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Valorisation : les GAFAM profitent très largement de la crise

Nous le savons, alors que les GAFAM était au plus bas le 15 mars 2021 au début de la pandémie et surtout des confinements qui s’annonçaient tout autour de la planète, ils ont plus que fortement progressé durant une an, profitant de la pandémie et de nos dépendances au numérique pour assoir leur domination.

Qu’aurait été la crise sans l’omniprésence des technologies ? Comment imaginer le télétravail ? Lorsque l’on interroge les DSI sur le facteur déterminant pour l’accélération de la transformation digitale de leur entreprise, la pandémie est clairement le n°1. Alors que ces valeurs technologiques aient progressé n’est pas surprise, mais dans quelle proportion ?

Nous nous sommes amusés à reprendre les valorisation de ces sociétés le 15 mars 2020 puis au 15 mars 2021, un an plus tard. Les chiffres parlent d’eux mêmes.

Impressionnant, Apple, Microsoft et Amazon qui étaient au environ de mille milliards de $ au 15 mars, un record déjà à l’époque, sont maintenant à plus de 2000 pour Apple, près de 1800 pour Microsoft ou 1500 pour Amazon… La valorisation des GAFAM qui avait atteint 3500 Milliards de $ en mars 2020 représentait déjà plus de deux fois le total de toutes les entreprises du CAC40 ! Aujourd’hui la valorisation d’Apple dépasse à elle seule celle du CAC40. La valorisation globale des GAFAM est de 7573 Milliards de $ soit 1000 milliards de $ de plus que le PIP du Japon (la 5 ème puissance). Alors ou,i comparer des PIP avec une valorisation c’est un peu comme comparer des choux et des carottes, mais sur de telles sommes cela met tout de même les choses en perspective.

Si l’on devait comparer au secteur automobile, Apple est 10 fois plus valorisé que le numéro 1 Toyota, 20 fois plus que le N°2 Général Motors, 200 fois plus que Renault… Il y a bien Tesla qui tire sont épingle du jeu à 675 Milliards de $ de capitalisation boursière (plus de 3 fois Toyota alors qu’il vend 20 fois moins de véhicules) , mais Telsa est-il vraiment un constructeur automobile ou une société technologique ?

C’est bien toute la technologie qui a profité de cette pandémie, en regardant de plus petits acteurs qui clairement ne jouent pas dans la même cour, les performances sur 1 an sont aussi impressionnantes :

Face à ces chiffres stratosphériques, on comprend mieux, à l’heure où il faudra rembourser le « Quoi qu’il en coute » qui était la règle sur la planète, pourquoi les différents gouvernements lorgnent de plus en plus sur ces sociétés et leurs actionnaires qui ont vu leur portefeuille augmenté en moyenne de 85% sur les GAFAM…

Jeff Bezos ne témoignera pas au congres cette semaine

Images Wikipédia

Signe de la tension qui règne actuellement aux USA envers les GAFAM, Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, ne témoignera pas devant le comité sénatorial du budget la semaine prochaine. La demande de témoignage sur le thème de l’égalité des revenus, émanait du sénateur Bernie Sanders qui voulait :

« Que Monsieur Bezos explique au peuple américain pourquoi ‘il dépense beaucoup d’argent pour nier la dignité économique aux travailleurs d’Amazon, alors qu’il est devenu plus riche de 78 milliards de dollars pendant la pandémie« .

La question ne s’adresse sans doute pas qu’à Amazon, lorsque l’on voit la progression de l’ensemble des valeurs technologiques et des GAFAM en particulier. Mais Amazon est au coeur d’une médiatisation aux USA sur les les efforts de syndicalisation des employés de son centre de traitement en Alabama. L’audience prévue demain, comprendra le témoignage de Jennifer Bates, employée du centre de traitement des commandes d’Amazon, l’ancien secrétaire au Travail Robert Reich et d’autres personnes.

Tout ceci intervient également alors que l’état de Washington (où se trouve le siège d’Amazon) discute actuellement de l’opportunité de mettre en place un ISF qui imposerait les grandes fortunes de 1%. Nous vous en parlions ici même il y a quelques semaines.

GAFAM : Nomination d’un conseiller très hostile aupres de Biden

Tim Wu, Campaign Event, Summer 2014.jpg
Photo Wikipedia

Pas vraiment une bonne nouvelle pour les GAFAM : Le président Biden vient de nommer comme « assistant spécial pour la technologie et la politique de concurrence » : Tim Wu, professeur de droit à l’université de Columbia connu pour son hostilité au GAFAM et ses prises de positions sur « les géants technologiques qui ont trop de pouvoir » il s’est prononcé à de nombreuses reprises en faveur d’actions antitrust contre eux …

Clairement le Président Biden, donne des gages à son aile gauche en notant ce proche d’Elisabeth Warren. La nomination de M. Wu, 48 ans, est largement soutenue par les démocrates progressistes et les groupes dit « antimonopole », cela suggère que l’administration prévoit de légiférer sur l’influence d’entreprises comme Amazon, Apple, Facebook et Google, notamment en travaillant avec le Congrès sur les lois antitrust. Au cours de sa campagne, M. Biden avait déclaré qu’il serait ouvert à l’idée de démanteler des entreprises technologiques. Autant dire que les actions de lobbyings de ces entreprises risquent bien de s’amplifier dans les mois à venir !

Wu a notamment critiqué les définitions trop étroites des monopoles dans les lois actuelles arguant qu’il faut examiner si une entreprise a suffisamment de pouvoir pour désavantager ses concurrents, puis si elle en abuse. Il a déclaré qu’en fin de compte, la loi doit favoriser les intérêts des consommateurs plutôt que ceux de ces entreprises. Il n’est visiblement pas très sensible aux arguments des GAFAM qui considèrent que toutes restrictions ferait le jeu des géants chinois (les fameux BATX) et finalement pénaliseraient le consommateur américain…

Le principal sujet de préoccupation de Wu est le rachat d’entreprise pour conforter des positions avec en ligne de mire les acquisitions de WhatsApp et Instagram par Facebook (Wu a soutenu à de nombreuses reprises les appels à la dissolution de la société). En 2018 il écrivait dans un livre « La malédiction de la grandeur » :

« L’extrême concentration économique engendre des inégalités flagrantes et des souffrances matérielles, alimente l’appétit d’un leadership nationaliste et extrémiste »

Il est également connu comme étant un fervent défenseur de la neutralité du Net. « Cette nomination donne le ton d’une nouvelle ère dans l’application de la législation antitrust« , a déclaré la sénatrice Amy Klobuchar du Minnesota, présidente démocrate de la sous-commission judiciaire du Sénat sur les ententes. Mme Klobuchar en charge du projet de loi visant à renforcer les lois antitrust.

[INFOGRAPHIE] Les plus grosses acquisitions des GAFAM

Les GAFAM, nous le savons achètent à tout de bras des sociétés (en général plus de 100 entreprises par an !). C’est en quelque sorte une stratégie d’externalisation de leur R&D. Ne nous y trompons pas également en les positionnant comme des prédateurs, c’est aussi une stratégie bien admise par de nombreuses startups dont c’est parfois la raison d’être…

CBInsights, nous propose une belle infographie résumant les plus grosses acquisitions (plus d’1 Milliard de $) des géants du numérique depuis plus de 20 ans.

Microsoft avait ouvert le bal avec Visio ! Mais les choses étaient resté en famille à l’époque, l’épouse de Steve Ballmer en était la patronne 🙂 Il y en avait eu bien sur aussi avant coté Microsoft, mais sans atteindre de telles sommes. Des exemples :

  • PowerPoint, acquis d’une société canadienne
  • Le logiciel de bases de données FoxPro
  • etc.

Microsoft reste encore largement en tête avec plus de 10 acquisitions de plus d’un milliard de $. La plus importante restant bien sur Linkedin. Si cette dernière est globalement vue aujourd’hui comme un succès, ceci n’a pas toujours été le cas : souvenons nous de l’acquisition de Nokia : un bel échec, revendu quelques années plus tard pour beaucoup moins cher. Tout comme Yammer qui lors du rachat à vu des développeurs fuir la société…

Le plus grand raté de Google, étant sans doute le rachat de Motorola, revendu quelques années plus tard à Lenovo avec une belle perte…

Elections américaines : quels sont les « investissements » en lobbying des GAFAM dans les politiques ?

Ces fameux GAFAM, dont les employés sont souvent d’un point de vue politique en faveur des Démocrates et dont les dirigeants se revendiquent haut et fort depuis des années comme plutôt anti-Trump, sont-ils cohérents dans le financement des partis politiques ? En d’autres mots, pour qui penchent-ils réellement lorsqu’il s’agit de financer les campagnes politiques ?

Pour faire un petit tour de leurs « Investissements ». Le site OpenSecrets.org, recense méthodiquement les dons des principales sociétés et organisations aux politiques (chose tout à fait légale aux USA et déplafonnée). Je me suis amusé à regarder le résultat pour les GAFAM :

« Investissements » en Lobbying politique des GAFAM en Millions de $

Sans surprise, ils penchaient pour les Démocrates pour l’élection de 2016 et beaucoup plus clairement pour 2020 (regardez en particulier les évolutions des chiffres de Microsoft entre les deux élections…)

C’est encore plus parlant en pourcentage. Le seul qui n’a pas modifié réellement ses « investissements » est Apple…

Répartition des « investissements » en lobbying politique en pourcentage

Des félicitations « technologiques » pour Biden

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Image Wikipedia

Après une longue attente qui a permis au monde entier de connaitre les particularités (souvent d’un autre âge) du système électoral américain. Joe Biden a été élu, tout au moins d’après les médias américains, car pas de ministère de l’intérieur là bas pour déclarer les résultats, il faudra donc attendre encore un mois pour que les grands électeurs votent. Une durée assez longue qui correspond à l’époque au temps nécessaire (au maximum) pour que tous les délégués arrivent dans la capitale fédérale. Aujourd’hui, à la vitesse des réseaux informatique, c’est vraiment d’un autre âge, que diront on s’il s’agissait d’un autre pays, disons, moins développé ?

Heureusement pour lui, le président élu, n’a pas attendu, les messages des pigeons voyageurs pour être félicité ! C’est un autre type d’oiseau, petit et bleu cette fois, qui était à l’oeuvre. Fini les communiqués de presse, les messages « officiels » via les ambassades. Twitter a pris le relais. Il restera cela de la présidence Trump.

Mais les officiels des sociétés technologiques ont aussi félicité Biden. à l’image de Microsoft qui par la voix de son président, Brad Smith, a rédigé un billet de blog pour féliciter ceci, ainsi que pour expliquer comment le gouvernement américain peut travailler avec les entreprises technologiques pour combler le fossé entre les gens. Ce qui pourrait en d’autres termes se dire « saisir les opportunités »…

M. Smith a identifié certains domaines clés dans lesquels la technologie peut être encore mieux utilisée :

  1. « Rendre le haut débit abordable pour tous, en particulier à la lumière de la pandémie actuelle, afin que les gens puissent utiliser les services numériques depuis leur domicile« . Contrairement aux idées reçues, nous payons beaucoup moins cher en France nos abonnements internet qu’aux États Unis. Ils ont de plus majoritairement des forfaits en Go y compris pour les lignes fixes donc et pas en illimité comme chez nous.
  2. « S’efforcer de mettre à la disposition de tous les compétences numériques telles que l‘intelligence artificielle et l’analyse de données afin que les gens puissent les utiliser pour améliorer leurs professions respectives« .
  3. « Protéger la démocratie contre les cyberattaques avec des partenariats solides établis entre les secteurs privé et public, les innovations technologiques étant partagées entre les deux« .
  4. « Créer davantage d’opportunités commerciales afin d’accroître la productivité et d’améliorer l’économie« 

Pas difficile de voir les opportunités commerciales à saisir pour Microsoft dans de telles propositions. Plus l’infrastructure est présente et en haut débit, plus la crédibilité des offres Cloud de l’éditeur s’en trouve renforcée. Sans surprise on retrouve aussi dans ces propos l’Intelligence Artificielle et les système de protections, deux domaines (liés) où Microsoft à des solutions…

Alors oui, cela peut forcément paraitre comme des déclarations opportunistes, mais les GAFAM n’ont jamais caché pencher pour les démocrates. Même si la perspective d’une Elisabeth Warren à la place de Biden les auraient fait frémir. Ils sont rassurés avec le coupe Biden-Harris, la vice présidente était notoirement proche de ces géants.

Amusant de voir dans les jours qui viennent ceux qui ne manquerons sans doute pas de retourner leurs vestes, comme Larry Alison, le patron d’Oracle et premier soutien de Trump… Il était au côté de Trump, pour la création du comité technologique, avec la patronne d’IBM et Elon Musk (même si ce dernier a claqué la porte lorsque Trump à quitter les accords de Paris sur le climat).

Pourquoi Microsoft n’est-il pas dans le viseur du gouvernement américain ?

DOJIl y a 20 ans maintenant, de nombreux états américains et le gouvernement fédéral (Démocrate à l’époque) lançaient contre MS vs DOJMicrosoft le procès Antitrust pour des pratiques anti-concurrentielles, en 2000 un juge fédéral ordonnait un découpage de la société en deux morceaux : une société gérant les technologies serveur et une autre les applications poste de travail. Microsoft avait fait appel de la décision qui fut quelques années plus tard remise en cause en appel.

Aujourd’hui le gouvernement américain, s’attaque aux géants du net pour également des pratiques qui fausseraient la concurrence. Mais il est interessant de voir que sont ciblés les GAFA et pas les GAFAM (le M de Microsoft). Google, Apple, Facebook et Amazon donc. C’est d’un coté une excellente nouvelle pour Microsoft, mais cela traduit aussi le fait que le géant n’est plus incontournable ! 

Bob HerboldDans une interview à FOX Business, l’ancien vice-président et directeur financier de Microsoft, Bob Herbold (en activité chez l’éditeur, comme les employés de Calipia, dans les années 90 et début 2000), répondant à la question « Pourquoi le gouvernement ne s’intéresse pas au cas Microsoft ? » a déclaré que l’entreprise à un type d’activité nettement différent de celui d’Amazon, Google, Apple et Facebook. C’est aujourd’hui avant tout une « société d’infrastructure… qui n’est plus dominante sur chacun de ses secteurs« .

L’éditeur est présent, très présent même (en particulier sur l’OS du poste de travail, les applications bureautiques) mais des alternatives très crédibles existent, ou le marché qui se décale vers plus de mobilité font que les parts d’usages des produits Microsoft sont globalement en baisse. Prenons par exemple le cas d’un « col blanc » du début des années 2000 : sur 8 heures passées avec des technologies, il utilisait des technologies Microsoft à quasiment 95% : entre Windows, Office, les technologies serveur Windows Server, Exchange,… Aujourd’hui, il utilise encore plus la technologie, mais avec la mobilité, les objets connectés, la part d’usage des technologies Microsoft a bien baissé. Microsoft fait beaucoup plus de revenu qu’à l’époque mais le « gâteau » global a grossi beaucoup plus vite encore !

Que pensent les européens de l’influence de l’UE face aux géants du Web ?

GAFA logoDans le cadre du débat au Parlement Européen sur les droits d’auteurs, Harris Interactive a réalisé une enquête (COPYRIGHTS & TECH GIANTS : QUELLES ATTENTES EN EUROPE ?) sur le ressenti de 6 600 citoyens de 8 pays de l’UE (dont la France) concernant pour faire simple les rapports de pouvoir entre les « GAFA » et les instances Européennes.

Et les résultats sont plutôt rassurants sur la globale conscience des citoyens sur les rapports de forces et pratiques des géants de l’IT, tout en étant assez inquiétants sur la forme de renoncement qu’ils impliquent…

  • L’image des GAFA est assez mitigée auprès de ces citoyens européens. Un sur deux estime ainsi que ces entreprises permettent de préserver d’une part une information fiable (50%), et d’autre part l’indépendance et la souveraineté des Etats européens (48%). Leur capacité à assurer une juste rémunération aux artistes (43%) et à protéger les données des citoyens européens (40%) est davantage questionnée. Les citoyens Français se montrent particulièrement critiques sur ces différents sujets.
  • Aux yeux des deux tiers des citoyens de ces 8 pays européens, les GAFA détiennent aujourd’hui plus de pouvoir que l’Union Européenne (67% contre seulement 33% pour l’UE). Un point de vue majoritairement partagé dans tous les pays, et tout particulièrement en Italie (78%) et en Grèce (77%). La France se trouve proche de la moyenne européenne (65%). Dans ce contexte les GAFA peuvent être perçus comme un risque potentiel pour le fonctionnement des démocraties : 6 citoyens de ces pays européens sur 10 (61%) partagent ce point de vue, et même plus de 3 Français sur 4 (76%).

Harris Interactive - copyRights.JPG

  • Pour 66% de ces citoyens la façon dont les plateformes Internet partagent avec les artistes et créateurs de contenus les revenus générés par ces derniers via leurs plateformes n’est pas équitable. C’est à nouveau particulièrement le cas en France (76%) et en Allemagne (72%), quand Roumains (47%) et Polonais (46%) se montrent plus partagés.
  • Par conséquent ces citoyens européens approuvent dans leur ensemble la création par l’Union Européenne de nouvelles règles visant à protéger et garantir la rémunération des artistes et créateurs de contenus (87%, dont 37% tout à fait favorables à cette nouvelle réglementation). Près de 9 Français sur 10 (88%) s’expriment en faveur de ce type de régulation, et 1 Français sur 3 affirme même y être « tout à fait favorable » (34%).
  • Enfin, concernant la rémunération des médias par les plateformes qui réutiliseraient leurs contenus, ces citoyens européens s’y disent également majoritairement favorables (81% et même 32% très favorables), une opinion à nouveau partagée par les Français (80%).

Il manque juste à cette étude, à mon humble avis, l’impact qu’auront sur des sites qui ne sont pas des géants du Web et qui comme je viens de le faire reproduisent des propos publiés sur Internet par des créateurs de contenu (au sens large). Donc la démarche de l’UE pour sauver la presse en ligne pillée par certains géants, si elle est louable, risque d’avoir quelques effets pervers pour les blogueurs, youtubeurs et autres acteurs périphériques du monde de l’information et de la culture…

GAFA : L’Allemagne pourrait torpiller une initiative « intéressante » de l’UE sur la taxation des profits des géants de l’Internet

GAFA logoL’Allemagne avait accueilli avec réserve la proposition de la Commission européenne de fixer à 3% le taux de la taxe transitoire sur le chiffre d’affaires imposée aux géants d’internet, que sont les GAFA, GAFAM (avec Microsoft), les BATX (en Asie) ou les NATU, en attendant une réforme fiscale en profondeur.

Cette mesure pourtant assez prudente, voire timorée compte tenu du fait que ces entreprises ne payent en Europe que des impôts basés sur 8,5% à 10,1% de leurs profits, alors qu’il oscille entre 20,9% et 23,2% pour les sociétés qui déclarent tous leurs bénéfices en Europe (en fait 33% pour une PME Française, mais bon…). Et même si cet exercice dit d’optimisation fiscale n’est pas utilisé que par que les géants d’Internet, l’initiative de l’UE de juste participation géographique à l’impôt peut paraitre une bonne première étape, d’autant que cette simple première étape, qui si elle est mise en œuvre (pas avant 2019 en tout état de cause) pourrait rapporter environ cinq milliards d’euros.

Mais le ministère allemand des finances songerait selon le journal allemand Bild, qui a pu consulter un document confidentiel à annuler son plan sur la fiscalité des grands acteurs du numérique. Ce document du ministère des Finances mentionne que la « diabolisation » des grandes entreprises numériques « n’est pas productive ».

L’analyse de l’agence de presse Reuter est intéressante, montrant certaines contradictions politiques probables d’un ministre des finances (Olaf Scholz), membre du parti social-démocrate (SPD), et donc de la coalition de la chancelière Angela Merkel, qui avait fait de la taxation des “Gafa” l’un de ses thèmes de campagne lors des élections de l’année dernière.

Donc entre l’Irlande qui est assez logiquement contre cette proposition et l’Allemagne qui tergiverse, assez logiquement il est peu probable que l’UE ne se tranche avant des années sur ce problème des relations entre les instances gouvernementales et les géants d’internet que nous avions évoqué lors du billet PETITE MISE AU POINT SUR LES « GAFA ».

Microsoft : « Moi aussi je suis un méchant ! »

mechant GAFAMLa communication sur les « GAFA » n’est pas très positive, c’est le moins que l’on puisse dire, en France et en Europe. C’est d’ailleurs principalement sur le vieux continent que ce terme est employé.

Les Gafa désignent, vous le savez, Google, Apple, Facebook et Amazon. Les articles traitant des GAFA sont rarement élogieux et associés le plus souvent à des termes négatifs comme « Optimisation Fiscale «,  « Pillage » etc.

Faites une petite recherche sur Google (!) et regardez les premiers liens proposés. Le premier est la définition suivant Wikipédia, mais pour les autres ont trouve :

  • Pourquoi les état-unis doivent réguler les GAFA (lesechos.fr)
  • Rien n’arrête les GFA (Slate.fr)
  • Démantelons les Gafa (l’Express)
  • Faut-il avoir peur des GAFA(FranceTV.fr)
  • Oubliez les GAFA(Capital.fr)
  • Etc.

Dans un tel contexte, même si elle n’en est pas à l’origine du terme, pourquoi une entreprise comme Microsoft (en France) s’acharne à parler dans ces communications de « GAFAM » ? Pourquoi veut-elle ajouter systématiquement son « M »  lorsque l’on parle des GAFA ?

C’est un peu comme si elle disait : «  Moi aussi je suis un méchant » ! « Rappelez-vous comme j’étais méchant il y a pas si longtemps quand j’étais en position dominante sur Windows, Internet Explorer, etc.« .  Cela pourrait paraître comme un peu risible ou carrément pathétique.

Mais surtout pourquoi vouloir associer son image – qu’elle a fait tant d’efforts pour améliorer – à cet acronyme si négatif ?

Bien sûr, c’est sans aucun doute liée à l’admiration que les GAFA génèrent, plus forte que leur détestation, dans la population française. Une fascination pour ces entreprises qui, en très peu de temps, ont conquis et changé le monde grâce à leurs innovations. Seule Apple, mais moribonde, existait au début des années 2000. Donc pour Microsoft, associer son nom à ces entreprises est clairement une source de fierté.

Mais le message est aussi et surtout à mon avis, destiné aux employés, de plus en plus attirés par la concurrence des Amazon, Google ou autre Facebook (il suffit de faire un tour sur Linkedin pour voir la transhumance des Microsoftees).

Ce serait un peu pour les dirigeants de Microsoft France comme le message de Panzani dans ses publicités du siècle dernier « Chéri revient j’ai les mêmes à la maison » !

Alors pourquoi tant que l’on y est, ne pas ajouter aussi un O pour Oracle et un I pour IBM ! Et parlons de (fait) GAFAMOI 🙂

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