IBM en pleine transformation : que va-t-il rester de la « Compagnie » ?

Il souffle en ce moment un fort vent de transformation chez IBM. L’entreprise « globale » que nous connaissions il y a encore quelques années, présente aussi bien sur les services, le logiciel, la vente de serveurs départements, de mainframes, le financement et la fourniture de semi-conducteurs, se recentre à grande vitesse sur les services et le logiciel.IBM

Le prélude avait été en 2005 la session à Lenovo de ses activités PC. Et mi-janvier, ce même Lenovo reprenait également pour 2,3 milliards de dollars l’activité serveurs x86 de la firme d’Armonk.

Il faut dire que le contexte économique et concurrentiel malmène IBM, comme le montre ses résultats 2013. Ces dernières années, l’entreprise avait misé sur une stratégie de croissance en particulier sur les « Growth Markets », vivier à priori intéressant pour décliner sa stratégie Smarter Planet/Smarter Cities : en 2013, la sanction tombe, avec une baisse du CA de 5% sur ces fameux Growth Markets d’une année sur l’autre.  En particulier, l’Asie-Pacifique, en baisse de 12% sur un an, et les revenus OEM, en baisse de 13% de leur coté.

Pour Mme Rometty, et son nouveau directeur financier, Martin Schroeder, le groupe doit « basculer ses investissements » sur des activités actuellement plus porteuses : le mobile, la sécurité, le Cloud, la gestion de données.

D’où par exemple les 1,2 milliards d’euros d’investissements sur les datacenters.

Mais 2014 devrait voir d’autres transformations drastiques : aux dernières nouvelles, le groupe pourrait se séparer également de ses activités semi-conducteurs. Même si l’information n’est pas confirmée officiellement, il semble que la banque Goldman Sachs ait été chargé de trouver un acquéreur. Etrange nouvelle, qui semble prendre le contre pied de l’investissement récent d’IBM de 1 milliard de dollars dans les technologies pour son supercalculateur Watson.

Si cela se confirme, nous verrions ainsi un IBM recentré en substance sur le logiciel, les services, et les serveurs haut de gamme.

Un pari dangereux, à plusieurs titres :

  • Comment se différencier sur le marché des services, si l’ont se déleste justement de certains de ses différenciateurs ?
  • Jouer sur la synergie entre logiciels et services, ok, mais les logiciels sont-ils justement en bonne santé ? Nous en doutons, pas seulement au regard de la quasi-stagnation du CA sur ce segment en 2013 : +2%. Nous en doutons au regard de la visibilité et de l’image vieillissante de l’offre logicielle IBM sur le marché. Nous avons été par exemple marqué par le peu de retentissement en France des annonces faites en janvier par IBM lors de sa conférence IBM Connect d’Orlando. Il y a encore 4 ou 5 ans, la presse spécialisée relayait abondamment les faits marquants du Lotusphere, ….mais plus aujourd’hui.

Il faut souhaiter malgré tout à IBM de réussir sa transformation en 2014, mais quel en sera le prix ? A tout le moins une nouvelle entreprise, très loin de ce qu’était la « compagnie » dans les années 90 !

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