Et si vous profitiez de l’été pour vous mettre à la domotique ?

Les vacances d’été approchent et avec elles la période des petits ou grands travaux à la maison. Alors pourquoi ne pas installer un peu de domotique ? Comment ? C’est déjà fait ? Très bien dans ce cas passez votre chemin, cet article de vulgarisation n’est sans doute pas fait pour vous 🙂

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La domotique n’est pas une idée neuve…

Le concept est en effet né dans les années 1980, quasiment en même temps que les premiers PC. La domotique désigne formellement : « l’ensemble des techniques d’automatisme reposant sur l’électronique, l’informatique et les télécommunications permettant de centraliser le contrôle des différents systèmes et sous-systèmes de la maison ». On parle donc ici avant tout d’automatisation du chauffage, des volets roulants, de la porte du garage, du portail d’entrée, des prises électriques, mais aussi de l’éclairage, etc.

On retrouve un peu plus tard, la notion de « scénarios d’usages » permettant un couplage de ces différents automatismes. Comme par exemple : fermer les volets roulants et allumer la lumière en même temps si une personne est dans la pièce…

Ainsi exposé, cela ressemble fort à un système pour fainéants. Un peu quand même ! Mais pas seulement comme nous le verrons plus tard avec des scénarios plus complexes faisant pour certains appels à de l’Intelligence Articicielle (IA). Officiellement on parlait de « gagner du temps », où à défaut d’éviter d’en perdre avec des tâches répétitives et sans intérêt.

Les technologies pour faire de la domotique à cette époque étaient loin d’être parfaites, bien au contraire. Cela tenait plus du bricolage que du processus industriel. Des périphériques incompatibles entre eux, des protocoles à l’états d’ébauches, des documentations très succinctes et l’absence de retour d’expériences entre les utilisateurs (c’est inimaginable, mais Internet n’était pas encore arrivé à cette époque dans le grand public !), faisaient que toute installation était très instable pour ne pas dire plus. Mais il est vrai, l’important n’était pas que cela fonctionne pour ces pionniers (dont je faisais partie est-il nécessaire de le confesser ?), c’était de construire quelque chose, d’expérimenter. Un script qui ne fonctionnait pas ? La joie n’était que plus grande lorsque l’on comprenait pourquoi !

Mais la domotique est née et vise donc à apporter des solutions techniques pour répondre aux besoins de confort, de sécurité et de communication que l’on peut retrouver dans les maisons mais aussi par extension dans les hôtels, des lieux publics, etc.

Les principaux domaines d’applications

Avec l’essor des objets connectés de toutes sortes les domaines d’applications de la domotique sont nombreux, ils peuvent néanmoins se regrouper en 3 catégories :

  • Les équipements relatifs à la sécurité
  • Les équipements de confort
  • Le pilotage de l’énergie

Voyons de quoi se compose ces différentes catégories.

Première d’entre-elles, les équipements relatifs à la sécurité. On parle ici de tout un ensemble de détecteurs : détecteurs de présence, détecteurs de fuites mais aussi caméras « intelligentes » capables de détecter des personnes, des animaux, des voitures en approche dans votre allée, etc. Il existe également des caméras capables de détecter des visages et y associer une action spécifique (envoyer un SMS aux parents si c’est un enfant qui est détecté, ou au contraire aux forces de l’ordre s’il s’agit d’un intrus).

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Nous voyons également apparaitre depuis quelque temps des serrures connectées, dont les premiers modèles compatibles avec les systèmes européens arrivent sur le marché (Danalock, Vachette, Somfy, etc.). Un exemple d’utilisation : permettre à la femme de ménage d’entrer à la maison avec son simple téléphone en guise de clé durant une période que vous définissez à l’avance ou à la demande à distance. Pratique !

On trouve aussi plus généralement dans cette catégorie toutes les composantes classiques d’une alarme : sirène, contacteurs, système de communication etc.

Deuxième catégorie, les équipements de confort. Ils sont très nombreux et autant le dire tout de suite, cette liste va sans aucun doute croitre très rapidement dans les années à venir. Il suffit pour s’en convaincre de regarder années après années les nombreuses innovations présentées au CES (Consumer Electronic Show de Las Vegas).

Nous trouvons ainsi ici des robots en tout genre : aspirateur, tondeuse, assistants humanoïdes. Mais aussi des systèmes d’éclairage comme le bien connu système Philips Hue, des gestionnaires d’ambiance sonore, etc.

Depuis 3 ans (1 an en France avec l’arrivée de Google Home en Français suivi d’Amazon Echo et du HomePod d’Apple en juin dernier), les assistants vocaux, nous en reparlerons, ont envahi les foyers (surtout ceux des américains pour l’instant). Ils font aussi parti de cette catégorie.

On parle ici d’équipements de « confort », car il faut bien le reconnaitre, c’est avant tout des objets permettant à l’humain de se détendre, en restant assis confortablement sur son canapé et en hurlant (ou pas) « Dis Google éteint la lumière ! ». Qui a dit des équipements de fainéants ? Non des équipements d’optimisation de nos activités, voilà tout.

Enfin troisième catégorie d’équipements : le pilotage de l’énergie. Disons-le clairement, contrairement à la précédente catégorie, il s’agit ici d’une activité spécifique que nous ne pouvions pas réaliser simplement auparavant. Nous parlons ici d’équipements permettant de mesurer en temps réel la consommation énergétique (électricité, gaz), mais aussi la production si vous disposez de panneaux solaires par exemple. Des objets permettant de mesurer la consommation en eau également. Et bien sûr, au-delà de la mesure, la possibilité offerte de réguler cette consommation.

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Il existe de nombreux objets qui permettent de réaliser cela. La nouveauté vient du fait que leur installation est de plus en plus simple voire même non destructive. Prenons par exemple les équipements offerts par la société belge Smappeequi avec la pose d’une simple pince ampèremétrique sur la phase de votre arrivée de courant (avant le tableau électrique) vous permet de non seulement mesurer la consommation totale de votre foyer mais aussi de découvrir (en analysant les montées en charge des équipements) la consommation de chaque appareil du foyer ! Une sorte de Shazamde l’appareil électrique. Il vous présente alors les résultats sur de très jolis tableaux de bord avec les consommations en KWh mais aussi en Euros. De quoi sensibiliser toute la maison aux économies d’énergie, à la consommation excessive des appareils en veille par exemple.

Nous trouvons également dans ce groupe les thermostats connectés permettant un contrôle de la température, le déclenchement de la chaudière avec le cas échéant une anticipation de la montée en chauffe si les prévisions météo indiquent une nuit particulièrement fraiche. La société Nest (propriété depuis quelques années de Google) avec son thermostat intelligent du même nom, était précurseur dans ce domaine. Depuis d’autres acteurs sont arrivés : les américains Honewell, Elgato, ou encore le français Netatmo pour ne donner que quelques noms.

Les scénarios d’usage sont nombreux : éteindre ou allumer à distance le chauffage de sa résidence, asservir ce dernier en fonction des personnes présentes dans les différentes pièces, etc. Là encore, ce sont les couplages des différents objets et les scripts associés qui constituent la richesse des possibilités et leur pertinence.

 

Les principales composantes technologiques de communication

Les composantes de communication d’un système de domotique sont nombreuses, nous avons choisi de le regrouper ici en 3 catégories :

  • Les communications internes (comprendre à l’intérieur de l’habitat)
  • Les communications externes (avec l’extérieur de l’habitat)
  • Les communications physiques avec les humains, ou les interfaces homme-machine.

Historiquement les communications internes s’appuyaient sur des protocoles propriétaires reposant sur un support filaire. Ainsi, il y a plus de 25 ans, naissait le protocole X10 qui proposait de véhiculer la signalisation et les actions des différents objets sur du courant porteur. Plus tard d’autres protocoles sont apparus : le SCS du français Legrand, le RS485, le Modbus, le Profibus, etc. Ces nombreux protocoles et surtout l’absence de normalisation ont rendu les choses assez compliquées. Comment imaginer construire des scénarios pertinents impliquant différents objets reposant sur des standards différents !

Aujourd’hui, les communications sont majoritairement sans fil : en Wifi (802.11 x), parfois en Bluetooth, en Infrarouge mais surtout en Radio-Fréquences avec protocoles divers mais normalisés : Zwave, Enocean, Zigbee par exemple. Ainsi un objet connecté « parle » tel protocole. Il ne parlera donc pas nativement avec un objet parlant un autre protocole. Pour résoudre ce problème et donc permettre l’élaboration de scénarios avec différents objets, deux options : soit « standardiser » son installation sur un protocole unique (attention néanmoins aux incompatibilités internes : elles sont nombreuses en Zwave et Zigbee), soit mettre en place des passerelles qui convertissent la signalisation. Dans ce second cas, il faudra y adjoindre quasi obligatoirement une centrale domotique (nous aborderons ce point plus loin). Les choses ne sont donc pas si simples…

Les communications externes permettent de commander son équipement en dehors de son domicile via un accès internet et bien entendu une connexion sécurisée.

Historiquement, il fallait pour communiquer depuis l’extérieur avec un objet connecté en local, ouvrir un port spécifique sur sa box internet. Cette tache assez complexe pour le commun des mortels a été simplifiée d’une part avec les configurations Universal Plug and Play mais aussi et surtout avec l’utilisation de Clouds des constructeurs : c’est l’objet qui publie ses états et vérifie des ordres émis sur ce Cloud extérieur. Cela simplifie la configuration mais en contrepartie rend dépendant (y compris parfois en interne) d’une communication Internet. Prenons par exemple le fonctionnement de l’application mobile pour la chaudière connectée Vaillant : elle se connecte sur son compte au Cloud de l’entreprise Vaillant pour établir les réglages, la chaudière vérifiant régulièrement les ordres attendus et publiant ses données. C’est donc ici la même application mobile qui est utilisée à l’intérieur et à l’extérieur de l’habitat et surtout avec les mêmes moyens de communications : externe via internet. Autre avantage de cette méthode, ce sont les mêmes moyens de communication que la chaudière utilise pour anticiper les besoins de chauffe en consultant les prévisions météorologiques.

C’est aussi souvent grâce à des centrales domotique que les communications externes sont gérées rendant les configurations plus simples et uniques quels que soient les fournisseurs et équipements internes.

Enfin il existe aussi d’autres possibilités pour standardiser ces communications : l’utilisation d’équipements des constructeurs Apple, Google ou Amazon. En effet avec une Enceinte Google Home, une Amazon Echo, une machine Apple et la composante Homekit (comme une Apple TV par exemple ou une enceinte HomePod), ce sont ces équipements qui peuvent servir de passerelle externe et permettre donc de commander les équipements depuis l’extérieur. Il est ainsi possible par exemple depuis son iPhone en extérieur de commander l’allumage des luminaires chez soi, de visualiser les vidéos de la surveillance, ceci avec une Apple TV qui reste branchée dans le foyer et qui est « réveillée » à la demande par une sollicitation externe. Les mêmes choses sont possibles dans l’environnement Google et Amazon.

Les interfaces hommes-machines sont bien entendu obligatoire pour commander les différents équipements. Traditionnellement ces interfaces étaient… des interrupteurs ! Ce sont devenus plus tard des applications Web ou des applications mobiles. On trouve aussi des choses plus originales encore : des murs tactiles, des reconnaissances de gestes, des puces RFID (comme celles que l’on trouve par exemple dans les animaux pour permettre par exemple au chat d’être reconnu et d’ouvrir automatiquement la chatière tout en envoyant un SMS au propriétaire !).

Mais la véritable révolution pour l’interface homme-machine dans le foyer ce sont bien sûr les assistants vocaux. Ils apportent à la fois la simplicité d’usage mais également masquent la complexité des différentes interfaces de chaque objet. Ainsi plutôt que de devoir chercher son Smartphone et aller dans l’application Hue pour contrôler ses lampes. Il suffit de dire « Alexa » (ou Ok Google, Dis Siri, etc) « allume les lampes » pour que l’action soit réalisée. Enfin des usages pour bluffer (ou pas) nos amis qui ne voyaient dans notre passion pour la domotique qu’un truc de Geek J.

Dans une enquête récente sur les usages des assistants vocaux on retrouve sans surprise en réponses à la question « Pourquoi utilisez-vous un assistant vocal chez vous plutôt que votre PC, Tablette ou Smartphone ?» : « Parce que c’est plus pratique lorsque les mains sont occupées » (une évidence). Mais aussi : « Pour pallier l’utilisation de menus compliqués » ou encore « Pour obtenir des résultats plus rapidement ».

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Vers la maison « intelligente »

De la réaction à l’anticipation, la maison connectée devient « apprenante », grâce aux Big Datas aux technologies Cloud et surtout au Machine Learning.

Les technologies d’Intelligence Artificielle se mettront donc demain au service de la maison comme elles se mettent au service des « Smart Building » ou des « Smart Cities ». L’objectif de la maison intelligente est, à minima, de minimiser le temps que l’humain doit passer devant l’interface de chacun des appareils. Ceci parce que les réglages seront devenus prédictifs.

C’est un secteur important pour l’IA. La programmation du comportement de la maison (ou plutôt de ses composantes) peut se faire de façon volontaire, par des algorithmes évolués basés sur l’apprentissage des modes de vie, supervisée par l’utilisateur ou non. Ainsi par exemple les allers et venues des occupants seront analysées pour anticiper leur besoin : de l’eau chaude pour la douche juste à temps pour minimiser la déperdition calorifique, le déclenchement de l’ambiance sonore selon les habitudes de l’occupant présent dans la pièce, etc. Les possibilités sont infinies.

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Des obstacles au déploiement

Dans une étude de fin 2016 la Fédération Française de Domotique[1]revient sur les obstacles au déploiement de solutions domotiques. Sans surprise le déficit d’informations est la cause principale du faible équipement. Ainsi :

  • 70% des français ne voient pas d’intérêt à disposer de plus de connectivité entre les appareils du domicile
  • 53% des français ne comprennent pas le concept de maison intelligente
  • 70% des français se déclarent peu ou jamais informés sur les objets connectés et 89% se disent mal orientés en cas de besoin. Ils questionnent donc la pertinence du canal de distribution qui ne serait pas toujours adapté (ou réservé à des spécialistes et passionnés).

L’ignorance engendrant la peur, c’est sans surprise là encore que 90% des français craignent le piratage et le détournement de leurs données…

Mais alors comment faciliter le déploiement de solutions ?

En informant bien entendu, mais aussi en rendant les technologies beaucoup plus accessibles et plus simples d’emploi.

Par où commencer pour s’équiper ?

Il existe maintenant de nombreux « packs » prêt à l’emploi pour démarrer une installation domotique que l’on pourra compléter à loisir par la suite. Regardons quelques exemples dans chacune des catégories que nous avons évoqué plus haut.

Vous désirez commander ou analyser votre consommation énergétique ? Regardez les différents thermostats connectés avec votre chaudière :

 

 

Vous cherchez des solutions de confort ? Prenez des lampes connectées :

 

Intéressé par tout ce qui touche à la sécurité ? Optez pour des caméras et des serrures connectés :

 

Les serrures connectées sont nombreuses elles aussi, mais attention à la compatibilité avec les cylindres français et la nécessité de faire plusieurs tours (ce qui exclut les modèles américains). Tous les constructeurs s’y mettent, mais plusieurs sociétés innovantes françaises proposent aussi des solutions souvent plus adaptées :

  • Comme par exemple Nuki Smart Lock (https://nuki.io/fr/) qui s’installe sur votre serrure existante.
  • Ou encore Evy Locky (https://elocky.com/fr/) qui réduit la consommation d’énergie en ne contrôlant que le blocage du cylindre (c’est toujours à vous de tourner la poignée).

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Pensez également aux assistants vocaux Google Home, Amazon Echo ou Apple Homepod pour contrôler votre installation…

Pour aller plus loin

Pour compléter l’installation, il faudra investir dans une centrale domotique permettant de mettre en œuvre des scénarios couplant les différents objets connectés.

Le choix est là encore très vaste. Vous pouvez simplement utiliser parfois les services de votre Box Internet si elle en dispose, mais aussi préférer un équipement dédié compatible avec vos équipements. Souvent ces centrales viennent déjà en kit avec des solutions de sécurité, devenant ainsi des alternatives aux alarmes plus traditionnelles. Citons par exemple :

Sachez enfin que pour les plus bricoleurs, il existe de nombreuses solutions libres comme l’incontournable Jeedom (https://www.jeedom.com/site/fr/) par exemple.

Ceci termine notre petit point estival sur la domotique, nous reviendrons à la rentrée avec des sujets beaucoup plus professionnels 🙂

Bonnes vacances à tous.

 

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