Les résultats d’Amazon

Nous en parlions la semaine dernière, les résultats de Apple, Google et Microsoft ont donné lieu une nouvelle fois à une récolte de cash très en décalage par rapport au contexte de crise dans lequel, nous tous les salariés moyens, sommes immergés. Au vu de ce post, certains lecteurs nous ont dit quid d’Amazon ? Justement la société de Jeff Bezons a publié vendredi dernier les résultats de son second trimestre. Le chiffre d’affaire global s’établit à 15,7 milliards de dollars (environ 22% de croissance sur le même trimestre l’an dernier), mais affiche des pertes, faibles, de 7 millions de dollars. Ces pertes ont pris un peu par surprise les marchés financiers, et Amazon les a justifié en parlant d’investissements plus élevés que prévus dans ses entrepôts pour faire face à une croissance importante de ses activités. Ce profil (progression du CA pour un résultat net faible) se retrouve sur tous les trimestres depuis 3 ans comme l’indique le graphique ci dessous, les profits apparaissant comme de « simples traces » orangées sur le graphique (ils évoluent entre +201 millions de dollars en Q1/2011 et – 270 millions en Q3/2012). Rien à voir donc avec les profils des Apple, Google et Microsoft, et leur milliards de bénéfices. Pour autant, le titre Amazon a grimpé de 2,8% après l’annonce de ces résultats.

amazon evolutions financières

Au delà de cette perte affichée, il est très difficile, voire impossible, de comparer ces éléments financiers avec ceux d’Apple, Google ou Microsoft.  Tout d’abord, Amazon ne publie pas de résultat par business, donc impossible de savoir ce que représente AWS dans ce total, coincé entre le commerce tous azimuts de l’entreprise (des échelles télescopiques aux livres, en passant par les vêtements ou les produits de beauté :)), et les médias, avec les Kindle et les livres numériques.

Jeff Bezos a coutume d’indiquer que le business d’Amazon c’est beaucoup de volume et des marges faibles (marrant, ceci me rappelle un message identique de Microsoft, il y a longtemps, très longtemps). Ce qui semble vrai pour le moment au vu des résultats affichés. Qu’en est il du business model d’AWS ? Vraisemblablement des marges plus importantes que celles des activités historiques, et encore largement majoritaires, d’Amazon, mais certainement loin de celles affichées par les Apple, Microsoft ou Google. Mais pour le moment, pas possible d’en savoir plus, puisque l’entreprise ne communique pas là dessus. Les marchés, entités étranges aux réactions parfois peu compréhensibles, piaffent devant Amazon, dans l’attente de voir enfin ce business model générer du profit à la mesure du capital consommé. Pour le moment ces marchés continuent d’adorer Amazon. On peut craindre cependant que leur impatience amène Jeff Bezos a tenté de les amadouer avec un peu de cash, facile, au prix d’une entorse à son principe du volume et des marges faibles. Quoi de plus naturel ? D’autant que dans certains secteurs d’activités, il va bientôt rester Amazon et … Amazon. Demandez à feu Virgin Megastore, à la FNAC pas vraiment en forme ou à Darty qui va licencier quelques centaines de collaborateurs, pour ne citer que des enseignes en France, ce qu’ils en pensent. Il est alors à craindre que les bons vieux réflexes capitalistes reprennent le dessus.

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À propos de Patrick Barriere

Directeur associé et co-fondateur du cabinet d'études Calipia. Il a occupé durant 10 années chez Microsoft différents postes dont ceux de Directeur d'Agence Grands Comptes en charge du secteur Public puis de l'industrie et de la distribution, Directeur des Opérations de la division PME/PMI. Ancien Ingénieur d'Affaires chez IBM, Patrick a débuté sa carrière comme développeur logiciel chez Jeumont-Schneider puis chef de projet chez GSI après avoir obtenu son diplôme d'Ingénieur ESIEE (1980).

Une Réponse vers “Les résultats d’Amazon”

  1. Intéressant…
    Tout le débat reste à voir ce qui, à l’avenir, apportera du cash à long terme

    Du hard ? (Apple, Samsung), bof… jusqu’à quand ? (et Ms n’y est pas entré)

    De la licence soft ? (Ms, Oracle, …), en déclin… ou alors acquis dans le Cloud

    De la pub ? (Google)

    De la vente sur « Store » ? (Apple, Google, Amazon)

    Il semble que le dernier modèle ait encore de solides marges de manœuvre…

    Se faire livrer le lendemain d’un achat, de n’importe quoi chez soi, et sans frais de port ou quasi. Même si la marge est (très) faible, le marché est immense…

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