Publicité en pause, IA en pilote automatique : le trimestre bancal de Google

Malgré une croissance jugée “correcte” et une envolée boursière post-résultats, Google navigue en eaux troubles. Entre essoufflement de la publicité sur Search, incertitudes économiques, investissements massifs dans l’IA et pressions réglementaires, la firme de Mountain View offre un bilan en demi-teinte. Voici les principaux enseignements.

Le chiffre d’affaires d’Alphabet (maison-mère de Google) a augmenté de 12 % au premier trimestre, un chiffre identique à celui du quatrième trimestre. Ce résultat, bien qu’honorable, masque un ralentissement notable dans deux de ses segments phares : la publicité sur le moteur de recherche et sur YouTube.

Les effets de change ont rogné une partie de la croissance, ce qui laisse penser que la baisse dans Search pourrait être davantage liée à la devise qu’à une menace structurelle.

Sundar Pichai et Philipp Schindler, respectivement PDG et Directeur commercial, ont largement insisté sur les bons résultats du Cloud, tirés par la demande en produits IA, ainsi que sur le rôle croissant de l’IA dans l’amélioration des performances publicitaires via la nouvelle fonctionnalité “AI Overviews” dans la recherche.

Les recherches “commerciales”, celles génératrices de revenus publicitaires, auraient même augmenté grâce à cette IA, contredisant les craintes de cannibalisation par les chatbots.

Malgré les effets positifs de l’IA, plusieurs signaux faibles jettent une ombre :

  • Risque de récession = réduction des dépenses publicitaires
  • Hausse des amortissements due à l’achat massif de puces et serveurs IA
  • Effectifs en hausse, même si les licenciements en parallèle rendent la lecture plus floue
  • Dépenses en capital toujours en forte croissance

Traduction comptable : Les marges bénéficiaires pourraient en prendre un coup dès cette année.

En parallèle, le procès antitrust à Washington met en lumière les accords de distribution de Google pour maintenir sa position dominante. Exemple : l’installation par défaut de son application Gemini AI sur les appareils Motorola.

Un responsable de Google a reconnu que ces deals sont utilisés pour verrouiller la distribution, ce qui alimente les accusations du Département de la Justice.


Conclusion : Google, géant fébrile dans un monde instable

Ce trimestre illustre parfaitement l’équilibre précaire dans lequel évolue Google : ni triomphant, ni déclinant, mais constamment sous pression. L’IA est à la fois sa planche de salut et une source d’incertitudes. Son positionnement monopolistique commence à coûter cher en procès et en mauvaise presse. Bref, la Big Tech n’est plus ce qu’elle était : la croissance a un prix, et celui-ci semble grimper plus vite que prévu.

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