Microsoft 365 : sous le vernis Copilot, une roadmap qui cherche encore son cap
Microsoft continue de dérouler sa feuille de route pour Microsoft 365, avec une série d’annonces couvrant Outlook, PowerPoint, Teams et surtout l’omniprésent Copilot. Si l’innovation semble au rendez-vous, une lecture attentive révèle une dynamique plus nuancée : des améliorations utiles mais tardives, des fonctions Copilot de plus en plus intégrées mais parfois déconnectées des vrais usages, et un sentiment diffus de patchwork évolutif.
Outlook
Commençons par Outlook, et plus précisément par le nouveau client Outlook pour Windows. Trois nouveautés y font leur entrée. La première est presque embarrassante tant elle est basique : la possibilité d’ajouter des pièces jointes à un mail en mode hors ligne. Oui, vous avez bien lu. En 2025, Microsoft ajoute enfin une fonction que beaucoup d’entreprises considèrent comme acquise depuis près de vingt ans. Certes, cela s’inscrit dans une logique Cloud-first, mais la réalité des environnements hybrides rendait cette absence difficile à justifier.
Les deux autres améliorations, attendues pour août, sont d’un autre ordre : la création de règles spécifiques déclenchant une alerte sur le bureau (ce qui rappelle les bons vieux scripts Outlook VBA) et un avertissement lors de la suppression d’un dossier sur lequel repose une règle. Ces apports témoignent d’un souci de fiabilité et de prévention côté client – appréciable, bien que peu révolutionnaire.
Copilot : l’IA omniprésente… mais pas toujours pertinente
La tendance lourde, c’est bien sûr l’expansion continue de Copilot. Microsoft étend son agent conversationnel et génératif à tous les coins de son écosystème bureautique. En juin, Word, Excel et PowerPoint intégreront une fonction de résumé automatique des commentaires et modifications d’un document, accessible dès l’écran d’accueil (backstage view). Une fonction prometteuse sur le papier, notamment pour les directions qui naviguent entre plusieurs versions d’un même livrable. Mais encore faut-il que le résumé soit pertinent, lisible et surtout… digne de confiance.
Autre évolution notable : la possibilité de restreindre les sources de réponse de Copilot Chat à des sites ou fichiers SharePoint spécifiques. Cela semble être une réponse aux critiques portant sur le manque de contrôle et de précision dans les réponses. Bonne idée donc, à condition que l’implémentation permette une granularité suffisante dans le filtrage des contenus – ce qui reste à démontrer.
En juillet, PowerPoint bénéficiera lui aussi de quelques raffinements Copilot. Il sera possible de reformuler un texte sélectionné via une commande en langage naturel, mais aussi d’ajouter de nouveaux sujets dans une présentation, avec des slides automatiquement générés dans le style existant. Ces fonctionnalités visent clairement les utilisateurs métiers pressés… au risque de générer des présentations fades, normées, voire artificielles. Le fond suit-il réellement la forme ? Pas toujours, comme le montre l’usage souvent passif des assistants IA dans les environnements corporate.
Edge et Teams : l’intégration continue, mais les usages suivent-ils ?
Le navigateur Edge n’est pas oublié : Copilot Chat pourra bientôt puiser des informations dans plusieurs onglets ouverts. Une évolution qui semble logique mais qui pose aussi des questions de lisibilité et de charge cognitive. .
Enfin, dans le monde des salles de réunion virtuelles, Microsoft ajoute une capacité attendue dans Teams Rooms Pro sous Windows : l’affichage simultané des flux Town Hall et Webinar. Cela permet notamment de dissocier l’affichage principal du contenu de backstage (comme les chats internes ou les espaces de coordination). Une avancée technique utile dans les configurations hybrides complexes.
Bilan : une roadmap riche, mais un fil rouge incertain
Cette salve d’annonces illustre bien l’évolution du portefeuille Microsoft 365 : une volonté d’enrichir l’expérience utilisateur, d’automatiser les tâches répétitives et de renforcer la productivité avec Copilot comme fil conducteur. Mais cette ambition se heurte à une certaine dissonance : certaines fonctions comblent des lacunes de longue date, tandis que d’autres surfent sur la vague IA sans que les cas d’usage concrets soient toujours évidents.
Les DSI et architectes devront garder la tête froide face à cette avalanche de nouveautés. Toutes ne sont pas prioritaires, toutes ne sont pas stables, et la promesse d’une productivité dopée par l’IA ne doit pas occulter les exigences d’interopérabilité, de gouvernance des données et de contrôle de l’expérience utilisateur.