25H2, 26H2 et WinUI 3 : Microsoft détaille son plan pour rendre Windows 11 plus rapide

Windows 11 : Microsoft sort enfin la feuille de route de la performance

Il faut parfois cinq ans et une réputation sérieusement entamée pour que les promesses se transforment en plan d’action détaillé. Depuis son lancement en 2021, Windows 11 a accumulé les critiques sur ses performances : lenteurs de l’Explorateur de fichiers, latence du menu contextuel, consommation mémoire excessive, et un sentiment général que le système était moins réactif que son prédécesseur sur du matériel identique. Microsoft a reconnu le problème en janvier 2026 par la voix de Pavan Davuluri, président de Windows, qui a déclaré sobrement : « We need to improve Windows in ways that are meaningful for people. » Et cette fois, le discours s’accompagne d’un plan concret, publié le 20 mars 2026 dans le billet de blog officiel « Our commitment to Windows quality« .

Quatre axes de travail, un calendrier sur toute l’année 2026

Microsoft affirme qu’il concentre son attention sur la performance de Windows 11 en promettant des expériences plus fluides et plus fiables à travers le système d’exploitation, qui se déploieront tout au long de l’année 2026. L’effort cible la réactivité du système, les temps de lancement des applications, les fondamentaux de l’Explorateur de fichiers et le sous-système Windows pour Linux (WSL). L’objectif est de s’assurer que Windows se sente rapide et cohérent lorsque les utilisateurs passent d’une tâche à une autre. 

Ces axes se déclinent en engagements précis que Microsoft a formalisés dans son billet de blog.

Réduction de l’empreinte mémoire

Microsoft améliore l’efficacité de la mémoire en réduisant l’empreinte mémoire de base de Windows, libérant ainsi davantage de capacité pour les applications, et promet une performance plus cohérente même en charge, afin que les applications restent réactives tout au long de la journée.

Pour les environnements d’entreprise avec des flottes de PC équipés de 8 à 16 Go de RAM, ce point est particulièrement significatif : sur un PC avec 8 Go de RAM, l’utilisation mémoire monte à 6 Go en veille, et sur les machines avec 16 Go, l’utilisation dépasse largement les 10 Go.  Autant dire que les applications métier ne récupèrent pas grand-chose.

Migration vers WinUI 3 pour réduire la latence d’interaction

C’est probablement le chantier le plus structurant à long terme. Microsoft réduit la latence d’interaction en migrant les expériences Windows fondamentales vers le framework WinUI3, ce qui permet d’améliorer la réactivité des expériences Windows essentielles comme le menu Démarrer. 

L’interface de Windows 11 est actuellement un mélange de frameworks anciens et nouveaux, incluant le controversé UWP. La migration vers WinUI3 concerne également une « infrastructure UI partagée » et des « expériences Windows essentielles », ce qui renvoie probablement aux Paramètres et autres boîtes de dialogue, pour améliorer la réactivité et la cohérence de l’ensemble de l’interface utilisateur. 

L’Explorateur de fichiers enfin pris au sérieux

L’Explorateur de fichiers est le symbole le plus visible des problèmes de Windows 11. Microsoft travaille à réduire substantiellement la latence pour la recherche, la navigation et les menus contextuels. La copie et le déplacement de fichiers volumineux seront plus rapides et plus fiables, et le lancement ainsi que la réactivité pour les tâches courantes seront améliorés. 

Le menu contextuel, dont la lenteur d’apparition est devenue un running joke dans la communauté IT, est directement dans le viseur. Des améliorations d’animation, la réduction du scintillement visuel à l’ouverture de dossiers, et des transitions plus fluides peuvent largement améliorer la performance perçue. Même de légers délais lors du rendu peuvent faire paraître une interface lente, et régler ces points devrait rendre l’Explorateur de fichiers plus réactif. Les premiers changements visibles sont attendus dans les builds Insider d’avril 2026.

WSL pour les développeurs

Les développeurs utilisant WSL sont également concernés, avec de meilleures performances de fichiers entre Linux et Windows, une meilleure compatibilité réseau et un débit amélioré, ainsi qu’une configuration initiale simplifiée. Neowin

D’autres engagements notables

Au-delà de la performance pure, Microsoft aborde également des sujets qui touchent directement les équipes IT. Microsoft travaille à rendre l’expérience de recherche plus cohérente entre la barre des tâches, Démarrer, l’Explorateur de fichiers et les Paramètres. 

Sur Windows Update, l’objectif est de limiter les redémarrages forcés à une fois par mois, de permettre aux utilisateurs de mettre les mises à jour en pause pour une durée indéterminée, et d’autoriser l’arrêt ou le redémarrage sans installer les mises à jour en attente. Un point qui sera accueilli avec soulagement dans les environnements où les redémarrages intempestifs perturbent les utilisateurs en plein travail.

Enfin, Copilot est aussi dans la ligne de mire. Microsoft promet d’être « plus intentionnel sur la façon et les endroits où Copilot s’intègre dans Windows », en commençant par le limiter dans l’outil Capture, Photos, Widgets et Bloc-notes.  Un aveu implicite que l’intégration forcée de l’IA dans chaque recoin du système a contribué à la dégradation des performances.

Le scepticisme est de mise, mais le signe est positif

Il serait imprudent d’accueillir ces annonces sans un minimum de distance. Depuis la sortie de Windows 11 en 2021, Microsoft a promis beaucoup de choses concernant les performances, comme le fait que le système est entièrement conçu pour tirer le meilleur parti du matériel, et quand les utilisateurs n’étaient pas tout à fait satisfaits, la société a promis des améliorations pour 2022, puis pour 2023, puis pour 2024.  La liste des promesses non tenues est longue.

Ce qui différencie l’annonce de mars 2026 des précédentes, c’est la granularité des engagements et le fait que plusieurs améliorations sont déjà visibles dans les builds Insider. La migration vers WinUI3 est un vrai investissement technique, pas une promesse marketing. Et la pression concurrentielle, notamment de macOS sur les machines ARM, n’est sans doute pas étrangère à cette prise de conscience.

Pour les DSI qui maintiennent encore de larges parcs sous Windows 10 en attendant de voir ce que Windows 11 leur apporte réellement, 2026 pourrait être l’année du basculement, à condition que Microsoft délivre ce qu’il annonce.

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