workloads au cloud. Contraintes réglementaires, gouvernance stricte ou simple prudence : de nombreux DSI continuent de maintenir une infrastructure on-premise. Pour cette population, Redmond vient de dégainer un nouvel outil en préversion publique : le VM Conversion tool, intégré directement dans le Windows Admin Center.

VMware contre Hyper-V : la passerelle manquait

Le marché de la virtualisation est dominé par VMware depuis plus de deux décennies, mais Microsoft n’a jamais caché ses ambitions autour d’Hyper-V. Jusqu’ici, migrer des VM VMware vers un environnement Hyper-V restait une opération manuelle, fastidieuse et parfois risquée. Le nouvel utilitaire promet de simplifier cette étape en proposant une migration quasi transparente.

Comment ça marche ?

L’extension agit de manière agentless : aucune installation intrusive dans la VM source. Le processus se déroule en plusieurs phases :

  1. Pré-checks : l’outil analyse la configuration de la VM pour identifier d’éventuels points de blocage (drivers, compatibilité UEFI/BIOS, disques multiples, etc.). À ce stade, l’IT admin doit corriger les anomalies manuellement.
  2. Réplication initiale : grâce au mécanisme de Change Block Tracking (CBT), l’outil réplique la VM source vers le nouvel hôte Hyper-V tout en maintenant l’environnement d’origine opérationnel.
  3. Delta final : une fois la VM éteinte (avec l’accord de l’administrateur), un second passage copie uniquement les blocs modifiés depuis la première réplication. Résultat : une transition sans interruption majeure de service.

Côté compatibilité, Microsoft annonce la migration simultanée de jusqu’à 10 VM en parallèle. Les BIOS-based VM sont automatiquement converties en génération 1, tandis que les UEFI bénéficient de la génération 2, avec conservation des paramètres de boot. L’outil supporte à la fois Windows et Linux, et gère plusieurs disques virtuels.

Ce que cela change pour les DSI

Le bénéfice principal est évident : réduire le coût et la complexité des projets de migration entre hyperviseurs. Là où un projet de bascule pouvait immobiliser des équipes pendant plusieurs jours, Microsoft promet un processus automatisé réalisable en quelques minutes par VM. En filigrane, il s’agit aussi d’un argument stratégique pour favoriser Hyper-V comme alternative crédible face à VMware, surtout dans un contexte où Broadcom, le nouveau propriétaire de VMware, inquiète une partie du marché avec ses choix tarifaires.

Attention, pas de magie non plus

Il faut garder la tête froide : l’outil ne corrige pas automatiquement les incompatibilités logicielles, et le rôle de l’administrateur reste crucial pour s’assurer que les VM migrées redémarrent correctement et que les applications supportent le nouvel environnement. Les tests de compatibilité, les vérifications réseau et la gestion des dépendances applicatives restent des étapes à ne pas négliger.

Conclusion

Avec ce VM Conversion tool, Microsoft envoie un message clair : si vous voulez rester on-premise, autant le faire chez nous. Gratuit, intégré au Windows Admin Center et conçu pour limiter les interruptions, l’outil pourrait séduire nombre d’équipes IT en quête de simplification. Mais comme toute migration, la prudence s’impose : ce n’est pas une baguette magique, mais plutôt une trousse de chirurgie bien équipée.

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