Nouveautés Excel + Copilot en avril 2026 : Python, plan mode et plus de contrôle
Chaque mois de fin avril, Microsoft publie son récapitulatif des nouveautés Excel. Cette édition 2026 est techniquement modeste en volume (deux entrées au compteur officiel, contre trois en mars), mais l’une d’elles regroupe en réalité plusieurs évolutions significatives autour de Copilot dans Excel. À y regarder de plus près, ces changements traduisent une inflexion intéressante dans la manière dont Microsoft conçoit désormais l’intégration de l’IA dans les outils de productivité : moins de spectacle, plus de maîtrise en quelque sorte.
Le contexte M365 : Copilot passe en mode agentique généralisé
Avant d’entrer dans le détail des fonctionnalités Excel, il faut resituer cette mise à jour dans un mouvement plus large. Microsoft a annoncé que les capacités agentiques de Copilot sont désormais disponibles en disponibilité générale, et que Copilot Cowork, une fonctionnalité d’IA agentique qui se comporte comme un équipier numérique en transformant des objectifs en plans d’actions multi-étapes, est accessible via le programme Frontier. Pour les DSI qui suivent de près la roadmap M365, ce n’est pas anodin : on passe d’un Copilot « assistant conversationnel » à un Copilot capable d’orchestrer des workflows complets, avec supervision humaine. Le tout s’appuie désormais sur les nouveaux modèles OpenAI GPT-5.5 et Claude Opus 4.7. L’écosystème multimodèle de Microsoft continue donc de se densifier.
Le switcher Chat/Edit : une décision d’interface qui a des implications gouvernance
La première nouveauté notable est l’introduction d’un commutateur Chat/Edit au-dessus de la zone de saisie Copilot. Ce switcher permet de contrôler comment Copilot interagit avec le classeur : en mode Chat, Copilot répond à des questions et formule des suggestions sans modifier le fichier ; en mode Allow editing, il intervient directement dans le classeur en créant du contenu, appliquant des formats, construisant des formules et effectuant des modifications natives.
Ce détail d’interface est en réalité une réponse à une critique récurrente des utilisateurs professionnels : l’IA qui modifie un fichier sans qu’on lui ait explicitement donné carte blanche crée de la méfiance, voire des incidents en environnement de production. Le fait que le mode « Allow editing » soit activé par défaut pour de nombreux utilisateurs mérite cependant d’être noté : les organisations qui souhaitent un comportement plus conservateur devront probablement gérer ce paramètre via les politiques d’administration Copilot.
Plan mode : l’IA qui montre ses intentions avant d’agir
C’est sans doute la fonctionnalité la plus mature de cette mise à jour, et celle qui devrait retenir l’attention des architectes SI. Le Plan mode pour Copilot dans Excel aide les utilisateurs à effectuer des modifications complexes en toute confiance, en exposant une approche claire étape par étape avant de toucher au moindre contenu du classeur. Les utilisateurs peuvent examiner comment Copilot envisage d’accomplir la tâche, voir quelles données ou capacités seront mobilisées, et ajuster le plan si nécessaire.
Par exemple, si l’on demande à Copilot de « créer un tableau de bord à partir de ces données », il expose ses insights sur la façon dont les données peuvent être structurées et visualisées, avec les ajustements de formules associés. Une fois le plan validé, Copilot l’exécute. Ce principe de « human-in-the-loop » appliqué à Excel est directement aligné avec les exigences de l’AI Act en matière de supervision humaine des systèmes à impact. Pour les équipes data ou finance qui travaillent sur des fichiers sensibles, c’est une avancée concrète.
La traçabilité des modifications : des indicateurs visuels pour ne plus perdre le fil
Troisième élément de l’ensemble « Edit with Copilot » : Copilot met en évidence les modifications directement sur la grille et marque les feuilles modifiées avec un indicateur d’onglet vert. Ces repères visuels persistent pendant un tour Copilot et disparaissent une fois la session terminée, ce qui permet de rester orienté sans surcharger l’interface. Simple, mais efficace. Dans un contexte où la question « qu’est-ce que l’IA a vraiment changé dans mon fichier ? » revient régulièrement dans les discussions de gouvernance, cette fonctionnalité apporte une réponse pratique.
Python directement dans Copilot : le mariage du no-code et du pro-code
La quatrième nouveauté est probablement celle qui a le plus fort potentiel sur le long terme. Il est désormais possible d’utiliser Python directement dans Edit with Copilot pour des analyses avancées sans quitter le classeur. Copilot peut appliquer des techniques Python lors de ses modifications, permettant de transformer des données, générer des visualisations et accomplir des tâches complexes en plusieurs étapes.
L’invocation peut être explicite, en demandant à Copilot d’utiliser Python dans l’invite, ou automatique, quand Copilot juge que Python est le bon outil pour la tâche. Pour les analystes financiers ou les équipes BI qui vivent dans Excel mais ont peur des notebooks Jupyter, c’est un pont bienvenu. La question qui se posera rapidement est celle de l’environnement d’exécution Python : Microsoft utilise ici son intégration Anaconda dans Excel, ce qui a des implications en termes de sécurité des données et de conformité que les organisations doivent anticiper.
iOS : une mise à jour discrète mais utile pour les utilisateurs mobiles
La deuxième entrée officielle du mois est moins ambitieuse : l’expérience de commentaires sur iPhone a été modernisée pour améliorer la clarté et l’utilisabilité du volet Commentaires, rendant les fils de discussion plus faciles à trouver, lire et traiter dans une interface plus épurée. C’est une amélioration incrémentale qui sera appréciée des responsables qui valident ou annotent des fichiers depuis leur téléphone, mais cela reste dans la catégorie des finitions.
Ce que cela signifie pour les DSI
La direction prise par Microsoft avec cette mise à jour est claire : l’IA dans Excel devient moins magique et plus responsable. Plan mode, indicateurs de modifications, switcher explicite : autant de mécanismes qui répondent aux préoccupations légitimes des organisations autour du contrôle, de la traçabilité et de la gouvernance des usages IA. C’est une évolution saine, qui facilitera l’adoption dans des environnements régulés.
La disponibilité de ces fonctionnalités reste liée à Microsoft 365 Copilot, qui suppose une licence dédiée (ou bientôt intégrée dans M365 E7). Les organisations qui ne sont pas encore abonnées à Copilot regarderont ce récapitulatif depuis le couloir, sans pouvoir entrer. La question de la démocratisation de ces capacités reste donc entière pour les PME ou les organisations sous contrainte budgétaire.
Vous vous en doutez, nous reparlerons de tout cela lors du prochain Briefing Calipia !