MPSA : un contrat pour les remplacer tous !

Début 2014, Microsoft introduit un nouveau contrat de licences en volume pour les entreprises, le MPSA (Microsoft Product and Services Agreement). Toute modification de contrat de licences en volume est pour Microsoft un sujet d’importance stratégique. Selon le dernier rapport annuel de Microsoft concernant sa dernière année fiscale (01/07/2014 au 30/06/2015), les licences en volume comptent pour 44% des 93 milliards de dollars de chiffre d’affaires réalisé !MS FY15Source : Microsoft, annonce résultat Q4 FY15 (http://www.microsoft.com/investor/EarningsAndFinancials/Earnings/PressReleaseAndWebcast/FY15/Q4/default.aspx)

Microsoft a donc introduit dans le courant 2014, le nouveau contrat avec un objectif (à moyen terme) très ambitieux d’en faire le seul contrat (au lieu des différents contrats existants : Open, Select Plus, AE…).

Mais avant d’atteindre cet objectif final, Microsoft a adopté une démarche progressive d’évolution.Le 1er septembre 2015 constitue une nouvelle étape dans cette évolution, avec l’introduction de nouvelles possibilités assez intéressantes pour les organisations. Nous allons dans cet article revenir sur le positionnement du MPSA et nous ferons le point sur l’état actuel de la transformation du paysage des contrats de licences en volume Microsoft.

Pour commencer, un peu d’histoire

L’offre contractuelle pré MPSA pour les licences en volume s’est construite progressivement, par ajouts successifs depuis plus de 20 ans. Le premier contrat Select est ainsi apparu en 1993, le premier contrat Open (son ancêtre, plus exactement : MOLP) en 1994, les premiers Accords Entreprise en 1999 et les contrats de services en ligne pour les entreprises ont vu le jour en 2009.

Les contrats en volume Microsoft se sont structurés autour de 2 axes principaux :

  • La volumétrie :
    • Moins de 250 PC, pour les PME : Open …etc
    • Plus de 250 PC, les contrats pour les grandes organisations : Select Plus, Accord Entreprise (AE)
  • Le type d’acquisitions réalisables au travers du contrat :
    • Avec engagement (achat automatique de Software Assurance, couverture de tous les postes de l’organisation) : Accord Entreprise ou Open Value.
    • Transactionnel (sans engagement) : Open ou Select.

Deux autres éléments structurent également ces contrats :

  • Les licences acquises perpétuelles ou pas (utilisation limitée à la durée du contrat dans ce cas).
  • La possibilité d’utiliser les logiciels on premise ou dans le cloud.

Depuis le début des années 90, les choses ont beaucoup changé dans le paysage de l’IT en entreprise, avec, entre autres, les impacts de la consumérisation, la montée en puissance du cloud computing, l’explosion de la mobilité.

Ainsi début 2014, la panoplie Microsoft de contrats de licences en volume se décompose comme indiqué sur le schéma ci-dessous.

contrats volume

Au-delà de la mosaïque que représente ces différentes options contractuelles, des limitations / contraintes pouvaient exister, telles que :

  • Des disparités dans les choix proposés aux clients selon les contrats concernés (par exemple, pas possible de souscrire à des services en ligne depuis un contrat Select Plus),
  • Pas de vue homogène sur le patrimoine logiciel d’une organisation qui aurait acquis des licences via différents contrats (par exemple, une grande organisation qui achète via un contrat Select Plus, et des filiales qui elles signent des contrats Open), donc pas de capitalisation sur les volumes globalement acquis.
  • Des charges administratives et juridiques parfois lourdes pour négocier, signer et faire vivre certains contrats constitués comme des mille-feuilles, avec un empilage de documents contractuels tels que le Microsoft Business and Services Agreement, le contrat Select, les Accords de mise en œuvre …. Au final une structure très lourde.

Le début de la transformation

Fin 2013, Microsoft a donc lancé son grand chantier de transformation de sa panoplie contractuelle de licences en volume, avec l’introduction du MPSA.

De quoi s’agit-il ? Avec l’introduction de son nouveau contrat, Microsoft cherche à simplifier les processus de signature des contrats en volume et à fournir des outils plus simples, sur le web, pour permettre aux clients de suivre tout le cycle de vie des logiciels/devices/services Microsoft acquis dans le cadre d’un contrat de licences en volume. Plus concrètement, le nouveau contrat offrira :

  • Une structure contractuelle améliorée : aujourd’hui composée d’une hiérarchie de documents (MBSA, Enrollment …), la structure contractuelle sera simplifiée pour aboutir à un unique Microsoft Products and Services Agreement.
  • Un processus d’acquisition simplifié : pour les diverses offres de Microsoft (logiciels, devices, services, on premise, online, hybride ….).
  • De nouveaux systèmes et outils pour permettre aux clients, mais aussi aux partenaires et à Microsoft de bénéficier de capacités de suivi et de contrôle plus souples.

Avec l’introduction du MPSA, Microsoft a donc entamé une remise à plat pour diminuer la complexité de ce millefeuille qui donnait souvent, à raison, des boutons à tous ceux qui avaient à en connaitre !

Ce nouveau contrat est apparu en décembre 2013 aux USA, Canada, UK, Allemagne. La France a dû attendre le premier trimestre 2014 pour en bénéficier.

En même temps que le lancement de MPSA, Microsoft a également annoncé la fin de vie de son contrat Select Plus, en 2 étapes :

  • A partir de Juillet 2015 : plus de nouveau contrat Select Plus
  • A partir de Juillet 2016 : plus de nouvelle commande sur un Select Plus existant au-delà de sa date anniversaire.

MPSA s’est donc naturellement positionné comme le successeur de Select Plus lors de son lancement, offrant un « niveau de service » enrichi par rapport à son ancêtre, en permettant notamment la souscription à des services en ligne (Office 365, Azure).

Dans cette période de démarrage, Microsoft a lancé le contrat MPSA avec des possibilités « limitées » :

  • Seulement du transactionnel : pas d’engagement, pas de Software Assurance (SA)
  • Pour les contrats au-delà de 250 PC ou utilisateurs

Les dernières évolutions du MPSA

Depuis, MPSA a bénéficié de plusieurs ouvertures :mpsa

  • La possibilité de souscrire de la SA (septembre 2014)
  • La possibilité de souscrire à des abonnements MSDN (1er juillet 2015
  • La possibilité de souscrire à des services Azure (13 juillet 2015) avec un modèle de facturation beaucoup plus souple que ce qui pouvait exister jusqu’alors.
  • Et plus récemment (1er septembre 2015), des nouveautés permettant de rentrer dans des dynamiques avec engagement pour les organisations qui le souhaiteraient.

Je vais revenir sur les 2 derniers points qui apportent des modifications substantielles par rapport aux contrats les plus anciens, et avec lesquelles MPSA est en train de devenir le « couteau suisse » du licensing Microsoft.

Intégration d’Azure au MPSA

Avant l’introduction d’Azure dans le MPSA le 13 juillet dernier, les entreprise pouvaient consommer des services Azure au travers des différents canaux Microsoft :

  • En direct sur le portail Azure : avec différentes options de paiement, soit en paiement direct à la consommation, soit via un prépaiement.
  • Via un revendeur Microsoft, avec un contrat Open : achat d’un crédit de consommation Azure valable un an (à partir de la date du premier pré paiement), avec la perte du crédit non consommé en fin d’année.
  • Via un partenaire LSP (Licensing Solution Provider), avec un Accord Entreprise : tout comme Open, avec un achat de crédit de consommation valable un an et perte du crédit non consommé en fin d’année.
  • Via un partenaire CSP (Cloud Solution Provider) : avec cette offre récente, les organisations peuvent bénéficier d’un vrai paiement à la consommation sans achat de crédit préalable. La base de facturation peut être mensuelle ou annuelle.

Depuis le 13 juillet, le contrat MPSA offre une nouvelle modalité de consommation de services Azure pour les entreprises au-delà de 250 PC ou utilisateurs. Dans l’esprit de CSP et à l’inverse de l’Accord Entreprise, MPSA permet de consommer des services Azure avec une facturation trimestrielle à la consommation, sans achat de crédit, et donc sans risque de perdre le crédit éventuellement non consommé en fin d’année.

Souscription Enterprise Cloud Suite (ECS)ecs

ECS est la nouvelle plateforme Microsoft composée de Office 365 E3, EMS (Enterprise Mobility Suite) et Windows SA Per User (le modèle de licensing de Windows par utilisateur). ECS est basé sur un modèle de licence par utilisateur, et jusqu’à cette arrivée dans MPSA, ECS n’était accessible qu’au travers d’un Accord Entreprise.

Souscriptions pluri annuelles

Depuis le 1er septembre 2015, il est possible dans un contrat MPSA de souscrire à des services en ligne pour des périodes de longue durée (un, deux ou trois ans), tout en bénéficiant d’une protection des prix pour toute commande additionnelle. Les services accessibles dans ces souscriptions sont :

  • ECS
  • Office 365 E1, E3, E4
  • EMS
  • Intune
  • CRM Online

Conclusion

En bref, Microsoft dote MPSA de caractéristiques qui vont le faire ressembler de plus en plus à l’Accord Entreprise. Ce n’est certes pas (encore), l’annonce officielle de la fin de l’AE, mais la perspective qu’a tracé Microsoft en lançant MPSA il y a plus d’un an (en faire LE contrat de licences en volume contrat, destiné à terme à remplacer tous les autres – Open, Select Plus, AE), se rapproche avec ces dernières annonces.

Pour plus d’information sur MPSA et les évolutions du licensing Microsoft, vous pouvez participer à la formation Calipia FC602 Licensing Microsoft, entre logiciels et souscriptions qui se déroule le 22 septembre prochain.

N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires

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À propos de Patrick Barriere

Directeur associé et co-fondateur du cabinet d'études Calipia. Il a occupé durant 10 années chez Microsoft différents postes dont ceux de Directeur d'Agence Grands Comptes en charge du secteur Public puis de l'industrie et de la distribution, Directeur des Opérations de la division PME/PMI. Ancien Ingénieur d'Affaires chez IBM, Patrick a débuté sa carrière comme développeur logiciel chez Jeumont-Schneider puis chef de projet chez GSI après avoir obtenu son diplôme d'Ingénieur ESIEE (1980).

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