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Avec les sanctions contre la Russie, un danger de balkanisation de l’Internet ?

Les sanctions contre la Russie se multiplient sur Internet, et les géants du numérique ne sont pas (pour une fois) les derniers à prendre des actions. Ce qui tranche habituellement avec leurs pratiques plutôt conciliantes avec les dictatures en places au nom du « Business » bien entendu… pour s’en convaincre, il suffit de voir leurs pratiques passées en Russie mais actuelles en Chine, donnant très largement accès à leurs Cloud au pouvoir en place dans ces pays.

Mais aujourd’hui ces géants ont pris positions pour une fermeture de leur services (où de leurs nouvelles ventes, comme c’est le cas pour Microsoft par exemple, qui craint, on l’imagine l’arme russe de la légalisation piratage…). Aujourd’hui, les sanctions numériques contre la Russie sont actives, coupant le pays de la fourniture de matériel, de logiciels et de services. Le pays serait à deux mois de manquer de stockage dans le Cloud… Mais si la pression exercée sur Vladimir Poutine est bienvenue, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) prévient que si la situation perdure, elle pourrait déboucher sur une balkanisation à terme d’Internet.

Aujourd’hui, ces sanctions jouent paradoxalement le jeu de Poutine, qui bloque l’accès à un certain nombre de sites pour maintenir ses citoyens dans l’ignorance de la réalité de la guerre. Ainsi le gouvernement russe à bloqué Facebook, Instagram, Twitter allant même jusqu’à déclaré que Meta la maison mère de Facebook et Insta était une « organisation extrémiste ». Mais c’est vrai que Poutine sait mieux que personne que ces réseaux sociaux sont capables de forger des convictions, l’élection de Donald Trump avec le support de la russie en est une belle démonstration.

Pour continuer d’utiliser ces services, le peuple russe, en tout cas une partie de ce dernier, utilise des VPN permettant de contrer la censure, pour combien de temps encore ? Mystère. L’usage de ces derniers pouvant être limité par l’état comme c’est le cas actuellement en Chine.

Ces actions combinées font craindre, pour le MIT, la balkanisation d’Internet, dans lequel, au lieu de l’internet mondial unique que nous connaissons aujourd’hui, nous aurions un certain nombre de réseaux nationaux ou régionaux qui ne se parlent pas et qui utilisent peut-être même des technologies incompatibles. Mécanisme amplifié demain avec des Metavers incompatibles dont on nous dit qu’ils seront l’avenir d’Internet. Et c’est déjà le cas pour la Chine et l’Iran par exemple : si ils utilisent toujours la même technologie Internet que les États-Unis et l’Europe, ils n’ont accès qu’à certains de ses services. Si ces pays mettent en place des organes de gouvernance rivaux et un réseau rival, seul l’accord mutuel de toutes les grandes nations du monde pourrait le reconstruire. L’ère du monde connecté serait alors révolue…

Alors jusqu’où aller en terme de blocage des accès sans jouer le jeu de Poutine ? Pas simple.

Un premier prototype de radar quantique

Shabir BarzanjehEn attendant des progrès encore plus tangibles côté informatique quantique, c’est un prototype de radar qui vient d’être réalisé par une équipe de quatre chercheurs dirigée par Shabir Barzanjeh à l’Institut des sciences et de la technologie d’Autriche. Dans un article, le MIT Technology Review indique que le groupe a utilisé des micro-ondes intriquées pour créer le premier radar quantique au monde.

L’appareil utilise des photos pour détecter des objets dans son environnement et surtout n’émet que des traces de rayonnement électromagnétique ce qui camoufle sa signature dans le bruit de fond, le rendant extrêmement difficile à détecter et cette caractéristique intéresse, on s’en doute, particulièrement les militaires. Le dispositif fonctionne sur le principe de l’enchevêtrement quantique, qui pour rappel fait que deux particules quantiques « enchevêtrées », quelle que soit leur séparation, présentent une corrélation instantanée entre certaines propriétés physiques.

Radar QuantiqueLes chercheurs ont produit des paires de photons hyperfréquences enchevêtrés (photons de basse énergie) à l’aide d’un dispositif supraconducteur appelé convertisseur paramétrique de Josephson. Ils ont dirigé le premier photon – le photon de signal – vers l’objet à détecter et à écouter pour le refléter. Un deuxième photon – le photon libre – interfère alors avec la réflexion du photon de signal, révélant ainsi la distance parcourue par le photon d’origine et donc la localisation de l’objet incident. Cela a permis de détecter des objets dans un mètre à l’intérieur d’une petite pièce ne contenant que quelques photons, ce qui est impossible pour les radars classiques car ils ont besoin de puissants émetteurs de radiations électromagnétiques. Outre leurs faibles émissions, les radars quantiques présentent également l’avantage supplémentaire de pouvoir se dissimuler dans le rayonnement de fond hyperfréquence d’une petite pièce et, par conséquent, de rester indétectables pour les autres appareils à la recherche de radars.

On imagine également des utilisations de radars quantiques dans des applications biomédicales en raison de la nature non invasive de l’appareil.