Archives d’Auteur : Stephane Sabbague

Le CERN veut se débarrasser des produits Microsoft… mais pourquoi ?

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Depuis ce matin la nouvelle se répand sur la toile : le CERN met en place un projet appelé « MAlt » pour « Microsoft Alternatives » dont le but est de se défaire des produits Microsoft pour ce qui est de la suites de productivité et des outils de communication (donc en gros Office, Exchange, SharePoint, Skype). Aucune alternative n’est actuellement décrite, si ce n’est des développements maison…

Mais d’où vient une telle communication, et pourquoi maintenant ? 

Et bien c’est simple et habituel, le CERN fait sans doute monter les enchères dans sa négociation commerciale avec Microsoft et ceci à la fin de l’exercice fiscal de la société américaine qui clôture son année dans 15 jours. C’est toujours une période assez propice à la négociation quand la filiale n’a pas atteint ses objectifs sur son secteur et devient plus à l’écoute pour mettre en place une petite ristourne !  Mais dans ce cas cela risque d’être compliqué, car visiblement le problème vient d’un changement de type de contrat. On apprend en effet que le CERN disposait visiblement des tarifs Education chez Microsoft (donc en gros des produits 10 x moins cher que le passage par un accord entreprise) et que Microsoft a décidé que cela ne serait plus le cas… Alors effectivement il y a une différence tarifaire, même si l’éditeur veut visiblement faire cela progressivement…

Ce qui est amusant dans ce cas et ce que d’autres clients, eux aussi dans le secteur de la recherche, apprécieront c’est que le CERN bénéficiait de tels contrats depuis toujours. Alors que ce n’est pas le cas d’autres organisation publique de la recherche à quelques kilomètres de la suisse…

AWS lance son service Amazon Personalize : pour créer votre concurrent à Amazon.com :)

Amazon Personalize est un service AWS facilitant le développement de sites Web, d’applications mobiles, de systèmes de gestion de contenu et d’e-marketing proposant des produits en fournissant des résultats de recherche personnalisés et en personnalisant à la volée les cycles de vente par types de produits et de clients. De quoi bâtir votre concurrent à Amazon.com 🙂 C’est disponible dans certaines régions AWS,  notamment l’UE (Irlande).

«Nous sommes ravis de partager avec nos clients AWS l’expertise que nous avons développée au cours de deux décennies d’utilisation de l’apprentissage automatique pour offrir de superbes expériences sur Amazon.com», a déclaré Swami Sivasubramanian, le VP Machine Learning chez AWS. Effectivement la référence est interessante !

Personalize est un service entièrement géré qui forme, ajuste et déploie des modèles d’apprentissage automatique personnalisés dans le cloud en fournissant l’infrastructure nécessaire et en gérant des tâches telles que le traitement des données, l’extraction de fonctionnalités, la formation et l’optimisation d’algorithmes et l’hébergement. Les clients fournissent un flux d’activités à partir de leurs applications et de leurs sites Web (clics, pages vues, inscriptions, achats, etc.), ainsi qu’un inventaire des éléments qu’ils souhaitent recommander (articles, produits, vidéos ou musique, par exemple), éventuellement des informations démographiques ( comme l’âge ou l’emplacement géographique), et ils reçoivent les résultats via une API et ne paient que pour ce qu’ils utilisent.

Le schéma ci-dessous illustre le processus :

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Quel avenir pour la Réalité Virtuelle et la Réalité Augmentée ?

Capture d’écran 2019-06-02 à 18.50.16C’est la question que se posait la semaine dernière les différents exposants de la 10 ème édition de l’événement « Augmented World Expo 2019 » qui se déroulait à Santa Clara.

Si la courbe d’adoption de la réalité virtuelle n’est pas aussi rapide que l’industrie l’espérait en particulier dans le grand public et des l’univers des jeux, on est très loin de la courbe d’adoption de la télévision en 3D qui a fait un beau flop alors même qu’elle était présente dans tous les nouveaux modèles de TV en 2016…

En effet la courbe d’adoption des technologies de réalités virtuelles, réalité augmentées ou réalité mixte serait la même que celle de la Télévision couleur… le siècle dernier !

AR VRCe taux de croissance est beaucoup plus lent que ce à quoi tout le monde s’attendait, au cours des deux dernières années de folie sur ces technologies. Mais il est assez rapide pour permettre à la technologie de base et aux entreprises qui la créent de survivre et de passer à la génération suivante en offrant des perspectives interessantes même si l’on est encore sur des applications limitées voir de niches.

Le potentiel du marché coté grand public est encore assez limité : et pour cause, le cout est l’élément essentiel à l’adoption. Une entreprise peut débourser 6 000 $ pour ce type de technologie. Mais vous ne pouvez pas la vendre aux consommateurs avant qu’il ne coûte 300 $. A ce prix tous les raffinements d’un HoloLens ne seront sans doute pas présents pour tout de suite…

Conclusion tables rondes de l’évènement : de nombreuses entreprises sont en train de « pivoter », quittant les marchés grand public pour s’orienter vers les entreprises, les divertissements basés sur l’emplacement et les marchés de la santé, de l’éducation et de l’industrie. Cela tombe bien, nous abordons ces domaines et leurs usages lors du Briefing Calipia de juin !

La protection de la vie privée : la menace réglementaire pour les géants du numérique

Apple était s’il on peut dire, précurseur dans ce domaine et pour cause, leur Business Model ne dépend pas de la collecte d’informations personnelles, même s’ils se montrent parfois assez laxistes dans le contrôle des applications réalisant cette tache sur leur store…

Depuis quelques semaines, c’est au tour de Facebook, Google et maintenant Amazon de se faire les champions de la protection de la vie privée. Autant le dire tout de suite, il y a pas mal de travail encore pour que cela soit crédible ! Car en dehors de ces déclarations , ils n’ont toujours pas réalisé même le plus petit des changements dans leur Business Model dépendant en très grande partie de la collecte d’informations…

Mais alors pourquoi de telles déclarations et pourquoi maintenant ? Pas plus tard que la semaine dernière c’est Amazon qui assurait que maintenant Alexa, son assistant vocal, ne conserverai plus les phrases énoncées par les utilisateurs sur simple demande… vocale. Ce qui est globalement plus pratique que d’aller sur l’application pour modifier ceci en se perdant dans les menus… Et globalement c’est une bonne nouvelle pour les personnes qui craignent qu’Alexa puisse partager par inadvertance leurs enregistrements vocaux avec d’autres personnes – comme cela s’est passé par le passé à plusieurs reprises.

La réponse à cette question se trouve, ce n’est pas une surprise, aux États Unis, ou pour être plus précis en Californie, la patrie de la technologie. En effet, l’état est en train de se doter d’une loi reprenant les grandes lignes du RGPD. Les géants de la technologie font donc face à des menaces de réglementation sur de nombreux fronts. Pour en revenir aux assistant vocaux, l’Assemblée de l’État de Californie a adopté la loi dite « anti-écoute ». Le projet de loi va maintenant être examiné par le Sénat de l’État de Californie. Les fabricants d’appareils d’écoute ambiante, tels que les enceintes intelligentes, devront systématiquement obtenir l’accord de leurs utilisateurs avant d’enregistrer leur voix et pourront demander l’effacement aussi simplement.

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Microsoft livre sa « vision » d’un OS « moderne »… Sans blague !

Capture d’écran 2019-06-02 à 09.06.10Se tenait la semaine dernière le Computex à Taipei. Nous avons pu découvrir à cette occasion de nombreux PC dont certains très novateurs. Microsoft a profité de l’évènement pour livrer sa « vision » d’un OS moderne dans un article de blog.

Autant le dire tout de suite, cette vision n’est pas différentes de ce qu’imagine les principaux concepteur d’OS, dont certains mettent déjà en pratique ceci dans leurs réalisations. Jugez plutôt les éléments proposés par Microsoft :

  • « Pour les nouveaux appareils modernes, nous aurions besoin d’un système d’exploitation moderne »… Tiens donc mais alors Windows 10 et ses évolutions au fil des mois c’est quoi ?
  • « Un système d’exploitation moderne doit offrir de mises à jour transparentes. Ces mises à jour doivent être effectuées de manière invisible en arrière-plan, sans interruption. »… Là encore c’est un peu le message des débuts de Windows 10 (celà a changé ensuite). C’est en tout cas le mode de fonctionnement de Chrome OS actuellement.
  • « Un système d’exploitation moderne doit être sécurisé par défaut. Cela signifie que le système d’exploitation et les autres composants, tels que les applications, sont séparés. »Le Security by default est un leitmotiv de Microsoft depuis plus de 15 ans, un aveu d’échec ?
  • « Le système doit être toujours connecté, y compris avec des transitions transparentes du Wi-Fi au cellulaire »… Un peu comme iOS ou Android, non ?
  • « Le système devra-être multi-sens donc disposer de diverses méthodes de saisie, telles que le stylet, la voix, le toucher et le regard »…. Nous n’avions pas « Le regard » et encore c’est déjà présent dans les extensions AR/VR des systèmes, pour le reste rien de bien neuf non plus !

Mais ce qui est le plus surprenant dans ces déclarations est que la société n’a jamais dit qu’elle parlait de Windows 10. Ce qui semble confirmer que Microsoft travaille bien sur son « Core OS » en repartant sur une quasi feuille blanche. Nous vous en parlions ici même il y a quelques temps.

Le Briefing Calipia commence aujourd’hui à Aix. Nous serons demain à Lyon. Venez nous rejoindre à partir de la semaine prochaine à Paris (le 13), il reste encore quelques places pour (Paris, Nantes, Lille et Strasbourg). Toutes les informations ici : calipia.com/briefing.

 

Android Q : les promesses du Mode Desktop

A l’instar de ce qu’avait proposé Microsoft avec Windows mobile, ou encore ce que propose Samsung avec DeX, Google proposera en natif le « Mode Desktop » dans la prochaine version d’Android (aucune application n’exploite encore ce mode Dana slang Beta 3 installée dans nos Google Pixel).

Ce mode permet d’afficher sur un écran externe un « poste de travail Android » pour lequel la souris et le clavier sont opérationnels. Cela confirme les projets de Google d’étendre Android aux ordinateurs de bureau et aux écrans. La société demande déjà aux développeurs de commencer à porter leurs applications dans les résolutions respectives. Étant donné la nature d’Android et l’un de ses principaux arguments de vente, le mode bureau est également très personnalisable. En fait, un développeur a déjà créé un programme de lancement personnalisé qui ajoute des fonctionnalités très intéressantes :

Le lanceur en est encore à ses débuts, mais le développeur derrière le projet, Daniel Blandford, indique que Google fournit la plupart des API et des services nécessaires à la création d’un lanceur personnalisé pour le mode bureau d’Android Q. Ce lanceur personnalisé dispose de toutes les fonctionnalités de base, telles que les fenêtres de forme libre, les contrôles de volume et autres boîtes de dialogue système. Les prises en charge de la souris et du clavier sont également présentes. Se sera donc aux applications de prendre en charge ce mode. Il n’y a pas d’information actuellement pour savoir si Google proposera en natif sa propre application gérant ce mode (pour fournir un simple navigateur Chrome au besoin…

Nous reviendrons sur ces fonctions et leurs usages possibles, lors du Briefing Calipia qui commence demain à Aix en Provence, nous serons jeudi à Lyon (les deux sont complets). Il reste encore des places pour Paris, Nantes, Lille et Strasbourg. Toutes les informations ici : calipia.com/briefing

Google : une enquête antitrust à venir ?

Capture d’écran 2019-06-01 à 17.54.37Après les déboires en Europe, Selon le Wall Street Journal daté de vendredi dernier, Google devrait bientôt faire face à une enquête antitrust du département américain de la Justice concernant ses activités de recherche et potentiellement d’autres aspects non dévoilé par le quotidien. Le ministère de la Justice aurait consacré ces dernières semaines à la préparation de l’enquête, qui pourrait constituer une vaste étude pour les violations des lois antitrust sur l’ensemble de ses activités.

La FTC (Federal Trade Commission ) s’en remettrait au DOJ, à la suite du procès intenté contre la société par la FTC en 2011 concernant le placement de cookies non sollicités dans le navigateur Safari d’Apple. Cette affaire s’était à l’époque conclue par une condamnation à 22,5 millions de dollars, ce qui malgré la somme ridicule pour Google avait été à l’époque le plus important jugement de ce genre jamais remporté par la FTC devant les tribunaux. Selon la WSJ, la FTC a poursuivi son enquête jusqu’en 2013 mais cette fois pour violation de la législation antitrust. Cette dernière avait alors classé l’affaire sans engager de poursuites contre le géant de la recherche. On est très loin dur montant des trois amendes antitrust imposées à Google par l’Union européenne, qui s’élève désormais à 8,2 milliards d’euros….

Avec les élections qui arrivent aux USA, Google risque de devenir une cible prioritaire pour les politiciens et les régulateurs cherchant à contrôler la Silicon Valley,  c’est en particulier le cas de la sénatrice Elizabeth Warren (Candidate Démocrate)…

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