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Pourquoi Microsoft prévoit de racheter 40 Milliards de $ de ses actions ?

Satya BerlinLe conseil d’administration de Microsoft à autorisé l’entreprise la semaine dernière de racheter pour un montant de 40 milliards de dollars ses propres actions. Ce plan est l’un des plus importants de l’histoire de la société. Concrètement cela consiste à retirer des millions d’actions du marché à un moment où son cours augmente rapidement, ce qui pourrait même accélérer le mouvement.

Alors, ce n’est pas la première fois que Microsoft réserve des fonds importants pour racheter des actions  sur le marché. Microsoft l’a fait à deux reprises (pour 40 milliards de dollars), d’abord en 2013, puis à nouveau en 2016. Mais si ce n’est pas pour soutenir le cours comme c’est souvent le cas, quelles en sont les raisons ?

Les entreprises rachètent des actions pour diverses raisons. Les rachats d’actions tendent à augmenter le bénéfice par action en réduisant le nombre d’actions disponibles. Première raison : la société pourrait vouloir consolider les pouvoirs de vote. Cela pourrait être aussi un moyen de rendre de l’argent aux investisseurs. Ou finalement, Microsoft pourrait penser que le cours de ses actions, pourtant croissant, reste néanmoins encore sous-évalué par rapport à ses concurrents. Ceci dans un contexte où les actions de l’éditeur ont grimpé de 35% depuis le début de l’année, faisant passer sa capitalisation boursière à plus de 1000 milliards de dollars, en tête de toutes les société technologiques.

action MicrosoftCette pratique est néanmoins largement critiquée en cette période pré électorale aux USA. Ses détracteurs estiment que les entreprises accordent ainsi la priorité à l’enrichissement des actionnaires plutôt qu’à l’augmentation des salaires des travailleurs ou à l’investissement dans l’entreprise elle même. Ainsi le candidat démocrate et sénateur, Bernie Sanders, avait présenté un projet de loi l’année dernière interdisant aux entreprises qui paient moins de 15 $ l’heure de racheter leurs actions…

La future version d’Azure Stack bientôt basée sur des containers ?

Datacenter Google 3Pour rappel, Azure Stack et une composante de choix de l’offre privé et hybride de Microsoft.  Il s’agit d’une extension d’Azure permettant d’exécuter (une partie) des services Azure en local.

D’après la bien informée Mary Joe Folley, Microsoft serait en train de modifier en profondeur l’architecture s’Azure Stack. Cette modification dont le nom de code serait  «Projet Saturne», devrait  rendre l’infrastructure Azure Stack plus simple et surtout plus segmentée. L’objectif serait aussi de se rapprocher de ce que propose Google dans GCP.

Microsoft chercherait un moyen de fournir des éléments clés de Azure Stack indépendamment de l’infrastructure sur laquelle ils s’exécutent. Lorsque Microsoft a initialement défini les plans d’Azure Stack, l’objectif était de permettre aux utilisateurs d’exécuter la plate-forme sur leur matériel existant. Mais Microsoft a finalement associé Azure Stack à des serveurs préconfigurés de ses partenaires Dell, Lenovo, HPE et Cisco. Pour se faire l’approche containers serait sans surprise la plus efficace. L’objectif étant  de pouvoir exécuter Azure Stack, et donc divers services Azure et des interfaces de programmation Azure – n’importe où.

La reconfiguration majeures du programme est bien en route, et parmi les indices, on peut aussi noter que selon le site Microsoft donnant la feuille de route Azure  aucune fonctionnalité n’a été ajoutée au produit Azure Stack depuis maintenant 1 année, un éternité sur Azure ! Certes, Microsoft avait annoncé au début d’année Azure Stack HCI (infrastructure hyperconvergée), qui permet aux clients d’exécuter des machines virtuelles sur site et de les connecter à Azure via une solution HCI mais les deux sont des produits différents avec des cas d’utilisation différents et l’un ne remplacera donc pas l’autre…

Microsoft devrait supprimer l’édition « Basic » d’Azure Active Directory

Microsoft est en train de supprimer progressivement l’édition Basic d’Azure Active Directory. Depuis le 1er juillet, la société avait supprimé des liens faisant références au service Azure Active Directory Basic sur le portail Azure.

Pour rappel, Microsoft avait introduit Azure Active Directory Basic en 2014 en tant que nouvelle édition se situant entre les SKU gratuites et premium. Le prix était de 84 centimes d’euros par utilisateur et par mois et offrait l’accès à un maximum de dix applications par utilisateur.

Alex SimonsLa page de tarification de Microsoft Azure Active Directory répertorie toujours (à fin août) la référence Basic parmi les options disponibles. La gamme des éditions comprend les versions Gratuite, Basic, Premium P1 et Premium P2. Les éditions Basic et Premium sont disponibles via EA (Accord Entreprise), le programme Open Volume License et le programme CSP (Cloud Solution Providers).

En réponse à plusieurs questions Alex Simons, le vice-président de la division Identité chez Microsoft, a déclaré que  « Azure AD Basic va disparaitre. Il est en train d’être supprimé des pages de documentation et de marketing« . L’explication donnée par Microsoft étant que les ventes sont très faibles et que cette référence « déroute le plus souvent les gens.  » (face aux plans Premium donc).

Concrètement, Azure Active Directory Basic ne sera plus disponible à l’achat dans très peu de temps et difficile à savoir si des options de migration (interessantes financièrement) seront proposées aux clients existants, sachant que la première option Premium (P1) vaut 6 fois le prix de l’option Basic…

Des nouvelles du contrat cloud du siècle (10 Milliards de $) avec le Pentagone

Nous vous parlions de ce contrat du siècle que devrait signer le Département de la Defense américaine avec un des 2 acteurs du Cloud sont en short list, Amazon et Microsoft, alors que les rivaux, IBM, Oracle, Google ont été écartés (du fait de la pression de ses propres employés pour Google).

Le gagnant devait être connu en juin, puis « cet été », on parle maintenant de septembre/octobre. Pourquoi ce délai ? Certes les sommes en jeux sont importantes, mais il semblerait que ce sont des soupçons de favoritisme  qui en seraient à l’origine comme le souligne le très sérieux site d’investigation ProPublica. Le site révèle à quel point Amazon et son PDG, Jeff Bezos, ont été proches du projet depuis sa création. En particulier avec le précédent secrétaire à la défense. Ces fuites laissent à penser que les chances d’Amazon de décrocher le contrat de 10 milliards de dollars pourraient être compromises alors que son rival, Microsoft, continue de marquer des points en toute discrétion.

amazon DOD
Si vous avez loupé des épisodes voici où nous en sommes : Amazon et Microsoft sont les derniers candidats du contrat de 10 milliards de dollars pour la migration des données du Pentagone vers le cloud. Le projet – connu sous le nom d’Infrastructure de défense commune des entreprises (JEDI 🙂 ). C’est une refonte majeure de l’infrastructure technologique du Département de la Défense qui permettra à différentes branches de l’armée de partager des informations dans le cloud mais aussi d’intégrer des technologies d’intelligence artificielle (c’est sur ce dernier point que les employées de Google avait demandés le retrait de l’entreprise de la course). Le Pentagone devait annoncer un gagnant cet été, mais le calendrier est retardé à la suite de nouvelles enquêtes sur le rôle d’Amazon dans le processus d’achat.

Selon l’enquête de ProPublica, le Pentagone avait annulé une cérémonie qui aurait donné à Jeff Bezos (le patron d’Amazon) une place au sein du Conseil de l’innovation de la défense, en août 2017. Le secrétaire à la Défense, Jim Mattis, avait été contraint d’annuler l’événement lorsqu’un employé a tiré la sonnette d’alarme sur la vérification des antécédents requis (habilitation). A la place de cette cérémonie, Bezos et Mattis ont tenu une réunion privée au cours de laquelle le PDG d’Amazon aura plaidé en faveur de la migration des données du Pentagone vers AWS (il aurait été dommage qu’il ne profite pas de l’occasion, si sur un contrat de 10 Milliards de $ le PDG ne s’implique pas alors qui le ferait…).
Bezos et Mattis se seraient rencontrés à nouveau en janvier 2018 dans un restaurant de Washington D.C., alors que le DoD fixait dans le même temps les critères de candidature pour JEDI.

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Pourquoi Microsoft n’est-il pas dans le viseur du gouvernement américain ?

DOJIl y a 20 ans maintenant, de nombreux états américains et le gouvernement fédéral (Démocrate à l’époque) lançaient contre MS vs DOJMicrosoft le procès Antitrust pour des pratiques anti-concurrentielles, en 2000 un juge fédéral ordonnait un découpage de la société en deux morceaux : une société gérant les technologies serveur et une autre les applications poste de travail. Microsoft avait fait appel de la décision qui fut quelques années plus tard remise en cause en appel.

Aujourd’hui le gouvernement américain, s’attaque aux géants du net pour également des pratiques qui fausseraient la concurrence. Mais il est interessant de voir que sont ciblés les GAFA et pas les GAFAM (le M de Microsoft). Google, Apple, Facebook et Amazon donc. C’est d’un coté une excellente nouvelle pour Microsoft, mais cela traduit aussi le fait que le géant n’est plus incontournable ! 

Bob HerboldDans une interview à FOX Business, l’ancien vice-président et directeur financier de Microsoft, Bob Herbold (en activité chez l’éditeur, comme les employés de Calipia, dans les années 90 et début 2000), répondant à la question « Pourquoi le gouvernement ne s’intéresse pas au cas Microsoft ? » a déclaré que l’entreprise à un type d’activité nettement différent de celui d’Amazon, Google, Apple et Facebook. C’est aujourd’hui avant tout une « société d’infrastructure… qui n’est plus dominante sur chacun de ses secteurs« .

L’éditeur est présent, très présent même (en particulier sur l’OS du poste de travail, les applications bureautiques) mais des alternatives très crédibles existent, ou le marché qui se décale vers plus de mobilité font que les parts d’usages des produits Microsoft sont globalement en baisse. Prenons par exemple le cas d’un « col blanc » du début des années 2000 : sur 8 heures passées avec des technologies, il utilisait des technologies Microsoft à quasiment 95% : entre Windows, Office, les technologies serveur Windows Server, Exchange,… Aujourd’hui, il utilise encore plus la technologie, mais avec la mobilité, les objets connectés, la part d’usage des technologies Microsoft a bien baissé. Microsoft fait beaucoup plus de revenu qu’à l’époque mais le « gâteau » global a grossi beaucoup plus vite encore !

Après son échec sur les Smartphones, Microsoft se rattrape sur les apps…

Microsoft n’est pas parvenu à imposer Windows sur les Smartphones, c’est un fait et ceci malgré les sommes colossales  investies. Le fiasco du rachat de Nokia est un bel exemple des ratages du géant de Redmond.

Mais cela c’était avant. Avant Satya Nadella et la réorientation de la stratégie de la société. Illustration : pas plus tard que 2 mois après sa nomination il lançait (ou plutôt autorisait le lancement) d’Office sur iPad et iPhone, un crime de lèse majesté, une trahison pour le groupe Windows Mobile de l’époque…

ios appsRésultat aujourd’hui, Office est en tête des applications sur iOS et même si les chiffres sont confidentiels, un super accélérateur pour les ventes d’Office 365 et les scénarios d’usages. Le multi-poste est souvent une des raisons mise en avant par les utilisateurs pour passer plus rapidement sur Office 365. Mais coté jeux c’est aussi Microsoft qui est aux premières places sur les jeux payants avec Minecraft ! Même choses coté applications gratuites ou Mixer est N°1 aux USA devant Youtube et Instagram ! Une stratégie payante là encore, lorsque l’on voit que ces deux sociétés Minecraft et Mixer ont été rachetées par Microsoft…

Face à Teams, Slack et Zoom renforce l’intégration de leurs produits

2019-04_FRO_Everitt_ZoomPartnership_HeroC’est à l’occasion de la conférence « Slack’s Frontiers » que le PDG de Slack, Stewart Butterfield, et celui de Zoom, Eric S. Yuan, ont annoncé de nouvelles fonctionnalités ayant pour but de renforcer l’intégration entre leurs solutions.

En ligne de mire (même si cela n’était pas dit directement), Microsoft avec Teams et un message de fond : pourquoi ne pas prendre les meilleurs de chacune de leur catégorie bien intégré ensemble, sous entendu, Teams fait les deux nativement mais moyennement… à voir.

Parmi les éléments présentés on retrouve des choses qui fonctionnent déjà et des choses qui arriveront dans les prochains mois. Dans ce qui est déjà en place, on retrouve l’intégration au calendrier (Office 365 ou Google Calendar), la possibilité de planifier une réunion Zoom depuis Slack directement, ou encore  lancer une réunion zoom adhoc depuis Slack, en tapant / zoomer. Mais les sociétés annoncent que bientôt, vous pourrez non seulement commencer ou rejoindre une réunion, mais vous verrez également les détails de la réunion et le nom de l’appelant avant de la rejoindre, le tout sans quitter  Slack, ce qui est effectivement assez pratique.

Mais il sera également possible (activable par l’administrateur Slack) de faire que par défaut toute communication vocale passe par Zoom à la place de Slack : ceci en modifiant le paramètre par défaut de l’icône du téléphone de votre espace de travail, chaque fois que vous cliquerez sur le téléphone dans Slack, vous entamez alors une conversation dans Zoom.

Une nouvelle fonction « Zoom Phone » permettra également à un utilisateur Slack de rentrer en contact téléphonique avec des utilisateurs de Slack sur smartphone et ceci aussi via des connexions cellulaires (il suffira d’afficher le profil Slack de la personne que vous souhaitez appeler et de cliquer sur le numéro de téléphone indiqué).

Le combat est bien lancé (pour ceux qui en doutaient encore) entre Slack et son écosystème et Microsoft et le « Tout intégré » Teams… Ce sont les usages qui détermineront sans aucun doute le gagnant. Les applications tout-en-un ne sont plus aujourd’hui, avec l’essor de la mobilité, un gage de succès obligatoire. Les utilisateurs préfèrent souvent de plus petites applications plus ciblées aux applications multifonctions.

Nous aurons l’occasion de voir ceci dans le détail lors de notre prochaine mission d’étude aux US au mois d’octobre avec des meetings sur la stratégie de ces acteurs dans leurs Headquarters respectifs (Seattle, San-Francisco et San José). Il nous reste encore quelques places pour les personnes intéressées, contactez moi par mail pour plus d’informations.

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