les sociétés technos : championnes de l’optimisation fiscale

Ce n’est pas une news, malheureusement :(. Nous nous sommes faits à plusieurs reprises l’écho (ici,  entre autres) de l’absence de citoyenneté de beaucoup d’entreprises high tech en Europe, en tout cas si l’on en juge par un critère simple : le paiement des impots sur les bénéfices réalisés.

Mais chaque semaine apporte un nouvel éclairage de ce sport international qu’est l »optimisation fiscale, et qui peut fournir quelques infos pertinentes dans le contexte de crise économique grave traversée par l’Europe.
Ainsi selon le quotidien anglais The Guardian, la société Amazon, bien que réalisant quelques 3,3 milliards de £ (plus de 5 milliards de dollars) en Grande Bretagne (25% de tous les livres vendus Outre Manche le sont par Amazon), ne paie tout simplement pas d’impôt là bas ! La mécanique à l’oeuvre est connue : montage d’une entité au Luxembourg (paradis fiscal européen), à qui le chiffre d’affaires réalisé en UK est reconnu. La filiale anglaise n’est quant à elle qu’une simple entité de manutention, avec un chiffre d’affaire taxable proche de zéro. Toujours selon The Guardian, en 2010, l’entité luxembourgeoise a déclaré un chiffre d’affaires de 6,5 milliards de £ pour 135 employés, alors qu’Amazon UK, qui emploie plus de 2200 personnes n’a déclaré qu’un CA de 150 millions de £ pour la même période….

Celà ressemble bigrement aux mécaniques de Google, Apple, Microsoft, Oracle … passant par le Luxembourg, l’Irlande et les Pays-Bas. Cette stratégie, connue sous le joli nom de Double Irish, illustrée ici pour le cas de Google (source Libération.fr),  revêt un caractère particulièrement ambigüe, si l’on considère Google, toujours en Grande-Bretagne. En effet, le géant de l’Internet bénéficie là bas d’appuis politiques très importants auprès du gouvernement de monsieur Cameron. Ainsi Eric Schmidt est un conseiller privé du premier ministre anglais, et lorsque Google a inauguré son nouveau siège à Londres, à la fin du mois de mars dernier, c’est le ministre des finances anglais, George Osborne, qui est venu couper le ruban, en ayant au préalable co-signé avec E.Schmidt un article dans le Financial Times  (28 mars) sur les relations entre les 2 organisations. Vantant très certainement le caractère citoyen de Google..

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