Qualcomm peut-elle défier AMD et Intel avec des PC à 600 $ ?

Qualcomm, a récemment dévoilé une ambition de taille : rendre ses ordinateurs portables équipés de puces Snapdragon accessibles à partir de 600 $ hors taxes dès 2025. Cette annonce marque une baisse significative par rapport aux 700 $ initialement évoqués cet été. Avec cette stratégie, Qualcomm entend conquérir un marché plus large, mais cette approche soulève des questions cruciales sur la qualité et les performances de ces futurs appareils, alors même que les clients restent globalement septiques sur les PC à base de processeurs ARM…

Vous le savez, l’un des arguments forts de Qualcomm réside dans l’intégration de fonctions d’intelligence artificielle (IA) sur toute sa gamme Snapdragon X, y compris les modèles plus économiques. Même les puces d’entrée de gamme bénéficieront d’un NPU (Neural Processing Unit) capable de 45 TOPS (Tera-Opérations Par Seconde). Cela ouvre la porte à des usages enrichis sous Windows 11, comme des fonctionnalités avancées de productivité avec Copilot+. Toutefois, une question demeure : ces fonctions sophistiquées séduiront-elles réellement les acheteurs de machines d’entrée de gamme alors même que les applications tirant parti du NPU local (hors Copilot donc) sont globalement absentes ?

Pour atteindre ce prix , Qualcomm prévoit une segmentation accrue de sa gamme Snapdragon X qui est pour rappel :

  • Snapdragon X Elite : le haut de gamme avec 12 cœurs.
  • Snapdragon X Plus : décliné en versions 10 et 8 cœurs.

Une puce encore non nommée, probablement équipée de moins de cœurs pour viser les 600 $. Cependant, cette réduction des performances pourrait nuire à la compétitivité des modèles les moins coûteux. Si les versions premium des Snapdragon X sont en mesure de rivaliser avec les puces x86 d’AMD et Intel, les variantes économiques pourraient paraître moins convaincantes face à des alternatives agressives, notamment dans le segment des machines à 699-799 € TTC.

La stratégie de Qualcomm doit faire face à une double concurrence. D’un côté, AMD et Intel continuent de dominer le marché des processeurs classiques avec des solutions robustes et éprouvées. De l’autre, Qualcomm doit éviter que ses partenaires fabricants n’intègrent ses puces dans des machines décevantes. Un des principaux risques identifiés réside dans le choix des composants secondaires, tels que les batteries ou le stockage. Certains fabricants, dans un souci de réduction des coûts, pourraient sacrifier l’autonomie – un avantage clé des architectures ARM – pour baisser le prix final. Résultat : des ordinateurs portables incapables de tenir plus de 6 heures, là où une configuration correcte permettrait de dépasser les 10 à 12 heures…

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.