Archives des étiquettes : Siri

Souriez vous êtes écoutés…

ecoutes téléphoniquesC’est le feuilleton technologique de cet été, un par un, la plupart des acteurs ont révélé cet été qu’il nous écoutait, ou plutôt que des oreilles bien humaines étaient payées pour nous écouter dans leurs services, dans le but bien sur d’amélioré la qualité des produits.

Ce fut le cas d’Amazon avec son assistant vocal Alexa, puis Google avec son assistant qui lui aussi était assez indiscret et Apple avec Siri. C’était en juillet et ces acteurs ont annoncés immédiatement (ou presque) arrêter ces pratiques ou laisser le choix à l’utilisateurs de transmettre ses données. Un peu plus tard (première semaine d’août) ce fut au tour de Facebook, dont les indiscrétions sont une véritable marque de fabrique d’annoncer que oui, ils écoutaient aussi nos conversations Messenger et que promis juré ils allaient arrêter de ce pas…

Nous sommes mi-août et c’est au tour de Microsoft d’annoncer que oui, il arrivait à des oreilles humaines d’écouter aussi les conversations Skype dès lors qu’une traduction est réalisée et les requêtes de son assistant vocal Cortana (bon pour ce dernier c’est sans doute moins grave compte tenu du nombre d’utilisateurs 🙂 ). Mais plutôt que d’arrêter ses pratiques, l’éditeur en précise l’objet et met à jour en conséquence sa politique de confidentialité afin d’informer explicitement les utilisateurs que leurs appels au service de traduction Skype pourraient être examinés par des sous-traitants afin d’améliorer la précision du service.

La politique de confidentialité mise à jour indique que « le traitement des données à caractère personnel par la société à ces fins inclut des méthodes de traitement automatisées et manuelles (humaines)« .

La FAQ sur la confidentialité de Skype Translator a été mise à jour de la même manière comme suit : « Lorsque vous utilisez les fonctionnalités de traduction de Skype, Skype collecte et utilise votre conversation pour améliorer les produits et services Microsoft. Pour aider les technologies de traduction et de reconnaissance vocale à apprendre et à évoluer, les phrases et les transcriptions automatiques sont analysées et les corrections éventuelles introduites dans notre système, afin de créer des services plus performants. Cela peut inclure la transcription d’enregistrements audio par les employés et les fournisseurs Microsoft, sous réserve de procédures conçues pour protéger la vie privée des utilisateurs, notamment en prenant des mesures pour supprimer l’identité des données, en exigeant des accords de non-divulgation avec les fournisseurs et leurs employés et en obligeant les fournisseurs à respecter les critères élevés. normes de confidentialité définies dans le droit européen et ailleurs ».

A bon entendeur… 🙂

 

Assistants vocaux : Amazon Alexa toujours en tête des usages dans un marché qui commence à émerger

Les assistants vocaux font souvent la une de la presse pour les problèmes de confidentialité. Les craintes sont réelles, mais les usages progressent néanmoins à commencer par la plateforme d’Amazon qui continue de faire la course en tête.

la technologie vocale et le marché en général ont beaucoup évolué. Il y a deux ans, il y avait déjà 15 000 «compétences» Alexa ou différentes applications et capacités vocales Alexa. Aujourd’hui, il y en a plus de 90 000... Et Amazon a ajouté encore plus de capacités à Alexa, en affrontant principalement Google alors que Microsoft a quasiment jeté l’éponge (en tout cas coté grand public), que Siri peine à devenir pertinent et que les autres n’ont pas la taille critique. Le succès d’Amazon repose sur le modèle partenaire de son assistant vocal avec la très large diffusion de son SDK. Alexa a ainsi été intégrée à 150 périphériques différents fabriqués par des tiers. Le nombre total d’appareils Alexa vendus vient de passer selon l’éditeur à plus de 100 millions…

Le marché devrait atteindre  31 milliards de dollars d’ici 2025 selon Amazon, on comprend mieux pourquoi les entreprises telles que Google investissent massivement pour combler leur retard (très réel encore au États Unis).

Paul Bernard AmazonIl y 3 ans Amazon avait lancé son programme « Alexa Accelerator » destiné aux jeunes entreprises qui teste des modèles et des business autour des technologies vocales. « Au démarrage, Amazon ne savait pas vraiment quel type de startups il attirerait lorsque la société a lancé son accélérateur en 2017 » a déclaré Paul Bernard, directeur du développement mondial d’Amazon Alexa et d’Alexa Fund, la branche de capital-risque d’Amazon (avec un budget de 200 millions de dollars destinée aux startups). C’est aujourd’hui un succès qui permet à la technologies d’être utilisée dans très nombreux scénarios.

Quel avenir pour Cortana ?

cortanaIl suffisait d’écouter les conférences de presse et de se balader sur les stands du CES la semaine dernière si l’ombre d’un doute subsistait : Cortana, l’assistant vocal de Microsoft a sans doute un avenir assez sombre…

Comment lutter en effet face à Amazon avec Alexa, présent dans quasiment toutes les solutions proposées dès lors qu’elles mettent en oeuvre des solutions de commandes vocales ou encore Google qui était présent sur de nombreux stands avec des personnes en bonnets blanc inscrits « Hey Google » pour rappeler que telle ou telle solutions fonctionne aussi avec l’assistant vocal du géant de Mountain View.

La solution d’Apple (Siri) rencontre aussi des difficultés, preuve en est, les ventes de leur HomePod qui n’ont jamais décollé. Samsung fait avec Bixby de la résistance en intégrant son assistant vocal sur tous ses appareils du réfrigérateur à la télévision (pour rappel cet assistant n’est toujours pas disponible en français, un programme beta vient juste d’être lancé fin décembre avec des retours pour le moins mitigés). Et je ne parle pas d’autres solutions dont la diffusion risque d’être plus confidentielle comme l’assistant vocal d’Orange Djingo. Dans ce contexte, comment un acteur comme Microsoft ne disposant plus d’offre matérielle grand public peut faire sa place sur ce marché ?

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[Lettre Calipia] Les assistants vocaux à la conquête des entreprises ?

(article issu de La Lettre Calipia, abonnement gratuit sur demande : calipia.com/lalettre)

La reconnaissance vocale n’est pas une idée neuve. Elle ambitionne depuis des décennies de remplacer le clavier. Il y a plus de 20 ans, la société Lernout & Hauspie, proposait déjà des solutions innovantes et chargées d’espoir pour reconnaitre efficacement la voix humaine et proposer de se substituer au clavier pour écrire un texte. De nombreux fournisseurs se sont alors tournés vers cette société pour intégrer leur solution dans différents systèmes. Microsoft et Apple ont intégré depuis plus de 10 ans des fonctionnalités de reconnaissance vocale à leurs produits. Sans que jamais la voix ne parvienne à̀ s’imposer…

Pourquoi aujourd’hui cette tendance devient-elle plus crédible ? Pour quelles applications ?

Intelligence artificielle et Cloud

Qu’est-ce qui a changé en matière de reconnaissance vocale pour que les systèmes proposés soit maintenant plus performants et plus crédibles ?

La précision des systèmes proposés serait passé de 60% à plus de 90 % en moins de dix 10 ans ! De plus, pas besoin de passer des heures à adapter la reconnaissance vocale à votre voix comme c’était encore le cas en 2009 avec le système intégré à Windows 7. Plus besoin non plus de disposer d’un micro spécifiquement calibré, les outils sont aujourd’hui à la fois plus performants mais aussi capable d’éliminer une bonne partie des bruits parasites.

En octobre 2016 le système proposé par Microsoft avait surpassé pour la première fois en précision (en anglais) une sténo dactylo !

cortana

Deux choses ont changé :

  • Le développement de l’intelligence artificielle et donc la possibilité offerte d’être beaucoup plus précis sur les mots compris en ayant une indication du contexte de la phrase plutôt que de devoir choisir dans l’ensemble du dictionnaire. L’intelligence artificielle permet de plus facilement ignorer les erreurs de dictions des humains et les imprécisions de langages présents dans chaque conversation.
  • L’utilisation du Cloud et donc d’une puissance de calcul bien supérieure à un traitement local.

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