Des nouvelles du contrat cloud du siècle (10 Milliards de $) avec le Pentagone

Nous vous parlions de ce contrat du siècle que devrait signer le Département de la Defense américaine avec un des 2 acteurs du Cloud sont en short list, Amazon et Microsoft, alors que les rivaux, IBM, Oracle, Google ont été écartés (du fait de la pression de ses propres employés pour Google).

Le gagnant devait être connu en juin, puis « cet été », on parle maintenant de septembre/octobre. Pourquoi ce délai ? Certes les sommes en jeux sont importantes, mais il semblerait que ce sont des soupçons de favoritisme  qui en seraient à l’origine comme le souligne le très sérieux site d’investigation ProPublica. Le site révèle à quel point Amazon et son PDG, Jeff Bezos, ont été proches du projet depuis sa création. En particulier avec le précédent secrétaire à la défense. Ces fuites laissent à penser que les chances d’Amazon de décrocher le contrat de 10 milliards de dollars pourraient être compromises alors que son rival, Microsoft, continue de marquer des points en toute discrétion.

amazon DOD
Si vous avez loupé des épisodes voici où nous en sommes : Amazon et Microsoft sont les derniers candidats du contrat de 10 milliards de dollars pour la migration des données du Pentagone vers le cloud. Le projet – connu sous le nom d’Infrastructure de défense commune des entreprises (JEDI 🙂 ). C’est une refonte majeure de l’infrastructure technologique du Département de la Défense qui permettra à différentes branches de l’armée de partager des informations dans le cloud mais aussi d’intégrer des technologies d’intelligence artificielle (c’est sur ce dernier point que les employées de Google avait demandés le retrait de l’entreprise de la course). Le Pentagone devait annoncer un gagnant cet été, mais le calendrier est retardé à la suite de nouvelles enquêtes sur le rôle d’Amazon dans le processus d’achat.

Selon l’enquête de ProPublica, le Pentagone avait annulé une cérémonie qui aurait donné à Jeff Bezos (le patron d’Amazon) une place au sein du Conseil de l’innovation de la défense, en août 2017. Le secrétaire à la Défense, Jim Mattis, avait été contraint d’annuler l’événement lorsqu’un employé a tiré la sonnette d’alarme sur la vérification des antécédents requis (habilitation). A la place de cette cérémonie, Bezos et Mattis ont tenu une réunion privée au cours de laquelle le PDG d’Amazon aura plaidé en faveur de la migration des données du Pentagone vers AWS (il aurait été dommage qu’il ne profite pas de l’occasion, si sur un contrat de 10 Milliards de $ le PDG ne s’implique pas alors qui le ferait…).
Bezos et Mattis se seraient rencontrés à nouveau en janvier 2018 dans un restaurant de Washington D.C., alors que le DoD fixait dans le même temps les critères de candidature pour JEDI.

Face à ces propos, un porte-parole d’Amazon a déclaré à ProPublica que « la société ne savait pas que Bezos avait besoin d’une habilitation de sécurité pour rejoindre le conseil d’administration du DoD« . « Que les accusations de favoritisme étaient fausses ou motivées par des concurrents mal-chanceux, tels qu’Oracle. » Il est vrai que sur un contrat d’un tel montant les coups tordus ne doivent pas manquer…

Sur cette histoire d’habilitation (refusée ou pas ?) Elissa Smith, porte-parole du DoD, a déclaré: «l’habilitation de sécurité de monsieur Bezos est une affaire personnelle et, par respect pour sa vie privée, le ministère ne peut faire de commentaire « . Elle a également souligné que « M. Bezos n’avait pas été nommé au Defense Innovation Board pour diverses raisons.  »

Ces accusations de favoritisme pourraient compromettre les chances d’Amazon (et faire la joie de Microsoft).  Donald Trump, critique fortement Bezos (y compris sur ses affaires de coeur) et a déclaré à la presse le mois dernier qu’il «recevait d’énormes plaintes concernant le contrat que le Pentagone pourrait avoir avec Amazon… qui disaient que l’appel d’offres n’était pas loyal.».  Le nouveau secrétaire à la Défense, Mark Esper, a lancé un examen du processus d’achat, retardant ainsi la désignation du gagnant… 

Vu de ce côté de l’atlantique on peut s’étonner des relations étroites entre le Pentagone et les entreprises privées de technologies. Mais d’une part ce n’est pas nouveau (oublions pas qu’Internet lui même vient de projet de La Défense américaine avec Arpanet), et l’influence du département de la Défense fait partie de l’histoire de la Silicon Valley tant les relations avec des industriel sont nombreuses. Ce sont les contrats avec la défense qui ont après la Seconde Guerre mondiale été à l’origine du boom de cette région. Et en France, il est tout aussi habituel que la Defense travaille avec les industriels locaux de l’armement tels Dassault, Thales, etc…

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