Etude : Microsoft Copilot se révèle très utile (voir plus) pour les fonctionnaires britanniques

Alors que ChatGPT d’OpenAI s’est imposé comme l’assistant IA de référence dans le grand public, la partie est loin d’être jouée sur le marché bien plus exigeant des professionnels. Ce terrain – où précision, intégration, sécurité et ROI sont des prérequis non négociables – reste encore largement ouvert. Microsoft, avec son 365 Copilot, et Google, via Gemini for Workspace, s’y livrent une guerre feutrée mais stratégique. Et dans cette bataille, un allié de poids vient d’apporter des arguments chiffrés : l’administration britannique.

Le terrain d’essai : 20 000 fonctionnaires, 12 institutions

Dans une expérimentation conduite par le Government Digital Service (GDS) du Royaume-Uni, 20 000 agents de l’État ont eu accès à Microsoft 365 Copilot. Répartis sur 12 institutions publiques, ces utilisateurs ont testé pendant plusieurs mois l’assistant IA intégré à l’écosystème Microsoft (Teams, Outlook, Word, Excel…).

Les résultats ne se sont pas fait attendre : 26 minutes gagnées par jour en moyenne. Ce qui, extrapolé sur une année de travail, représente l’équivalent de près de deux semaines de productivité libérée par agent. À l’échelle de l’administration britannique, les implications sont colossales.

Mais au-delà du temps, c’est l’impact sur la nature même du travail qui retient l’attention :

  • 70 % des utilisateurs ont constaté une réduction significative du temps passé à chercher de l’information ou accomplir des tâches répétitives.
  • 82 % refuseraient de revenir à leur ancien mode de travail.

Autrement dit, l’adoption de Copilot ne se limite pas à un effet de mode ou à une curiosité technophile. Elle semble activer un changement structurel dans l’organisation du travail administratif.

Un usage quotidien qui fait mouche

Le discours de Peter Kyle, ministre britannique de la Technologie, lors de sa keynote au SXSW, résume l’enjeu : « AI isn’t just a future promise – it’s a present reality. » Ce n’est plus une expérimentation de laboratoire. L’IA est un outil opérationnel, capable d’assister dans la rédaction de documents, la préparation de cours, ou le traitement de l’administratif – toutes ces tâches chronophages où la valeur ajoutée humaine est marginale.

Ce retour d’expérience met en évidence un fait que l’es DSI connaissent’n connait bien : la valeur d’un outil ne réside pas seulement dans sa puissance brute ou ses performances en benchmark. Elle repose sur :

  1. L’intégration fluide aux outils métiers existants
  2. L’adoption rapide par les utilisateurs
  3. Le retour sur investissement mesurable

Copilot coche ces cases avec habileté. Ce n’est pas tant l’IA la plus avancée qui gagne, mais celle qui s’insère là où le travail se fait déjà.

L’ombre de Gemini et des autres

Face à Microsoft, Google tente de repositionner Gemini, en remplaçant Duet AI dans Workspace. Mais jusqu’à présent, Google ne dispose pas de retour d’expériences comparables en termes d’ampleur, de mesure et de communication. C’est d’ailleurs tout le paradoxe de cette course : alors que les grandes entreprises technologiques misent sur des modèles linguistiques de plus en plus sophistiqués, l’avantage concurrentiel se joue sur l’accessibilité, la conformité réglementaire, et surtout, la capacité à changer réellement les pratiques quotidiennes.

La domination de ChatGPT chez les particuliers s’est construite sur l’expérience utilisateur. Celle de Microsoft dans l’entreprise semble suivre la même trajectoire : pas forcément la meilleure IA en laboratoire, mais la meilleure IA au bureau.

Enjeux pour les DSI : IA intégrée ou IA best-of-breed ?

Cette expérimentation britannique pose enfin une question stratégique pour les DSI : faut-il adopter une solution intégrée à la suite logicielle en place (comme Copilot avec Microsoft 365), ou préférer une solution indépendante mais potentiellement plus avancée technologiquement ?

Si l’on se fie à ces résultats, l’intégration native semble remporter la mise. Non seulement parce qu’elle réduit la courbe d’apprentissage, mais aussi parce qu’elle permet de capitaliser sur les processus existants, plutôt que de devoir les refondre pour accommoder un nouvel outil.

Conclusion : un tournant discret mais décisif

Le marché des assistants IA pour l’entreprise n’a pas encore trouvé son champion incontesté. Mais Microsoft marque ici des points cruciaux. Avec des chiffres concrets, un terrain d’expérimentation crédible, et une intégration sans couture, Copilot transforme l’IA d’un gadget à une ressource.

Dans ce contexte, les DSI et architectes IT ont tout intérêt à suivre de près non pas seulement la technologie, mais surtout ses usages réels. Parce que c’est là, dans les interactions quotidiennes, que se joue la transformation numérique des organisations. Nous en reparlerons lors du prochain Briefing Calipia qui commence la semaine prochaine.

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