IA et Datacenter : un nouvel investissement colossal de Microsoft

Face à l’évolution rapide des technologies d’intelligence artificielle (IA), à l’augmentation exponentielle des besoins en infrastructures associées, et puis face à l’engouement clair autour des offres Copilot, Microsoft s’engage dans une nouvelle initiative d’investissement majeure. La société a récemment annoncé sa participation au Global AI Infrastructure Investment Partnership (GAIIP), un fonds de plusieurs milliards de dollars dédié à la construction de centres de données et d’infrastructures énergétiques.

Le GAIIP a été officiellement annoncé la semaine dernière, avec Microsoft parmi ses principaux contributeurs, aux côtés de géants de l’investissement tels que BlackRock, Global Infrastructure Partners (GIP), ainsi que MGX, une firme d’investissement basée à Abu Dhabi spécialisée dans l’IA. En outre, Nvidia, leader mondial des puces pour l’IA, participe à ce projet en tant que partenaire technique, apportant son expertise et mettant à disposition des installations de production.

Le PDG de Nvidia, Jensen Huang, a souligné l’importance de ce partenariat en déclarant : « L’informatique accélérée et l’intelligence artificielle générative entraînent un besoin croissant d’infrastructures pour l’IA, propulsant ainsi la prochaine révolution industrielle. » Cette collaboration est un levier crucial pour répondre aux besoins croissants en puissance de calcul nécessaire à l’IA.

Un investissement pharaonique

Le nouveau fonds se distingue comme l’un des plus importants investissements jamais réalisés dans le domaine de l’IA. En effet, les entreprises impliquées visent à débloquer 30 milliards de dollars de capital privé sur plusieurs années, avec une ambition totale d’investissement atteignant 100 milliards de dollars en tenant compte du financement par emprunt.

L’objectif principal du GAIIP est de construire de nouveaux centres de données capables de répondre aux exigences de traitement colossales des nouvelles applications d’IA. Ces centres seront également accompagnés d’infrastructures énergétiques adaptées, pour répondre aux préoccupations croissantes en matière d’efficacité énergétique. L’initiative mise sur une architecture ouverte et des partenariats non exclusifs afin de bâtir un écosystème solide pour ces nouvelles infrastructures.

Bien que le GAIIP ait une portée mondiale, ses efforts se concentreront principalement sur les États-Unis, en particulier pour soutenir la production nationale d’équipements optimisés pour l’IA. Cette orientation répond à une volonté croissante du gouvernement américain de renforcer la compétitivité technologique du pays. La Maison-Blanche, par exemple, a récemment alloué des sommes importantes pour soutenir la production nationale de technologies numériques avancées, y compris des jumeaux numériques utilisés pour modéliser des systèmes complexes. Nous vous en parlions lors du dernier Briefing Calipia en juin. Nous reviendrons aussi là dessus lors du prochain en décembre…

Le PDG de BlackRock, Larry Fink, a qualifié les centres de données de « pilier de l’économie numérique », insistant sur le fait que ces investissements généreront de la croissance économique, créeront des emplois et encourageront l’innovation dans le domaine de l’IA. Cette vision est partagée par le président de Microsoft, Brad Smith, qui a ajouté que cet effort renforcera la compétitivité nationale, la sécurité et la prospérité économique des États-Unis.

Ce nouveau partenariat s’inscrit dans la continuité des efforts massifs de Microsoft pour étendre son empreinte en matière d’infrastructures. En 2024, l’entreprise a déjà investi des milliards dans l’expansion de ses centres de données, tant aux États-Unis qu’à l’international (dont la France avec le cadre dans la région est). Ces actions sont motivées par une demande croissante, comme nous l’évoquions pour ses solutions Copilot.

Pour soutenir ces efforts, Microsoft a cherché à s’associer avec des acteurs clés du secteur, tels que Lumen, pour renforcer les réseaux de ses centres de données, et Oracle, pour bénéficier d’une capacité accrue de services cloud. En reconnaissant l’ampleur des investissements nécessaires, Smith a conclu que « les dépenses en capital pour l’infrastructure IA et l’énergie nécessaire pour la faire fonctionner dépassent ce qu’une seule entreprise ou un seul gouvernement peut financer ».

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