Microsoft et la consumerisation

La consumérisation est le phénomène qui marque le poids croissant du marché grand public pour tous les acteurs des Technologies de l’Information. Ce poids se manifeste par une prise en compte de ce marché grand public avant celui des entreprises. Les solutions et services doivent d’abord réussir sur le segment grand public, si ils souhaitent ensuite s’imposer dans l’entreprise.

A ce petit jeu certains acteurs ont mieux réussi que d’autres. Microsoft fait plutôt partie de ceux qui  ont compris avec du retard le phénomène. Et qui ont vu/voit débarquer sur leur terrain de jeu de prédilection, l’entreprise (98% du CA de Microsoft et presque 100% de ses bénéfices), des concurrents ayant assuré leur réussite auprès des consommateurs, comme Google (98% de son CA et à peu près autant de ses bénéfices provenant de la publicité sur le marché grand public), ou Apple qui s’est retiré purement et simplement du segment professionnel à l’époque de ses pires difficultés, il y a plusieurs années (lumière, car tout ceci semble tellement loin aujourd’hui !), et qui aujourd’hui ne parle pas aux entreprises  mais aux prosumers, néologisme emprunté à l’anglais, et qui identifie les individus grand public mais pris dans leur environnement professionnel (attention sur ce point, des rumeurs existent sur des modifications d’organisation commerciale chez Apple pour (re) créer une entité entreprise, à suivre donc). 

Et pourtant Microsoft disposait depuis de nombreuses années de produits qui auraient pu/dû être positionnés et marketés pour le grand public. Citons en vrac :

  • Windows Media Center : à une époque à l’Apple TV ou les divers box Internet et TV DLNA étaient encore dans les limbes, Microsoft avait une solution qui permettait de gérer dans son salon, sa musique, ses photos, ses vidéos…
  • Windows Mobile : dès les premières versions, Windows Mobile embarquait un player audio pour écouter sa musique avec son  téléphone, à l’époque ou les premiers players MP3 commençaient juste à pointer le bout du nez…
  • les services Windows Live comme FolderShare, LiveMesh … : offrant de la surface de stockage et des services de synchronisation, encore une fois à un moment où les leaders actuels, Dropbox, iCloud et autres Box.net n’existaient tout simplement pas.

Le problème, c’est qu’outre les limitations réelles de ses produits, Microsoft n’a surtout jamais pris conscience que ces produits et services devaient être marketés pour le grand public. Et pour cause, Microsoft était à 100% focalisé sur les entreprises. Pour Microsoft le grand public se limitait à un horizon réduit à MNS et la Xbox, véritables aspirateurs à milliards de dollars, ce que reste encore le premier… Donc dans le meilleur des cas, certaines de ces solutions ont connu des percées sur le marché entreprise (Windows Mobile par exemple) avant de disparaitre emportées par des solutions venues du grand public, quant aux autres elles sont restés présentes, mais à titre anecdotiques, quasi inconnues des consommateurs et utilisateurs potentiels. Triste.

Alors y a t’il une fatalité à ce que Microsoft ne sache pas adresser ce marché ? Si l’on croit les différents signaux envoyés par l’éditeur de Redmond depuis plusieurs mois autour de Windows 8, et dans une moindre mesure Windows Phone, il semblerait qu’enfin, Microsoft ait pris la mesure de l’impact de la consumérisation et de l’importance vitale pour l’entreprise Microsoft de transformer sa relation avec ce marché grand public.

Nous l’avons évoqué à plusieurs reprises dans ce blog, de la démarche de développement à la communication, Microsoft a d’emblée positionné Windows 8 d’abord pour le marché du grand public. Cela ne signifie bien sûr pas que cette nouvelle version de Windows n’est pas faite pour les entreprises, mais la consumérisation oblige l’éditeur à ce positionnement premier.

Les annonces récentes faites par Microsoft sur une évolution de sa plateforme de services SkyDrive et son intégration plus étroite à Windows 8, confirme encore un peu plus cette volonté de  l’éditeur de mettre en musique ses différents assets au service d’une stratégie globale orientée grand public. Ainsi SkyDrive sera naturellement utilisée comme plateforme de stockage et de synchronisation. Des applications SkyDrive sont déjà existantes sur des plateformes non Microsoft (ex : iOS), là aussi pour faciliter un véritable usage multi plateformes. Rien de révolutionnaire dans tout cela, simplement du bon sens et un peu de réalisme face à un marché grand public qui n’est pas tout Microsoft.Enfin ! pourrait on dire.

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