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La protection de la vie privée : la menace réglementaire pour les géants du numérique

Apple était s’il on peut dire, précurseur dans ce domaine et pour cause, leur Business Model ne dépend pas de la collecte d’informations personnelles, même s’ils se montrent parfois assez laxistes dans le contrôle des applications réalisant cette tache sur leur store…

Depuis quelques semaines, c’est au tour de Facebook, Google et maintenant Amazon de se faire les champions de la protection de la vie privée. Autant le dire tout de suite, il y a pas mal de travail encore pour que cela soit crédible ! Car en dehors de ces déclarations , ils n’ont toujours pas réalisé même le plus petit des changements dans leur Business Model dépendant en très grande partie de la collecte d’informations…

Mais alors pourquoi de telles déclarations et pourquoi maintenant ? Pas plus tard que la semaine dernière c’est Amazon qui assurait que maintenant Alexa, son assistant vocal, ne conserverai plus les phrases énoncées par les utilisateurs sur simple demande… vocale. Ce qui est globalement plus pratique que d’aller sur l’application pour modifier ceci en se perdant dans les menus… Et globalement c’est une bonne nouvelle pour les personnes qui craignent qu’Alexa puisse partager par inadvertance leurs enregistrements vocaux avec d’autres personnes – comme cela s’est passé par le passé à plusieurs reprises.

La réponse à cette question se trouve, ce n’est pas une surprise, aux États Unis, ou pour être plus précis en Californie, la patrie de la technologie. En effet, l’état est en train de se doter d’une loi reprenant les grandes lignes du RGPD. Les géants de la technologie font donc face à des menaces de réglementation sur de nombreux fronts. Pour en revenir aux assistant vocaux, l’Assemblée de l’État de Californie a adopté la loi dite « anti-écoute ». Le projet de loi va maintenant être examiné par le Sénat de l’État de Californie. Les fabricants d’appareils d’écoute ambiante, tels que les enceintes intelligentes, devront systématiquement obtenir l’accord de leurs utilisateurs avant d’enregistrer leur voix et pourront demander l’effacement aussi simplement.

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Android Q : les promesses du Mode Desktop

A l’instar de ce qu’avait proposé Microsoft avec Windows mobile, ou encore ce que propose Samsung avec DeX, Google proposera en natif le « Mode Desktop » dans la prochaine version d’Android (aucune application n’exploite encore ce mode Dana slang Beta 3 installée dans nos Google Pixel).

Ce mode permet d’afficher sur un écran externe un « poste de travail Android » pour lequel la souris et le clavier sont opérationnels. Cela confirme les projets de Google d’étendre Android aux ordinateurs de bureau et aux écrans. La société demande déjà aux développeurs de commencer à porter leurs applications dans les résolutions respectives. Étant donné la nature d’Android et l’un de ses principaux arguments de vente, le mode bureau est également très personnalisable. En fait, un développeur a déjà créé un programme de lancement personnalisé qui ajoute des fonctionnalités très intéressantes :

Le lanceur en est encore à ses débuts, mais le développeur derrière le projet, Daniel Blandford, indique que Google fournit la plupart des API et des services nécessaires à la création d’un lanceur personnalisé pour le mode bureau d’Android Q. Ce lanceur personnalisé dispose de toutes les fonctionnalités de base, telles que les fenêtres de forme libre, les contrôles de volume et autres boîtes de dialogue système. Les prises en charge de la souris et du clavier sont également présentes. Se sera donc aux applications de prendre en charge ce mode. Il n’y a pas d’information actuellement pour savoir si Google proposera en natif sa propre application gérant ce mode (pour fournir un simple navigateur Chrome au besoin…

Nous reviendrons sur ces fonctions et leurs usages possibles, lors du Briefing Calipia qui commence demain à Aix en Provence, nous serons jeudi à Lyon (les deux sont complets). Il reste encore des places pour Paris, Nantes, Lille et Strasbourg. Toutes les informations ici : calipia.com/briefing

Google : une enquête antitrust à venir ?

Capture d’écran 2019-06-01 à 17.54.37Après les déboires en Europe, Selon le Wall Street Journal daté de vendredi dernier, Google devrait bientôt faire face à une enquête antitrust du département américain de la Justice concernant ses activités de recherche et potentiellement d’autres aspects non dévoilé par le quotidien. Le ministère de la Justice aurait consacré ces dernières semaines à la préparation de l’enquête, qui pourrait constituer une vaste étude pour les violations des lois antitrust sur l’ensemble de ses activités.

La FTC (Federal Trade Commission ) s’en remettrait au DOJ, à la suite du procès intenté contre la société par la FTC en 2011 concernant le placement de cookies non sollicités dans le navigateur Safari d’Apple. Cette affaire s’était à l’époque conclue par une condamnation à 22,5 millions de dollars, ce qui malgré la somme ridicule pour Google avait été à l’époque le plus important jugement de ce genre jamais remporté par la FTC devant les tribunaux. Selon la WSJ, la FTC a poursuivi son enquête jusqu’en 2013 mais cette fois pour violation de la législation antitrust. Cette dernière avait alors classé l’affaire sans engager de poursuites contre le géant de la recherche. On est très loin dur montant des trois amendes antitrust imposées à Google par l’Union européenne, qui s’élève désormais à 8,2 milliards d’euros….

Avec les élections qui arrivent aux USA, Google risque de devenir une cible prioritaire pour les politiciens et les régulateurs cherchant à contrôler la Silicon Valley,  c’est en particulier le cas de la sénatrice Elizabeth Warren (Candidate Démocrate)…

Chromebooks : le projet « Campfire » visiblement abandonné

HP ChromebookAlors que les Chromebooks gagnent de plus en plus de parts de marchés y compris en entreprise (nous y reviendrons dans le détail lors du prochain Briefing Calipia qui commence dans 3 semaines : raison de plus pour ne plus tarder à vous y inscrire 🙂 ), Google semble abandonner son projet d’exécution de Windows 10 sur ces machines.

Nous vous parlions de ce projet en aout dernier. Selon les rapports, la fonctionnalité dont le nom de code était « Campfire » aurait été nommée « Alt OS » et nécessiterait jusqu’à 40 Go de stockage pour permettre le double démarrage. C’est donc beaucoup, mais ce n’est sans doute pas la raison de l’abandon possible : dans les derniers builds de Chrome OS et à propos des Chromebooks il est clairement indiqué maintenant par Google que l’installation de Windows 10 est fortement déconseillée.

Une pratique logique pour Google qui ne l’est pas rappelons le pour Apple qui met en oeuvre les technologies « Boot Camp » avec tous les drivers pour pouvoir installer Windows 10 sur un Mac…

Google aux ordres de Donald Trump : plus de licence Android pour Huawei

On apprend cette nuit que le géant de la recherche et surtout fournisseur d’Android, prendrait en quelque sorte part à la guerre que mène le gouvernement américain au constructeur chinois Huawei. Mais a-t-il le choix ?

Capture d’écran 2019-05-20 à 07.39.18.pngLa semaine dernière, Donald Trump, a déclaré l’urgence nationale empêchant les pays étrangers d’importer de futures importations en provenance des États-Unis sans l’approbation du gouvernement fédéral. Huawei a été ajouté à la « Liste des entités » du ministère américain du Commerce, qui interdisait essentiellement à la société chinoise d’acheter des composants et des matériaux à des sociétés américaines sans l’approbation du gouvernement américain. Selon Reuters, Google aurait « suspendu avec Huawei des transactions nécessitant le transfert de produits matériels et logiciels, à l’exception de ceux couverts par des licences open source ».

Google abandonnerai donc la prise en charge de tous les futurs smartphones Huawei hors de Chine, mais surtout les services tels que Google Play Store et Gmail. De plus, Huawei ne recevra plus les mises à jour Android à compter de maintenant. Une arme atomique, aura un impact majeur sur Huawei. Même si l’entreprise dispose, bien sûr toujours accès au code Open Source d’Android, le blocage du Google Play risque d’être très problématique pour vendre des téléphones dans le monde entier. Les concepteurs d’alternatives à Android connaissent cette menaces dès lors que le fournisseur devient un peu trop puissant…

En mars, un représentant de la société avait révélé que Huawei avait un système de backup au cas où les choses se dérouleraient mal avec les USA. La société a conçu ses propres systèmes d’exploitation, à utiliser uniquement dans des situations d’urgence,  telles que l’impossibilité d’obtenir une licence pour Android ou Windows… Mais ceci posera tout de même le problème d’accès aux services de Google.

La situation de Google obéissant à l’administration américaine, peut-être assez amusante lorsque l’on sait que les reproches fait à Huawei sont justement que cette société serait aux ordres de son gouvernement…

 

Google et l’optimisation fiscale : rien de plus normal…

Une interview interessante sur la BBC où l’ancien CEO de Google, Eric Schmidt, est revenu sur les pratique de Google en matière d’optimisation fiscale pour affirmer que « la société faisait preuve d’éthique lorsqu’elle pratique l’optimisation fiscale afin de réduire le montant des taxes payées à l’étranger« .

Lorsque Emily Maitlis de la BBC a insisté sur les stratagèmes d’évasion fiscale de Google, Eric Schmidt a répondu avec un air interrogateur : « Voudriez-vous que nous donnions plus, volontairement, à ces gouvernements ? Est-ce votre demande ? … Nous sommes très à l’aise avec ce que nous avons fait et je défendrai la société et son fonctionnement pendant très longtemps. « . Alors même que l’intervieweuse citait les informations de janvier de cette année qui révélaient que le moteur de recherche avait transféré 22,7 milliards de dollars via une société écran néerlandaise aux Bermudes en 2017 afin de réduire sa facture fiscale (révélé grâce à des documents déposés à la chambre de commerce néerlandaise)… Les vrais portes des paradis fiscaux sont toujours bien en Europe… et ce n’est pas nouveau, depuis combien d’années les géants du numériques vous facturent depuis ces pays ?

L’éternelle question de la sécurité des terminaux Android…

Depuis le début d’Android (il y a 10 ans maintenant), la sécurité a toujours été le talon d’Achille de la plateforme mobile. Le nombre d’intervenants mais aussi peut-être paradoxalement l’ouverture de ce dernier fait que chacun (Editeur, Constructeurs et Opérateurs) écrit ou modifie le code, ajoute des couches et sur-couches rendant alors la structure plus difficile à maintenir et créant une dépendance logique sur chacune des couches. Résultat, lorsqu’un élément doit être corrigé c’est tout l’édifice qui peut devenir bancale.

Capture d’écran 2019-04-06 à 18.25.53Google à très vite compris ce problème, sans pour autant en trouver la solution. Aujourd’hui le système d’exploitation compte non seulement plus de deux milliards d’utilisateurs actifs, mais tout le monde est beaucoup plus critique en ce qui concerne sa confidentialité et sa sécurité dans l’espace numérique. Google  publie depuis cinq ans son rapport « Year in Review« , décrivant en détail comment il protège ses utilisateurs Android. La nouvelle version du rapport vient d’être rendue disponible.

Mais compte tenue de la diversité, surveiller Android et sa sécurité n’est pas une tâche facile. Google détecte notamment les applications potentiellement néfastes (PHAs). Google maitrise le Play Store (Le magasin applicatif) et parvient tant bien que mal à écarter les applications suspectes (seulement 0,08% des appareils utilisant exclusivement le Play Store pour installer des applications aurait été infectées par une ou plusieurs PHA). Le problème reste la possibilité d’utiliser des applications venant de sources externes où le taux d’infection serait huit fois plus élevé pour atteindre donc 0,68%.

Capture d’écran 2019-04-06 à 18.32.42Mais ce rapport est un arbre qui cache un peu la foret, car le véritable problème reste que les constructeurs se se précipitent pas pour appliquer les correctifs ou simplement mettre à jour le système. Y compris sur des modèles récents. Là encore Google est bien conscient du problème. Afin d’accélérer le processus de mise à jour, le Project Treble a été introduit dans les versions les plus récentes d’Android, (nous vous en parlions il y a deux ans lors d’un Briefing Calipia), ceci aurait permis d’après Google aux entreprises de publier des mises à jour plus rapidement. Le rapport indique « qu’au quatrième trimestre de 2018, 84% de périphériques supplémentaires bénéficiaient d’une sécurité. mise à jour par rapport au même trimestre l’année précédente « .

Mais Google indique aussi qu’en 2018 même les nouveaux produits Android pouvaient présenter des vulnérabilités dès l’origine. Google a lancé une suite dite « de tests de construction (BTS) » avec des équipementiers afin de lutter contre ce problème, leur permettant de soumettre des images qu’ils souhaitent installer sur leur modèles afin de détecter les problèmes de sécurité et les éventuelles PHA avant leur envoi aux utilisateurs.

Avec le programme Android Entreprise lancé en février 2018, Google compte bien aussi obliger les constructeurs qui y adhèrent de réaliser ces mises à jours au moins pour 2 ans. Mais encore faut-il que tout le monde y adhère et pour tout les modèles vendus. Ce qui est loin d’être le cas, lorsque l’on voit aussi que le principal constructeur, Samsung, ignore ce programme…

Nous reviendrons sur ces éléments lors du prochain Briefing Calipia avec une session dédiée au passage d’iOS à Android. N’hésitez pas à vous joindre à nous.

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