Vaste question, à laquelle nous tentons de répondre dans la lettre Calipia du mois d’Octobre. Voici un résumé de l’article pour les non-abonnés à la lettre Calipia
Par un effet du hasard particulièrement malicieux, ce qui aurait pu être l’annonce d’un dixième anniversaire de la suite Open Source s’est transformée à 15 jours près en un florilège d’articles ne laissant planer que peu de doute sur la santé de la suite bureautique libre: Les participants du Briefing Calipia de juin 2010 ne seront, tout comme nous, que modérément surpris par cette annonce, tant il est vrai que les conditions d’un schisme étaient visibles depuis un an. Nous vous avions alors alerté sur la présence de tensions divergentes au sein de la Communauté OOo.org, laissant présager un évènement grave à 6 mois.
Divorce Oracle/OOo.org: une petite explication de texte.
Face à l’archi-dominance de Microsoft Office, et compte tenu de l’impossibilité pour une suite bureautique propriétaire classique de renverser la tendance (ex : le défunt Smartsuite, ou l’excellente suite Corel WordPerfect Office X5), les concurrents de Microsoft se sont rejoints dans une alliance de circonstance visant à proposer une suite alternative clone de sa rivale, et dotée d’au moins deux atouts implacables : la gratuité, et la mise en Open Source de façon à faciliter la création d’une large communauté.
Cette alliance a fonctionné tant que l’intérêt commun a prévalu sur les divergences de chacun. Ces divergences se sont accrues depuis le rachat de Sun par Oracle.
Microsoft peut-il se réjouir de cet évènement ?
Sur le court terme, très certainement :
- La concurrence OpenOffice s’est fragmentée en deux offres aux destins incertains pour l’instant :
- OpenOffice.org d’un côté, soutenu par un Oracle esseulé.
- LibreOffice d’un autre côté, dépourvu d’un contributeur de poids (Oracle). Or le code du produit étant aujourd’hui très lourd à maintenir, comment la nouvelle fondation pourra-t-elle s’organiser pour faire face ? Réussiront-ils d’ailleurs à dynamiser un projet en phase d’essoufflement ?
Les organisations ayant fait le choix OpenOffice, ou sur le point de faire un choix bureautique, se retrouvent dans un brouillard incroyable, ce qui inévitablement profite à Microsoft Office.
A plus long terme, le divorce Oracle/OpenOffice va au contraire dynamiser la concurrence, et aider à l’émergence d’autres alternatives, ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle pour l’éditeur de Redmond.
11 octobre 2010 

