Archives des étiquettes : #covid

COVID 19 : recherche d’un vaccin, même les datacenters immergés de Microsoft y participent !

Capture d’écran 2020-06-22 à 10.18.16Il y a 2 ans, Microsoft a immergé au fond de l’Atlantique, près des iles écossaises de Orkney, un datacenter sous la forme d’un container de 12 mètres de long et 2,8 m de diamètre, embarquant 12 racks et 864 serveurs. Ces serveurs sont également dotés d’accélérateurs FPGA et stockent 27,6 petabytes. Le tout est immergé par 35 mètres de fond.  Ce projet, dénommé Natik, vise à bénéficier des conditions favorables de température de la mer à cet endroit, pour tester la viabilité des opérations d’un tel ensemble à distance.

Microsoft vient de publier un billet d’information la semaine dernière pour indiquer que ce datacenter immergé participe à un programme d’informatique distribuée, Folding@home, initialisé en 2000,  qui contribue aujourd’hui aux efforts de recherche sur des traitements et vaccins pour le Covid 19. Comme l’indique Spencer Fowers, le responsable technique du projet Natik, les 864 serveurs sont dédiés au traitement des modules Folding@home, faisant ainsi d’eux les premiers contributeurs du projet au niveau mondial.

Disponibilité des applis StopCovid

Capture d’écran 2020-06-03 à 14.37.05Depuis hier, les 2 applications StopCovid pour iOS et Android sont donc disponibles sur les stores de Google et d’Apple, après moult atermoiements et de vifs échanges. StopCovid a reçu le feu vert des députés, des sénateurs et de la CNIL, bref de toutes les autorités nécessaires pour pouvoir se déployer sur nos smartphones.

Développée  sous la houlette du Secrétariat d’Etat chargé du Numérique, par un consortium mené par l’INRIA (Institut National de la Recherche en Informatique et Automatique) et comprenant divers acteurs du monde privé (Orange, Dassault Systèmes, Lunabee Studio, Withings, Cap Gemini), StopCovid vise à stopper les chaines de contamination du virus. Pour cela, quand 2 smartphones équipés de l’appli (activée) sont entrés en contact à 1 mètre et au moins 15 minutes, chacun va enregistrer l’autre dans son historique de contacts. Si l’un des 2 est diagnostiqué positif, tous les utilisateurs de StopCovid qu’il a croisé dans les 14 jours précédents seront avertis (de manière anonyme) et invités à prendre des précautions et contacter un médecin.

Si le choix du bluetooth par rapport au GPS pour effectuer ce suivi a reçu un accueil positif de toutes les parties, l’application a néanmoins suscité (et ce n’est pas fini) beaucoup de passion, et pour des raisons d’ordres variés :

  • le principe même d’une application retraçant le parcours d’individus est, pour certains, rédhibitoire.
  • le principe de centralisation choisi pour l’application française par rapport à une approche décentralisée (supportée par l’initiative commune Apple-Google d’une API de suivi de contacts). Si les autorités françaises ont mis en avant la souveraineté nationale et les risques sensément accrus de failles avec la solution d’Apple-Google, la concentration des informations vers un point central soulève elle aussi des questions quant à la sécurité.
  • les risques de rupture de confidentialité de la chaine d’information. En effet qu’il s’agisse des solutions centralisées ou décentralisées, diverses moyens techniques sont mis en avant par les promoteurs pour justifier la supériorité de leurs solutions en la matière..
  • le manque de retour d’expérience positive sur ce type d’appli mobile de suivi de contacts, centralisée ou décentralisée. D’une part parce que le volontariat pour l’installation, puis l’activation et enfin pour son maintien en fonctionnement limite fortement le taux global d’usage effectif.

Ces mêmes motivations d’indépendance du pays vis à vis d’une techno ou d’un fournisseur, ont rendu (à ce stade) impossible la création d’une solution européenne. Et donc un touriste étranger se rendant en France (on espère malgré tout qu’il y en aura !!) ne pourra pas utiliser son appli nationale pendant son séjour en France, sauf à croiser ses compatriotes équipés.

Il faudra donc attendre les retours d’Apple et Google en termes de nombres d’installation des applis réalisés ainsi que ceux des autorités françaises sur l’efficacité réelle de la solution, notamment en termes de nombre de diagnostiques positifs remontés via l’appli et le nombre de personnes contacts informées.