Archives de Catégorie: Divers

Les tunnels d’Elon Musk seront largement prets pour le prochain CES et nous espérons bien les tester !

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C’est à la fin du mois que les tunnels de « The Boring Company » , la société d’Elon Musk commencera officiellement sont activité à Las Vegas à savoir faire circuler des passagers dans les tunnels jumeaux qu’elle a construits sous le Las Vegas Convention Center (LVCC). Ceux qui nous accompagnent depuis plusieurs années le savent, les embouteillages sont souvent monstres pour se déplacer entre les différents lieux de la convention, si bien que nous faisons souvent cela à pied !

Pour palier ceci la société d’Elon Musk à remporté un contrat pour construire des tunnels et y faire circuler des voitures autonomes… et devinez quoi se sont des Tesla 🙂 Depuis quelques jours la société test ses tunnels avec du public ! Les vidéos, les images et les récits partagés sur Internet par les personnes qui se sont présentées au test offrent une vision assez précise de la solution proposée par Musk pour traverser le campus du LVCC. Il s’agit littéralement de Teslas conduites à travers deux tunnels de 1,3 Km. Il faut en période de convention 45 min pour parcourir une distance que devrait se faire en 2 minutes avec ces tunnels.

Voici une petite Vidéo publiée sur The Verge qui présente l’expérience de quelques testeurs (ils sont dans le tunnel à partir de la 11 ème minute environ).

Le système « LVCC Loop » comporte trois arrêts. Les stations situées à chaque extrémité sont en surface, tandis que celle du milieu se trouve à la même profondeur que les tunnels.

Le tunnel semble très étroit et éclairé d’une drôle de façon depuis le bas ce qui donne cet aspect assez futuriste à mon avis. Si il y a encore un conducteur humain qui supervise, la conduite devrait être à terme complètement autonome avec une vitesse de 150 miles / heure … 240 Kmh ! Nous en sommes très loin encore avec une vitesse de 70 Kmh durant les tests…

La société affirme vouloir transporter à terme 4 400 personnes par heure dans les tunnels de la LVCC Loop.

Autant le dire tout de suite, nous testerons sans aucun doute ceci par nous même lors du prochain CES en janvier ! Si vous êtes intéressé pour nous accompagner là bas, faites nous signe !

Le protocole QUIC de Google enfin validé par l’IETF

Cela fait depuis 2013 que Google travaille sur l’accélération d’Internet via le protocole QUIC (Quick UDP Internet Connections). Google avait présenté QUIC pour la première fois en juin 2013 sous la forme d’un module complémentaire expérimental pour Chrome, et en a rapidement fait la principale méthode de transport des données entre des applications comme Chrome et les serveurs de Google. Nous vous en parlions lors du dernier Briefing Calipia en décembre 2020. Un peu plus tard en 2016, l’entreprise avait soumis QUIC à l’IETF pour examen.

5 ans plus tard, le protocole devient une norme officielle de l’Internet validée par l’IETF, enfin. La technologie de transmission de données plus rapide est suffisamment bien établie maintenant pour être utilisée à grande échelle. L’usage de ce protocole entre Chrome et les serveurs de Google donnait un avantage en terme de rapidité au navigateur de Google dès lors qu’il se connectait aux serveurs maison. Cela ne devrait plus être le cas maintenant. Microsoft ayant annoncé aussi le support de cette technologie.

Concrètement, cette technologie remplace effectivement le TCP (Transmission Control Protocol), qui gère la manière dont les données sont placées dans des paquets adressés, acheminés et renvoyés vers des informations utilisables. QUIC utilise cette fois le protocole UDP (User Datagram Protocol), plus rapide, tout en offrant une récupération plus rapide. Il permet également des connexions cryptées plus rapides et une meilleure gestion des commutateurs de réseau. En d’autres termes, vos visites de sites web sécurisés, vos chats audiovisuels et votre navigation mobile devraient bénéficier des plus grandes améliorations.

Ceci dit, reste à savoir si QUIC sera largement adopté ou non. S’il s’agit désormais d’une norme que tout le monde peut utiliser, il n’y a peut-être pas d’empressement à abandonner le protocole TCP, qui est disponible depuis 1974. QUIC pourrait se répandre progressivement parmi les entreprises et les services qui pourraient bénéficier de la vitesse supplémentaire, mais une transition globale pourrait ne pas se produire avant longtemps, voire pas du tout.

Amazon serait prêt d’acquérir le studio Metro Goldwyn Mayer (MGM)

source : MGM.com

Amazon est avec Apple un des 2 GAFAM qui propose du contenu (musiques, films, séries…) à ses clients. Dans ce contexte, Amazon serait selon une news publiée par le Wall Street Journal lundi 24 mai, en phase finale de discussion pour acquérir MGM, une légende d’Hollywood, pour une somme estimée à 9 milliards de dollars. MGM garantirait au service Amazon Prime Video l’accès à une immense bibliothèque de contenus, dont certains blockbusters tels Rocky ou James Bond et des séries à succès comme la Servante Ecarlate ou Fargo. Une large partie du contenu plus ancien de MGM (années 40/50) a déjà fait l’objet de ventes séparées.

Amazon se lance de manière importante dans le production de contenu audiovisuel, mais aussi l diffusion de contenu sportif (voir par exemple un certain nombre de matchs de Roland Garros qui seront diffusés de manière exclusive sur Prime Video).

Cette rumeur de rachat fait suite à une précédente en 2018, cette fois-ci avec Apple, et qui avait valu au CEO de MGM de l’époque de prendre la porte.

Si toutefois ce rachat se confirmait, les autorités antitrust américaines et européennes y regarderaient certainement de plus près …

Le CES 2022 se tiendra du 3 au 8 janvier 2022 de nouveau à Las Vegas

Le CES 2022 devrait revenir dans un format plus traditionnel à Las Vegas donc début janvier 2022. C’est ce que vient d’annoncer l’organisateur de l’évènement (le CTA). Avec comme d’habitude les deux premiers jours réservés aux Analystes et à la Presse. Nous allons dans peu de temps bloquer nos places 🙂

Gary Shapiro, président et directeur général du CTA, a ainsi déclaré :

« Nous sommes ravis de revenir à Las Vegas – où se tient le CES depuis plus de 40 ans – et nous nous réjouissons de voir de nombreux visages, nouveaux ou anciens. Des centaines de dirigeants nous ont dit à quel point ils avaient besoin du CES pour rencontrer des clients nouveaux et existants, trouver des partenaires, toucher les médias et découvrir l’innovation.« 

Le CTA a également confirmé que plus de 1000 entreprises se sont engagées à participer au CES 2022. La liste comprend Amazon, AMD, AT&T, Dell, Google, IBM, Intel, Lenovo, Qualcomm, Samsung Electronics, Sony, et d’autres …

Bloquez vos agendas ! Et pour ceux qui souhaitent aussi faire parti du voyage, n’hésitez pas à nous contacter !

GAFAM : résultats financiers trimestriels Janv-Mars 2021

Après Apple, Microsoft, Facebook et Google, Amazon a fermé la marche hier de la publication des résultats financiers du 1er trimestre 2021.

Sans surprise, ils sont bons, voire même très bons… Voici un résumé des résultats trimestriels publiés par les 5 géants du digital. Et si vous êtes intéressés pour savoir ce qui se passe dans leurs coulisses, rendez-vous au Briefing Calipia 31 en ligne.

En résumé, ces résultats témoignent d’une santé inébranlable, même par le COVID et tous ses variants :

Regardons le détail par entreprise.

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Discord : pas de rachat par Microsoft, ni par personne. Pour le moment

Nous évoquions les rumeurs de vente engagées par Discord et un possible achat par Microsoft. Mais selon une source du Wall Street Journal, Discord aurait cessé de vouloir se faire racheter et mis fin à toutes les tractations engagées. L’entreprise de San Francisco envisagerait maintenant de lancer une introduction en bourse. Après avoir fait monter les enchères avec des poids lourds comme Microsoft, cela pourrait donner un peu plus de poids à cette IPO….

Après l’épisode TikTok l’été dernier, la rumeur relayée par le Financial Times concernant un intérêt de Microsoft pour Pinterest en février 2021, puis maintenant l’arrêt des discussions avec Discord, les volontés d’acquisition de Microsoft dans le domaine des réseaux sociaux grand public ne semblent pas pouvoir aboutir, en tout cas pour le moment.

Pour autant, en termes de rachat, Microsoft poursuivait ces derniers temps plusieurs options, dont Nuance qui a abouti le 12 avril dernier, pour la modique somme de 20 milliards de dollars.

Cette capacité à racheter des entreprises n’est pas propre à Microsoft. Certains d’ailleurs s’inquiètent d’une telle frénésie de rachat chez les Gafam, et les autorités antitrust américaines vont y regarder d’un peu plus près cette année, et pas seulement les grandes acquisitions, qui font déjà l’objet d’enquêtes approfondies, mais aussi les plus petites qui passent habituellement sous le radar de la FTC.

Microsoft en pole position pour le rachat de Discord

Selon les dernières informations, Microsoft tiendrait la corde pour racheter l’entreprise américaine Discord, pour la somme rondelette de 10 milliards de dollars. D’autres acteurs semblent aussi intéressés par Discord, dont Epic Games ou Amazon. Créée en 2015, Discord permet à ses utilisateurs de se retrouver dans des salons, au sein de serveurs, pour échanger (chat

Microsoft sur le point d’acquerir Nuance Communications pour 16 milliards de $ [MAJ : C’est FAIT POUR 20 Milliards !]

Nuance Communications est un spécialiste de la reconnaissance vocale et la synthèse depuis plus de 20 ans. Pas vraiment une Startup mais bel et bien un incontournable du secteur. Le système de reconnaissance vocale de Nuance, appelé Dragon, est au cœur de ses offres d’intelligence artificielle destinées à divers secteurs, notamment les soins de santé,

GAFA et Antitrust – Première étape : la Chambre des Représentants approuve le rapport préliminaire

Par 24 voix contre 17, la commission judiciaire de la Chambre des représentants (USA) a officiellement approuvé un rapport portant sur les préoccupations antitrust liées aux grandes entreprises technologiques : Google, Apple, Facebook et Amazon. Microsoft semble passer entre les mailles du filet…

Comme le rapporte Reuters, le bureau du représentant David Cicilline (Démocrate) a confirmé l’approbation dans une déclaration :

«  Ce rapport de plus de 400 pages deviendra le rapport officiel de la commission et le plan directeur d’une législation visant à maîtriser le pouvoir de marché des grandes entreprises technologiques « .

et de poursuivre :

 » Amazon, Apple, Google et Facebook détiennent chacun un pouvoir monopolistique sur des secteurs importants de notre économie. Ce moment de monopole doit prendre fin. Maintenant que la commission judiciaire a officiellement adopté nos conclusions, j’ai hâte d’élaborer une législation qui réponde aux préoccupations importantes que nous avons soulevées. « 

Cela ouvre donc officiellement la voie à un projet de loi qui sera discuté. Si ce rapport n’est pas tendre (et logiquement compte tenue de sa genèse avec Facebook et Google en particulier), il n’est pas tendre non plus avec Apple : il affirme que :  » la société a profité de la façon dont les applications sont distribuées sur les appareils iOS pour réduire la concurrence avec ses services « . Argument qui revient souvent sur la position du constructeur avec son AppStore. Ce dernier a toujours cependant adopté la même ligne de défense, basée sur le fait qu’il n’est jamais le « dominant » sur un secteur de marché (cf parts de marché des iPhones, Mac, Services Apple) :

 » Notre entreprise n’a pas de part de marché dominante dans aucune des catégories dans lesquelles nous faisons des affaires. Depuis ses débuts il y a 12 ans avec seulement 500 applications, nous avons construit l’App Store pour qu’il soit un endroit sûr et fiable où les utilisateurs peuvent découvrir et télécharger des applications et un moyen de soutien pour les développeurs de créer et de vendre des applications dans le monde entier… L’App Store a permis de nouveaux marchés, de nouveaux services et de nouveaux produits qui étaient inimaginables il y a une douzaine d’années, et les développeurs ont été les principaux bénéficiaires de cet écosystème… Nous travaillons sans relâche pour fournir les meilleurs produits à nos clients, avec la sécurité et la confidentialité au cœur de ceux-ci, et nous continuerons à le faire « .

Mais l’ambiguïté repose sur sa domination une fois que l’utilisateur est entré dans son écosystème : une prison dorée ?

Nous vous rappelions dans ces différents posts comment le gouvernement Biden s’entoure de personnes favorables à un bar de fer avec les GAFA :

USA : Les démocrates s’attaquent aux GAFAM en tentant de déjouer les pressions

Les démocrates pourraient présenter 10 projets de loi antitrust distincts ou plus, plutôt qu’un seul projet global, selon le président de la commission antitrust de la commission judiciaire de la Chambre des représentants. Cette segmentation aurait un objectif : rendre plus difficile les actions de Lobbying des GAFAM contre le projet de loi… En 2019,

GAFAM : Nomination d’un conseiller très hostile aupres de Biden

Pas vraiment une bonne nouvelle pour les GAFAM : Le président Biden vient de nommer comme « assistant spécial pour la technologie et la politique de concurrence » : Tim Wu, professeur de droit à l’université de Columbia connu pour son hostilité au GAFAM et ses prises de positions sur « les géants technologiques qui ont trop de

Hybrid Work : le futur du monde du travail

Source : Microsoft

Microsoft vient de rendre public l’édition 2021 de son rapport Work Trend Index, intitulé « The next great disruption is hybrid work – Are we ready ? »

Réalisé entre le 21 et le 25 janvier 2021 auprès d’une population de plus de 30 000 personnes, dans 131 pays, et d’une compilation de données provenant de LinkedIn et Microsoft 365, ce rapport publié au printemps de chaque année, analyse l’évolution des modes de travail et de collaboration en entreprise.

L’édition 2021 est bien entendu très marquée par la COVID-19 et les transformations impulsées dans nos modes de travail. Au-delà de l’analyse de 2020, la rapport se projette pour savoir si ces transformations seront permanentes, et quelles évolutions supplémentaires attendre.

Comme l’indique le titre du rapport, la prochaine disruption sera celle du travail hybride, c’est à dire « un modèle mixte où certains employés retournent sur le lieu de travail et d’autres continuent à travailler à domicile ».

Microsoft, Work Trend Index 2021, page 2

Parmi les 7 grandes tendances relevées par l’édition 2021 et qui sont détaillées, on notera celles-ci :

  1. le travail flexible est là pour durer
  2. les dirigeants des entreprises sont déconnectés des employés et ont besoin d’être réveillés
  3. la productivité élevée masque une main-d’oeuvre épuisée
  4. le rétrécissement des réseaux met en péril l’innovation

Comme le montre le graphique ci-dessous, le confinement a introduit des nouvelles modalités de travail à distance, qui ne font que se renforcer de moi:s en mois.

Source : Microsoft Work Trend Index 2021, page 9

Bien que produit par Microsoft, ce rapport attire néanmoins l’attention sur les dangers d’un système de travail à distance et utilisant le mail ou les outils de collaboration d’équipes (Teams par exemple), notant les risques d’appauvrissement des réseaux de communication, le travail en silo des équipes dans ce monde digital ou les risques qui pèsent sur les personnes de la génération Z (les 18-25 ans) qui souffrent plus que les autres catégories au travail.
La seconde partie du rapport envisage diverses solutions à apporter pour accompagner cette transformation de fond du travail hybride, en termes d’organisation du travail, des relations entre pairs, des nouveaux modes de management …

Un document intéressant qui donne un peu de perspective dans cet environnement en mouvement accéléré et dont il est parfois difficile de faire sens.

Si cette thématique vous intéresse, venez nous rejoindre pour une session en ligne du prochain Briefing Calipia.

Jeff Bezos : « Amazon est favorable à une hausse du taux d’imposition des sociétés » (si, si…)

Image dans Infobox.
Photo Wikipedia

Il y en a qu’en même qui ne manque pas d’humour… Le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, en fait sans doute parti. Il vient de déclarer qu’Amazon soutient l’appel de l’administration Biden en faveur d’une augmentation du taux d’imposition des sociétés afin de contribuer au financement des infrastructures nationales en ruine…

« Nous reconnaissons que cet investissement nécessitera des concessions de la part de toutes les parties, tant sur les détails de ce qui est inclus que sur la manière dont il sera payé (nous sommes favorables à une augmentation du taux d’imposition des sociétés)« , a-t-il écrit sur le site de la société

Amusant tout de même lorsque l’on connait l’énergie dépensée dans l’optimisation fiscale par la même société (et les autres géants technologiques). A moins que cela ne soit simplement une grande preuve d’humour, ce n’est pas à exclure à mon avis.

La nouvelle intervient une semaine après que le président Joe Biden a mentionné deux fois le nom de l’entreprise dans un discours vantant un plan de renouvellement des infrastructures américaines de 100 milliards de dollars, il précisant que les entreprises américaines telles qu’Amazon « utilisent diverses échappatoires pour ne pas payer un seul centime d’impôt fédéral sur le revenu« . Le président Biden précisant :

« Un pompier, un enseignant qui paie 22% – Amazon et 90 autres grandes entreprises qui ne paient aucun impôt fédéral ? Je dois mettre fin à cela ».

Amazon reste également sous la surveillance du public et du gouvernement sur plusieurs fronts, notamment l’évasion fiscale des entreprises, les questions antitrust et les conditions de travail de ses employés les moins bien payés…

Facebook, Twitter, Google YouTube : les patrons des 3 géants n’assument pas leur Business Model

source : House Committee on Energy & Commerce

Convoqués comme témoins hier devant une commission parlementaire américaine intitulée « Disinformation Nation: Social Media’s Role In Promoting Extremism And Misinformation« , Mark Zuckerberg (Facebook), Jack Dorsey (Twitter) et Sundar Pinchai (YouTube) ont tous refusé d’admettre que ce qui constitue le coeur de leur Business Model, l’engagement des utilisateurs, était un des principaux ressorts de la montée de la désinformation, de l’extrémisme et de la fragmentation de l’opinion en communautés imperméables à autrui et à la réalité.

Cette notion d’engagement n’est pas nouvelle. Patrick Le Lay, alors PDG de TF1 (Groupe Bouygues), avait en 2004 fait connaitre ce concept avec une expression choc : le temps de cerveau… Pour les plateformes d’aujourd’hui, le principe s’il est le même, s’est considérablement structuré mais peut se résumer en 3 points :

  • s’assurer de maintenir l’utilisateur le plus longtemps sur la plateforme
  • l’amener à partager le plus possible (et de plus en plus) d’informations personnelles
  • accroitre le chiffre d’affaire généré par l’exposition de l’utilisateur à des publicités ciblées.

A la différence de TF1, les grands réseaux numériques possèdent aujourd’hui les moyens de cibler de manière très fine leurs utilisateurs, à partir de la masse de données collectées et de l’exploitation de ces données grâce à des technologies de pointe, en particulier l’IA. Cette capacité à recommander du contenu micro-ciblé, alignée avec les attentes et les opinions des utilisateurs crée chez certains d’entre eux un effet d’addiction, proche de celui procuré par le tabac ou la drogue, et d’enfermement dans leurs réalités alternatives au sein des communautés auxquelles ils appartiennent.

Selon un article du New-York Times revenant sur l’audition, les parlementaires américains n’ont pas réussi à obtenir de la part des 3 dirigeants interrogés de reconnaissance de ces pratiques. Pour Jim Dorsey, Sundar Pichai ou Mark Zuckerberg, l’accroissement de l’engagement n’est pas un objectif essentiel de leur Business Model, c’est au contraire une conséquence de l’intérêt porté à leurs services par les utilisateurs. On est quasiment dans une dialectique de jésuite ! Où est la poule, où est l’oeuf ?

Pourtant si l’on en croit le dernier rapport annuel de Facebook, il est écrit en clair que l’entreprise propose des produits « engaging » :

We build useful and engaging products that enable people to connect and share with friends and family through mobile devices, personal computers, virtual reality headsets, and in-home devices

Annual report Facebook 2020 – page 7

Par ailleurs, dans sa note A Blueprint for Content Governance and Enforcement, Mark Zuckerberg revient sur la capacité des réseaux sociaux à accroitre l’engagement des utilisateurs, avec du contenu « interdit », comme indiqué sur le schéma utilisé dans cette note.

Source : Facebook, A Blueprint for Content Governance and Enforcement

Face à ce constat, comment résister à la tentation de toujours décaler vers la droite la limite de ce qui devient interdit, accroissant ainsi le niveau d’engagement des utilisateurs concernés ? C’est tout l’enjeu pour les autorités de régulation qui vont devoir mettre en place des moyens de contrôler le positionnement du curseur et la capacité des plateformes à effectivement appliquer les règles définies. Car comme le mentionnait un des parlementaires présents, Anna Eshoo, démocrate de Californie, « les entreprises sont là pour faire de l’argent, nous le comprenons tous. Mais votre modèle a un coût pour la société.” 2021 sera t’elle l’année pour commencer à rendre les plateformes comptables de ce coût ?

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