Adoption de l’IA en entreprise : et si la vraie bataille était culturelle ?

Google a récemment publié un rapport sur son projet pilote AI Works, lancé l’an dernier au Royaume-Uni. Objectif affiché : évaluer l’impact de l’intelligence artificielle générative sur la productivité individuelle. Résultat ? Des promesses séduisantes, quelques embûches inattendues, et beaucoup (beaucoup) d’enjeux stratégiques cachés sous le tapis.
Que faut-il en retenir en synthèse :
- Gain de temps : Selon Google, l’usage d’IA générative permet d’économiser 122 heures de travail par an, soit plus de 3 semaines de travail !
- Avec quelques heures de formation seulement, les participants doublaient leur usage quotidien d’outils IA, et cette hausse se maintenait plusieurs mois après.
Mais également que l’enjeu économique est colossal, mais conditionnel
- Prévision Google : Une croissance économique de 400 milliards de livres d’ici 2030 grâce à l’IA.
- Condition : La moitié de ce chiffre repose sur l’adoption effective des outils par les travailleurs eux-mêmes.
- Sans utilisateurs formés et motivés, pas de miracle économique… ni de jackpot.
Autre point interessant : les inégalités d’adoption :
66% desemployés (principalement des femmes de plus de 55 ans et des personnes issues de milieux défavorisés) n’avaient jamais utilisé l’IA au travail. Après formation, l’usage hebdomadaire de l’IA chez ces personnes est passé de 17% à 56%, et l’usage quotidien de 9% à 29%. L’IA n’est pas qu’un enjeu technologique : c’est aussi une question d’inclusion numérique.
Enfin : l’IA navigue entre fascination et méfiance persistante
- Projets futuristes : Google multiplie les démonstrations grandioses (comme la recréation de “Le Magicien d’Oz” sur un écran LED géant à Las Vegas) et veut financer des films humains sur l’IA.
- Mais… L’IA reste encore sujette à des erreurs embarrassantes (colle sur la pizza, entre autres joyeusetés).
- Si les experts restent optimistes, mais l’opinion générale demeure partagée, entre espoir et peur du chômage.
En guise de conclusion (nous aurons l’occasion de revenir sur ce sujet lors du prochain Briefing Calipia)
Le projet AI Works prouve qu’avec un peu d’encadrement, l’IA peut devenir un véritable amplificateur de productivité. Mais l’initiative révèle aussi l’ampleur des défis humains : formation, inclusion, légitimation culturelle et surtout, rassurance collective face à des technologies qui avancent parfois plus vite que notre confiance en elles. Google, en bon stratège, veut accélérer cette adoption non seulement pour « faire avancer le monde »… mais aussi pour asseoir ses propres outils IA sur des bases solides. Le gain de temps promis est réel, mais le véritable combat se jouera sur la capacité des organisations à accompagner humainement cette transition.